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COULEURS MATERIELLES.

COULEURS MATERIELLES.

mais elle coûte fort cher, co qui fait quon l’emploiepeu ou point dans la peinture industrielle.

Cependant madame Gobert est parvenue à fabriqueren France une laque rouge de garance semblable à laplus belle laque de Florence ou de Berlin , et à un prixpins bas quoique encore très élevé ; mais la manièred’obtenir cette belle et solide couleur n’a pas été encorerendue publique.

Toutefois, les fabricants connaissant la juste préfé-rence des artistes pour cette couleur, en proiitentpour vendre sous son nom des laques d’une qualité in-férieure dont l’éclat est dû seulement à la teinture decochenille. Voici, selon M. Bourgeois, les moyens deconstater si les rouges de \n garance, vendus sous ce nomdans le commerce, sont véritablement extraits de cettesubstance.

« L’on porphyrise à sec une quantité quelconque derouge de garance, et pour reconnaître d’abord si cettecouleur est falsifiée avec une laque du Brésil , on eniette une pincée dans un demi-verre d’eau claire etchaude; il arrive alors que l’eau reste teinte de la cou-leur de cette laque. Si l’on soupçonne, dans ces ga-rances, un mélange de carmin ou de laque carminée,il suffit encore de jeter une pincée de ces rouges dans unepetite quantité d'ammoniaque liquide ou de potassecaustique, auquel cas le principe colorant de la co-chenille reste en dissolution dans ces alcalis. Enfin,pour constater l’état des rouges de garance et laquantité relative du principe colorant qu'ils contien-nent, l’on prépare d'abord une eau acidulée, en mêlantensemble quinze à vingt parties d’eau filtrée et uned’acide sulfurique, puis l’on prend une quantité fixede garance porphyriséc que l’on jette dans l'eau aci- jdulée ; un verre de cetto eau suffit pour grammes de irouge. Dans cette expérience, l’acide se colore de la pctitequantité du principe fauvequ’avait retenule principerouge, qui dans ce cas change lui-même de nuance enoffrant celle de la garance naturelle; mais au moyende plusieurs lavages successifs, destinés à enlever l’a-cide, il reprend une partie de sa couleur, que l’onachève de développer par quelques gouttes d’ammo-niac. Puis enfin on lave encore, et l’on met sécher lerésidu qui est le principe colorant pur de la garance,alors insoluble dans les acides, et dont la quantité,par rapport à celle de la couleur mise en expérience,peut ainsi se déterminer, de même que celle d’autreslaques de garance soumises à la même vérifica-tion.» *

bleu. L 'outremer factice , inventé par Guimet il y aquelques années, est la seule couleur bleue qui réunissetoutes les qualités que les peintres recherchent, c’est-à-dirc la beauté, l’intensité, la solidité, et le bon marché.Ce bleu ne s’altère jamais et n’attaque aucune autre cou-leur, seulement il prend une- grande intensité. On fa-brique aussi à Nuremberg, à Cologne, Dusseldorf , lesoutremers factices, qui égalent ceux de M. Guimet etque les fabricants français préfèrent même souventpour peinture à l’huile parce qu’ils sont d’un prix d’achatmoins élevé. En effet, on vend en Allemagne des outre-mers factices depuis 2 fr. jusqu’à 100 fr. et plus le kilogr.Cependaut deux chimistes français , MM. Féran et Cour-tial, ont trouvé depuis longtemps la manière de faire desoutremers factices propres à la fabrication des papierspeints, de l’imprimerie en couleurs, etc., mais ils n'ontpoint publié leurs procédés. Nous donnerons, à l’articleoutremer, les procédés employés à Nuremberg pour lapréparation de l’outreme/ factice, procédés qui vien-nent d’être publiés par M. PrVtckn*r. Le bleu de Prusse , quoique inférieur au bleu d’ou-tremer sous le rapport de la fixité , ne laisse pasque d’avoir sur lui, à volume égal, l’avantage d’unsbien plus grande quantité de principes colorants. Mal-heureusement tous les alcalis attaquent et font dispa-

