COTON.
COTON.
Dans la majeure partie des filatures, on emploie en-core les cardes simples ; mais avec elles, on est toujoursobligé de earder une seconde fois le coton, parce queafin de donner au ruban sortant une consistance suffi-sante pour l’étirage qu’elles doivent lui faire subir, onleur fait traiter un peu trop de matière à la fois pourque celle-ci possède en sortant toutes les qualités que ré-clament les opérations suivantes. Dans les numéros éle-vés, où le prix de vente laisse de la latitude, les fraisnotables de ce deuxième cardage se supportent aisé-ment, et d’ailleurs il est impossible de s’en dispenser.Pour les gros numéros, bien des filateurs trouvent lemoyen d'éviter le second cardage, et peuvent ainsi bais-ser les prix de leurs cotons filés et les écouler, malgréleur infériorité, avant ceux qui ont subi le double eav-dagc. Grâce à la carde double qui. travaillant sur unelargeur double de coton, perm.-t d’en diminuer de moi-tié la vitesse d’entrée, sans que la ténacité et l’épaisseurdu ruban de sortie diminuent en rien, plusieurs fila-teurs peuvent lutter, sinon avec avantage, du moinssans éprouver de perte sensible, avec le mode économi-que de fabrication dont nous venons de parler.
■ ï " etiuaGE. L’étirage et le doublage sont les opéra-tions qui suivent le cardage. La production des cardesétant très peu considérable, le ruban qui en sort est d’uneépaisseur très petite par rapport à celui qui entre. Commeil doit servir à composer un ruban de meme densité quecelui dont il provient, pour passer des cardes en gros surles cardes en fin, on est dans l’usage de placer toutesles cardes de même espèce sur une seule ligne droite etde recevoir leurs rubans dans un meme canal. Marchantles uns à côté des autres dans ce canal, ces rubans n'enfont plus qu’un seul qui va s’enrouler sur une machine,dite machine à réunir, où il subit un léger étirage quicontribue à donner de la cohésion aux rubans consti-tuants. L’étirage de la machine à réunir, comme tousles étirages de la filature en général, s’effectue aumoyen de deux paires de cylindres cannelés, distantsde centre en centre d’une longueur un peu plus grandeque celle des fibres du coton, et dont le deuxième systèmeest animé d’une vitesse plus grande que le premier parlequel entre le coton; ensuite ce dernier passe entredeux rouleaux de pression qui rapprochent les filamentsles uns des autres, et va s’enrou-ler sur un rouleau analogue à ce-lui du batteur-étaleur. Supposons(fig. 587) que a et 6 représententla section de deux rouleaux placésl’un sur l’autre, se touchant avecune pression réglée et tournant surleurs axes ; ces rouleaux prendrontle ruban floconneux qui leur seraprésenté en a ; ils l’attireront entreeux et le rendront parfaitementcompact. La longueur du ruban quiaura passé dans un temps donné sera égale a l’espace par-couru dans le meme temps par un point de la circonfé-rence du rouleau, c’est-à-dire à la circonférence d’un desrouleaux multipliée par le nombre de ses révolutions.La meme chose a lieu entre les deux autres rouleauxe et d, et les troisièmes c et f. Ainsi ledit ruban sortde la troisième paire de rouleaux, tel exactementqu’il est entré en a, pourvu que la rapidité de ro-tation de tous les rouleaux soit la meme; mais si larapidité de c et d est plus grande que celle de a et b,les deux premiers rouleaux donneront plus de longueurde ruban que les derniers n’en reçoivent et n’en trans-mettent. La conséquence ne peut donc être autre en cescirconstances qu’un étirage ou allongement régulier duruban dans l’intervalle qui -sépare a et b, et •• et d, etune condensation des filaments qui glissent les unssur les autres, pour prendre des directions droites etparallèles. L’étirage peut de même *se répéter en don-
nant aux rouleaux t et f, une rapidité plus grande quecelle de c et d. Cette augmentation de vitesse peut êtreproduite soit en agrandissant le diamètre, ou en augmentant le nombre de tours, soit enfin des deux ma-nières à la fois. En général, la machine à étirer est faitede telle façon que l’allongement principal a lieu entrela deuxième et la troisième paire de rouleaux, tandisqu’il n’est que peu sensible et seulement préparatoireentre la première et la seconde. En outre, il est à re-marquer que la rapidité des deux rouleaux du milieune peut exercer aucune influence sur l’extension duruban, pourvu que la rapidité de la première et de la der-nière paire reste la même. Les rouleaux a et b, c et dconservent toujours vis-à-vis les uns des antres lamême position, mais ils peuvent être séparés plus oumoins, avec leur entourage-, de la troisième paire e et f,selon la qualité du coton.
