Band 
A-F.
JPEG-Download
 

COURS D’EAU.

COURS D’EAU.

courroie ne s’usera plus vainement, quelle que soit lalongueur du temps donné à la réparation du tour ouaux changements qu'on doit faire.

Les fig. 609 , G1U et 611, feront de suite comprendrecette explication: fig. 609, A, l’arbre de couche; —]j,la roue vive;—C, la roue folle; —D, la courroie; — e,lignes ponctuées indiquant la courroie lorsqu’elle estpassée sur la roue folle; —F, la poulie;—G, l’arbre dutour. — Fig. 610, le mandrin en fer sur lequel tournela roue folle. —Fig. 611, disque en fer ou en cuivreplacé entre les deux roues B,C, afin qu’elles no puissentfrotter Tune sur l’autre ; ce disque est enfilé sur la douilledu mandrin, fig. 609. Ce moyen est si simple quenous nous croyons dispensé d’entrer dans de plus am-ples détails. i\ d.

COURS d’eau. L’importance des cours d’eau entant que voies de transport n’a pas besoin d'être énon-cée; tout ce que nous avons dit à l’article canal s’ap-plique également aux cours d’eau naturels, avec cettedifférence toutefois que le courant doit être comptécomme une résistance à la remonte et une impulsion àla descente; que dans ce cas, comme dit Pascal, les ri-vières sont des chemins qui marchent.

L’utilisation des cours d’eau pour les irrigations,d'une si grande importance pour la création des pâtu-rages, surtout dans les pays méridionaux doit principa-lement être étudiée au point de vue de l’agriculture ; lestravaux de dérivation, les manœuvres d’eau ont la plusgrande analogie avec ceux des canaux de navigationet n’en diffèrent le plus souvent qu’en ce que la condi-tion à remplir n’étant plus de laisser passer des bateaux,mais bien de fournir un passage à un volume d’eauvoulu, les sections des canaux d’irrigation sont en gé-néral bien moindres que celles des canaux de navigation.

Au point de vue mécanique, les cours d’eau ont unautre genre d’utilité d'une extrême importance, celuid’être d’immenses réservoirs de force motrice. Quant àla manière de les utiliser, nous prendrons pour exempletine des dispositions prises par le grand Vauban , dansune de nos places de guerre ( et il a fait des travauxanalogues dans la plupart des places fortes qu’il a for-tifiées ;, non seulement pour augmenter la valeur des for-tifications qu’il élevait en rendant possibles des inonda-tions artificielles, mais encore pour assurer la mouturedes grains en temps de siège, et la prospérité de l’in-dustrie des habitants en temps de paix.

Nous empruntons des éléments de cet exemple àM. Poncelet.

La Moselle, à Metz , fournit même dans les plusgrandes sécheresses, au moins 10 mc par seconde, pe-sant 10,000 kilogr. La vitesse de ce fleuve est moyenne-ment de 0 m ,80 par seconde ; le travail de cette masse

MV 2

d’eau représenté (comme on saiF) par _ serait donc

2

10,000 y QjS 2 — 326 kilogrammètres (g —9,81), ou

tX9

eu divisant par 75, 4 1 /2 chevaux-vapeur environ ; tra-vail théorique peu important dont on pourrait tirer parti,au moins en grande partie au moyen d’organes conve-nables, de roues de moulin par exemple. , t

Mais si on force les eaux à s’élever au-dessus de leurniveau naturel, comme on l’a fait à Metz , on pourra lesutiliser en profitant de la chute mesurée à partir du ni-veau supérieur de ce barrage, pour les faire agir parleur poids ou de toute autre manière. A Metz , le barragefait élever ce niveau de 2‘“,50, le travail disponible cor-respondant aux 10 mc , celui qu’ils pourront foarnir parleur descente de cette hauteur sera égal au poids mul-tipliéparla hauteur 1 0,000 k X 2'",5 — 25,Ü00 klu1/2 chevaux-vapeur, quantité près de soixante-dix-sept fois plus grande que celle qu’on obtiendrait en utili-sant seulement la vitesse de l’eau.

Cet exemple fait clairement comprendre la nécessitédes barrages pour utiliser les cours d’eau.