raître le bleu de Prusse ; c’est pourquoi il faut éviterde le combiner avec des couleurs qui en contiennent.Quoi qu’il en soit, le bleu de Prusse mêlé de blanc etd’outremer, et auquel on ajoute un peu de vermillon oude laque, pour éviter qu’il ne pousse au vert, ce qui estson principal défaut ; ce bleu de Prusse aiusi modifiéest une couleur très précieuse pour la peinture à lagouache, les papiers peints, l’imprimerie en couleurs,voire même pour la peinture, parce qu’il fait des vertscharmants, lorsqu’il est mêlé soit avec l’ocre jaune, soitavec le jaune de chrome ou le jaune de Naples, etc.(voyez dessins en couleurs, peinture;.

brun. Le brun de Prusse, < oulcur de bistre, a été in-venté par M. Tœfler, peintre. lia tous les avantages réu-nis de l’asphalte, de la momie, de la terre de Sienne noncalcinée, sans en avoir les inconvénients. On peut lofaire soi-même en calcinant du bon bleu de Prusse français médiocrement obscur, mais de toute autre fa-brique que de celle d’Angleterre, car avec ce dernier onne peut y réussir.

Nous donnons le procédé tel qu’il est décrit et prati-qué par Bouvier [Manuel de la peinture, 2* édition,page 'l 90) :

Mettez sur un feu assez vif une cuillère de fer, faites-la rougir, jettez-y quelques morceaux de bleu dePrusse , de la grosseur d’une noisette à peu près; bien-tôt chaque morceau éclatera de lui-même, et se dégra-dera par écailles à mesure qu’il s’échauffera, jusqu’àdevenir rouge lui-même. Retirez la cuillère du feu etfaites-la refroidir; si vous la laissiez plus longtempssur le feu vous n’auriez pas la teinte désirée. Quandvous concasserez la couleur, il s’y trouvera des parties| noirâtres et d’autres brun-jaunâtre; c’est précisémenti ce qu’il faut. Broyez le tout ensemble, il en résultera unbrun couleur do bistre ou d’asphalte fort transparent.Il est parfait pour faire une multitude de glacés ou depréparations, soit qu'on l’emploie seul, soit qu’on ymélange d’autres couleurs transparentes pour appro-cher davantage du ton que l’on veut obtenir.

Ce brun se marie et s’étend avec une merveilleusefacilité. Il ne couvre pas plus que l’asphalte ; il estd’une solidité et d’une fixité à toute épreuve ; il a legrand avantage de sécher plus promptement que toutesles autres couleurs transparentes et légères.

L’opération de brûler ne réussit pas toujours égale-ment ; cela dépend des différentes qualités de bleu , etaussi du degré de chaleur qu’on donne et même del’état actuel do l’atmosphère. Il ne faut pas pour celase rebuter, quoique les diverses teintes qu’on obtientsoient plus rousses, plus verdâtres ou plus noirâtresqu’on ne le voudrait; ces essais ne sont pas perdus,l’on peut toujours en faire usage dans beaucoup de cas ;mais comme la teinte la plus désirable est celle de l’as-phalte, il n’y a qu’à recommencer, avec différents bleus eten différents temps, jusqu’à ce qu’on obtienne ce qu’ondésire.

On aura attention de brûler cette couleur à foudécouvert, sans quoi l’on n’obtiendrait que du noir.

Terre de Sienne naturelle (espèce d’ocre assez dure).Couieur jaune-brun foncé, mais en la calcinant elleprend une couleur rouge-brun orangé. Or, c.’est dansce dernier état seulement qu’on peut et doit l’employerdans la peinture à l’huile, l’imprimerie en coul. urs ;encore il ne faut pas s’en servir avec le blanc, parcequ’elle tend à noircir, et que, d’ailleurs, elle ne couvrepas du tout ; elle foisonne tellement aussi que, pourpeu qu’on en mette dans un mélange, elle absorbe parsa couleur toutes celles qu’on lui associe.

Voici comment on la calcine ;

Mettez de la terre de Sienne naturelle dans une cuillèredo fer, après l'avoir rompue en morceaux dont les plusgros ne doivent guère dépasser la grosseur d’un grosoois ; faites rougir le tout sur un feiî vif jusqu’à ce que