Band 
A-F.
JPEG-Download
 

COTON.

COTON.

la flèche. Ce cylindre porte une série de scies circulairesparallèles fortement attachées à l’axe et séparées entreelles par des anneaux de bois de 4 centimètres environd’épaisseur. Au-dessus du cylindre est une espèce detrémie E F, dans laquelle on jette le coton brut;celui-ci tombe sur une grille munie de petits arcs gar-nis de dents de scie sur lesquels s’étendent et s’attachentles fibres du coton dans leur révolution. Ces fibres sonttirées au travers de la grille jusqu’à ce que les graines,étant séparées, roulent en bas de la grille inclinéepour s’échapper par l’extrémité IK. M est un cylindrehrosse qui débarrasse les dents du grattoir des fila-ments de coton qui s’y sont attachés.

Quand le coton est débarrassé de toute parcelle degraine, on le soumet à une autre épuration qui consisteà le battre dans un tambour à ailettes, au centre du-quel passe un courant d’air qui le purge de la poussièredont il est chargé. Puis, on le ramasse et on le porteà l’emballage, où on le convertit en ballots qu’on re-couvre de toile à voile. Chaque ballot américain contientenviron 170 kilogr.

de la filature. L’art de réduire en fil les sub-stances filamenteuses est connu de toute antiquité. Lesconditions à remplir se réduisent :

1° A disposer les libres parallèlement les unes à côtédes autres ;

A les réunir par une torsion suffisante, pour ren-dre le frottement des fibres les unes sur les autres as-sez considérable pour qu elles rompent plutôt que deglisser.

Aotûm* historiques. Disons d’abord quelques mots dela manière dont on est arrivé aux procédés si parfaitsemployés aujourd’hui, ce qui permettra de bien appré-cier le but de chaque machiue.

Le mode primitif de convertir le coton en fil, à l’effetd’être tissé en étoffe, consistait dans la quenouille et lefuseau, et ce mode est encore en usage dans l’Indous-tan.

La quenouille est un bâton de bois portant une poi-gnée de coton en laine peu serrée autour de sou som-met. Le flleur tient la quenouille entre le bras gauche etle corps ; sa main gaucho est plus rapprochée de laquenouille que la droite; les mains sont tenues à envi-ron 5 centimètres l’une de l’autre, et tirent continuelle-ment le coton de la quenouille, la main droite étendantet tordant autant de coton qu’il y en a entre elle et lamain gauche, et en formant un fil fin qui est de nou-veau tordu par un fuseau suspendu qu’on fait tournerconstamment, et sur lequel le fil est ensuite envidé.

Ce procédé était connu de toute antiquité, mais il estcurieux de connaître l’état de la manufacture du cotonen Angleterre, au commencement du dernier siècle.La chaîne (ou les fils longitudinaux de l’étoffe) étaitcomposée de fil de lin, importé en échcveaux ou enpaquets de l’Allemagne . C’était le tisserand qui l’ache-tait directement et la préparait pour le métier, en l’ar-rangeant en lignes parallèles. La trame (ou les fils tra-versaux de l’étoffe) était fuite de coton, qui était éga-lement acheté par le tisserand.

Le coton était battu, épluché et nettoyé, et ensuitecardé ou brossé avec des brosses grossières en fil d’ar-chal. Le cardage était fait avec des cardes à main d’en-viron 30 centimètres de long et de 13 de large, le car-deuren tenant une dans chaque main. Le coton, aprèsavoir été épluché et nettoyé, était étendu sur l’une de«js cardes, et était brossé, ratissé ou peigné avecl’autre, jusqu’à ce que ses fibres fussent toutes disposéesdans le même sens; il était alors enlevé en loquettesou boudins sans consistance, d’environ 30 centimètresde long et de 2 centimètres de large. Ces loquettesétaient ensuite converties en un gros fil, de la manièresuivante : après les avoir fixées par un bout à la broched’un rouet à main, Ton tournait avec la main droite le

rouet qui faisait mouvoir la broche, et en même tempsTon étirait la loquette avec la gauche. Le mouvementainsi communiqué à la loquette étirée, la tordait enspirale. Lorsqu’elle était tordue, on la renvidait sur labroche et Ton en attachait une autre qui était étirée ettordue de la même manière. On formait ainsi un grosfil continu. On prenait ensuite ces fils en gros, pourles convcrtiren trame ; et, ainsi que nous allons le «lire,les fils en gros étaient étirés en trame, presque de lumême manière que les loquettes étaient converties enfils en gros.