La hauteur de ces barrages est limitée : 1° par lesniveaux entre lesquels est limitée la concession dont ondispose et qui ne permet pas de passer la limite du ni-veau inférieur de l’usine située en amont; 2” la diffi-culté de construire et d’entretenir des berges artifi-cielles qui ne rendent pas marécageux les terrainsvoisins du cours d’eau, par suite des infiltrations :3° la diminution qui pourrait résulter de la productiondes sources qui alimentent le cours d’eau, si les eauxne pouvaient s’écouler avec une pente sullisuiite.

Les barrages s’appliquent avec le plus grand avan-tage aux petits cours d’eau, et également bien, commenous venons de le voir, aux grands cours d’eau, qui,n’ayant pas une vitesse trop considérable, permet-tent sans de trop grandes dépenses l’établissement debarrages et constructions diverses en lit de rivière. Ilest inconcevable sous ce rapport qu’on n’ait songé quedans ces dernières années à utiliser l'immense forcemotrice fournie par les eaux de la Seine (qui n’a que0,60 à 0,65 de vitesse moyenne), passant à travers uneville si importante, comme ville de fabrique, que Paris ,et où la force motrice, par suite de l’éloiguemeiit desmines de houille, a tant de valeur.

Utilisation de la force motrice des eaux de la Seine .Pour employer la force motrice des eaux de la Seine , ilfaudrait par un barrage les forcer à remonter à un ni-veau supérieur à leur hauteur naturelle. La position doce barrage est clairement indiquée à la fin de la longueligne de quais qui bordent la rivière des deux cotés pen-dant son passage rv travers la ville, et dont elle ne peutatteindre le niveau dans les plus grandes crues. Onpeut admettre qu’un barrage de 2"’, qui ne fera pas gon-11er les eaux dans la partie supérieure à la ville de P",est largement admissible. Le conseil des ponts et chaus-sées, chargé de la réception des études faites pour leprojet d’établissement d'un canal de Rouen à Paris , avaitadopté divers barrages proposés en lit de riviere de2 ,u de hauteur au-dessus^de l’étiagc comme ne pouvantprésenter d’inconvénients ; il admettait ( voir l’ouvragede M. Flachat), qu’avec des crues de 4“’ le regonfie-mentà l’amont ne serait que 0,44 réduits à 0,25 dansles crues de 6 à 8“. Disons de suite que l’écoulementqui aura lieu par les canaux latéraux dont nous allonsparler, rendrait encore moindre cette différence de niveau.

A l’étiage, la Seine débite environ 1o0 l “ c par seconde(la moyenne des basses eaux est 111 mc ); à la hauteurmoyenne donnée par M. Arngo (Annuaire de 1834) ledébit e.st de 2i6"\ Le travail correspondant à ce vo-lume d’eau élevé de 2 m est donc 150,000 X 2-300,000 kilogrummètres = 4000 chevaux-vapeur. Ilserait de 6570 chevaux pour le débit moyen de 246 ,,,r .

Avec des appareils perfectionnés utilisant 75 p. 100de la force théorique, la force utilisée serait de 3000 che-vaux-vapeur, c’est-à-dire au prix de 500 fr. par forcede cheval, prix bien inférieur à celui auquel elle revientquand on l’obtient au moyen d’une machine à vapeur àParis , cette force perdue vaudrait donc 1,500,000 fr.de loyer annuel.

Nous ne pouvons prétendre donner dans cet aperçuune étude complète de cette intéressante question, nousavons seulement voulu prouver son importance et éta-blir les conditions auxquelles il parait facile de satis-faire. Ajoutons seulement qu’à l’extrémité de Paris , àl’endroit où devait être établi le barrage, s’étend la vasteplaine de Grenelle, dans laquelle se trouvent déjà beau-coup de fabriques; qu’il serait facile d’y creuser un litartificiel dans lequel reflueraient les eaux de la Seine qui rejoindraient le bras principal en aval du barragepar des canaux transversaux recevant les roues hydrau-liques ou turbines destinées à utiliser la force motrice.Ces organes devraient être disposés de telle sorte qu’ils