La distance du point central de b et d, ou sa ligne decontact avec le rouleau supérieur, est calculée de façonqu’elle excède la longueur des filaments de coton ; cesfilaments ne courent donc jamais le risque d’être dé-chirés par la seconde paire qui les tire lorsque la pre-mière les tient serrés. Entre d et f , où a lieu la plusgrande extension, la distance doit être aussi petite quepossible, afin que l’uniformité soit plus complète. Siles distances entre d et f sont très grandes, le rubanqui y passera devient plus mince et se cassera peut-être dans le milieu; ce qui nous prouve que plus lapartie soumise à l’étirage est courte, et plus les rou-leaux sont rapprochés les uns des autres, en les sup-posant cependant assez éloignés pour ne pas casserles fibres du coton, plus l’étirage se fait d’une manièreégale.
J.es rouleaux de dessous b, d, f , sont en fer; leurssurfaces sont formées de cannelures triangulairesparallèles à l’axe; ce qui fait qu’ils peuvent tendreet serrer davantage les filaments. Les rouleaux dedessus a, c, e, sont aussi de fer, mais leurs surfaces sontunies et recouvertes d’une double enveloppe, ce qui leurdonne un certain degré de mollesse et d’élasticité. Lapremière enveloppe se compose d’une toile de flanelledont les extrémités sont cousues ou collées, et par des-sus on applique une couverture de cuir. Les rouleauxde dessus sont quelquefois appelés presseurs, parcequ’ils pressent au moyen de poids ceux qui sont dessous.Ces poids sont suspendus à de minces baguettes k,au moyen desquelles le premier opère sur le rouleau rseul, le dernier sur les deux rouleaux c et a simultané-ment. Pour cela, le premier poids est suspendu à unecourbe i, dont l’extrémité crochue embrasse le rouleaue; le second a un coussinet de bronze h, qui appuie sur aet sur c. Cette pression force les cylindres presseurs àaccompagner les cylindres cannelés dans leur rotation età empêcher le coton de glisser entre eux, ce qui auraitpour conséquence de rendre l’étirage irrégulier. De plus,ces cylindres sont recouverts de chapeaux garnis inté-rieurement de peaux à poils courts ou de velours de laine,dont les fonctions sont d’arrêter tous les filaments decoton qui se détachent du ruban et s'enroulent sur lescylindres de pression. Afin de rendre ces chapeaux plusefficaces, on est dans l’usage de les frotter avec du blancd’Espagne , ce qui ne laisse pas que de détériorer sensi-blement la couverture des cylindres de peau. Il faut net-toyer les cylindres étireurs avec le plus grand soin. Aumoins une fois par semaine, il faut les démonter pour frot-ter les cylindres cannelés et enlever l’huile de toutes lesparties: il est aussi nécessaire de soulever, tous lesjours, les chapeaux plusieurs fois, de les dégarnir decoton et de frotter les cylindres de pression.
L’étirage qui se produit ainsi par suite de l’augmentatîon successive de vitesse des couples de cylin-dres, ne peut sc prolonger longtemps sans que l’épais-seur du fil ne devienne tellement faible que ce dernier
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