Une première invention capitale, attribué<?générale-ment à Margraves ^ et par quelques-uns à Ilighs , ce futcelle de la Jenny . En filant au rouet à la main, le fil eugros était tenu ferme entre l’index et le pouce de lamain gauche, à 15 centim. de distance de la broche; laroue, qui au moyen d’une lanière donnait le mouve-ment à la broche, était ensuite tournée par la maindroite, et dans le même temps, la main gauche quitenait le fil en gros, comme on vient de le dire,était retirée en arrière d’environ 0*“,45; le fil en grosétait ainsi allongé en trame, la torsion nécessaire étaitdonnée au moyen de quelques tours de la roue, et enfinla trame était renvùléc sur la broche. La Jenny , tellequ’elle fut d’abord inventée, exécutait ces opérations dela manière suivante sur plusieurs fils à la fois. Les bro-ches étaient placées sur le devant, et une petite cordepartait de chaque broche et la faisait tourner au moyend’un tambour mû par une manivelle horizontale. Lesfils en gros étaient fixés sur des brochettes en arrièrede la Jenny , chaque fil en gros passant à travers unebride séparée, de fil d’archal, placée a environ 50 cen-timètres plus liant que les broches et les brochettes,et à égale distance des unes et des autres. A chacundes coins du devant de la Jenny se trouvait un mon-tant droit plus élevé de 1 mètre que les broches ;ces montants avaient une rainure pratiquée à l’inté-rieur, à partir de leur sommet jusqu’au niveau de labroche. Deux pièces plates de bois, faites pour s’ouvriret se fermer à peu près comme un régulateur parallèle,mais s’ouvrant et se fermant verticalement, et non la-téralement, traversaient le devant de la Jenny; leursextrémités étaient ajustées dans les deux rainures.Elles étaient mues perpendiculairement, à partir desbroches jusqu'au sommet des montants, au moyend’une corde qui s’enroulait sur une bobine mobile pla-cée sur Taxe du tambour. Quand la bobine était sur lapartie inférieure de Taxe , elle tournait avec lui ; maisquand elle était élevée plus près de la manivelle, Taxetournait et la bobine restait stationnaire. Quand lespièces de bois appelées la pince étaient à la hauteurconvenable, la bobine était élevée au moyen d’une clen-che, et la pince restait suspendue jusqu’à ce qu’elle fûtabaissée par la main du fileur. Les fils en gros passaientdes brides de fil d’archal aux broches, à travers les ré-gulateurs plats ou la pince. Après avoir fermé la pince,ou, en d’autres termes, après avoir arrête les fils engros entre les deux bords des régulateurs, le fileurtournait le tambour qui donne le mouvement aux bro-ches et élevait la pince en étirant la partie des fils engros placés entre la pince et les broches. Lorsqu’elleétait étirée, il élevait la bobine ; la pince restait ainsistationnaire, tandis qu’il donnait à la trame le degréde torsion convenable, au moyen de quelques tours dutambour. La pince était alors abaissée et elle rendaitla trame sur les broches.

La Jenny n’était applicable qu’à la filature des fils detrame, et ne donnait pas des fils assez résistants pourles fils de chaîne. C’est à Arkwrightque revient l’hon-neur d’y être, parvenu par l’invention du Troslle onmétier continu, dit aussi métier hydraulique, parce quela force nécessaire pour le faire agir exigeait Tempjo.id’un moteur. C’est dans ce métier dont nous donnons