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COUSSINETS.

COUSSINETS.

dussent, lors des crues de la Seine , utiliser toute laforce motrice fournie par l’augmentation du volumed’eau pour compenser la diminution de la chute ; enfin,dans les crues extraordinaires des canaux transver-saux devraient être disposés pour compenser amplementla réduction de section résultant du barrage.

L’important résultat de rendre disponible à Paris une force motrice considérable, à un prix modéré, enquantité presque égale au travail des machines à vapeuractuellement existantes est un de ces immenses pro-grès qu’une administration municipale éclairée ne doitpas tarder longtemps à réaliser. Les exemples abondentde toutes parts pour prouver les avantages et la possi-bilité de l’exécution d’un pareil travail.

Disons encore ce qui est presque évident en soi,qu’une semblable disposition ne cluthge rien à la navi-gation puisque les memes quantités d’eau passent tou-jours on lit de rivière, et qu’il suffît qu’un sas d’éclusesoit placé dans le barrage, pour faire passer les bateauxd’un côté à l’autre.

Projet de .)/. Arago. M. Arago, auquel revient l'hon-neur d’avoir appelé le premier l'attention sur cette ques-tion, a proposé au conseil municipal d’organiser uneabondante distribution d’eau dans Paris , au moyen depompes mises en mouvement pur des turbines placéessiu Pont-Neuf . C’est a la suite de cette étude qu’on afait du petit bras de la Seine un sas de navigation.

Il nous semble que le savant secrétaire perpétuel del’Académie des sciences avait pris, contre son habitude,la question d’un point de vue trop spécial. Certes, c’estquelque chose que de doter la ville de Paris d’une abon-dante distribution d’eau et de compléter ainsi les beauxtravaux que M. Girard et la municipalité de Paris ,sous l’administration de M. de Chabrol, ont accom-pli en amenant à Paris pour cet emploi les eaux del’Ourcq ; mais est-il besoin pour cela d’une force mo-trice de 3000 chevaux? N’y a-t-il pas là de quoi faireplus que de distribuer de l’eau plus abondamment dansquelques quartiers; ne peut-on encore singulièrementaider au développement de la production industriellede la capitale.

Ne connaissant pas les projets rédigés pour l'établis-sement des turbines au Pont-Neuf , nous ne ferons pasd’observation à ce sujet; nous ne doutons pas que lascience de MM. Arago et Fourneyron n’eût triomphédes difficultés de la question, mais à première vue ellesparaissent énormes. Dans un endroit où le lit de la ri-vière est rétréci par de nombreuses piles, disposer desturbines, des pompes, des barrages de diverses na-tures,etc., paraît une entreprise bien audacieuse, quandon pense aux crues énormes de la Seine et à la rapiditéque prennent alors ses eaux. cir. laboulaye.

COUSSINETS. Ce sont dans les machines les pièces-sur lesquelles s’appuient les tourillons d’arbres animésd’un mouvement circulaire continu, ou circulaire al-ternatif, pièces qui doivent être disposées de manièrea embrasser exactement ces tourillons, et à pouvoir serapprocher les unes des autres, pour remédier au jeuque produit nécessairement l’usé qui résulte des frotte-ments. Ce sont donc des boîtes à frottement, d’ordi-naire en deux pièces, quelquefois composées de trois,quatre, ou d’un plus grand nombre de parties, et quel’on graisse continuellement pour diminuer la résistanceet pour empêcher le grippement, juxtà-position intimedu tourillon et du coussinet, dont l’effet infaillible estd’amener la prompte destruction des surfaces en con-tact.

Les coussinets sont toujours par paire; il ne fautdonc pas les confondre avec les bagues , pièces de métalcontinues qui entourent un tourillon cylindrique et quine permettent pas de remédier à l’usé, avec les colletsqui sont coniques intérieurement, ou tourne un tou-rillon conique et à l'usé desquels on remédie en faisant

marcher ce collet ou l’arbre parallèlement à l’axe derotation ; enfin avec les crapaudtnes , espèces de gobe-lets dans le fond desquels on place un grain ou disqued'acier, et qui sont destinés à soutenir j>ar son extré-mité un arbre vertical, dont la partie inférieure portealors le nom de pivot.

Les tourillons sont toujours en fer ou en fonte. Ona essav-é différentes matières pour les coussinets. D’or-dinaire ils sont moins durs que les tourillons, et ce sonteux par conséquent qui supportent tout l’usé résultantdu frottement. On les remplace facilement quand ilssont diminués par l’usage, et comme l’arbre se con-serve de diamètre, on peut faire d’avance les coussi-nets de rechange pour lesquels ou prévoit un usé rapide.

On emploie souvent pour les coussinets un métalfusible composé d'étain, de plomb , d'antimoine ou dezinc. En général, les compositions dans lesquellesentre le plomb font avec l’huile beaucoup de cambouis ;le métal à coussinets des marchands fait beaucoup deboue pour les grandes pressions, il corrode sans que lerond souffre, mais quand l’arbre avance en mêmetemps qu’il tourne, il s’use avec beaucoup plus de ra-pidité.

Le métal le plus généralement employé pour lescoussinets est le bronze, alliage composé en moyennede 20 p. 100 d’étain et de 80 p. 100 de cuivre ; ilcontient quelquefois un peu de zinc; c’est un métaldur et cassant qui résiste bien au frottement, maisqu’on doit avoir soin de graisser continuellement.Sans cette précaution, il s'échauffe rapidement etgrippe. C’est l’intermédiaire entre le métal des canons,qui contient 10 p. 100 d’étain, et le métal des clochesqui en contient 25, et qui peut aussi fournir de fortsbons coussinets. La composition du bronze à coussinetsvarie suivant les divers ateliers, mais ne s’éloigne pasbeaucoup des proportions que nous avons indiquées ; ilse fond facilement, se travaille mieux que le fer auburin, mais moins bien à la lime, qui glisse dessus etne l’attaque que quand elle est neuve et qu’elle n’a pasencore limé du fer.

On fait aussi d’excellents coussinets en fonte grise ;cette matière conserve bien l’huile, coûte beaucoupmoins cher que le bronze, ne s’échauffe pas aussi faci-lement et s’use à peine, elle convient également pourles tourillons en fer et les tourillons en fonte.

Les coussinets on gayac , en amandier sont d’un prixpeu élevé, conservent très bien les corps lubrétiants, negrippent pas, mais chose remarquable, ils attaquentsensiblement le fer, aussi ne doit-on les employer quepour des mouvements continus de rotation ; si on lesemployait pour des mouvements alternatifs, on ovali-scrait les tourillons. On les emploie souvent pour sup-porter les arbres de roues hydrauliques. Le cormier,bois très dur, d’un tissu serré et uniforme, est aussi trèsbon pour coussinets.

Quelquefois on emploie une composition d’étain, d’an-timoine et de zinc qu’on fond autour de l’arbre unefois qu’on l’a mis en place, on est alors dispensé d’ungrand travail d’ajustage, et on obtient des coussinets,très durs, s'attaquant peu, que l’on a pas besoin d’a-léser ; ils ne sont pas disposés d’ordinaire de manière àpouvoir être resserrés, et on les remplace quand ilsprennent trop de jeu.

On peut aussi employer pour coussinets des matièresplus dures que les tourillons eux-mêmes. Ces coussi-nets sont de très longue durée, conservent bien lesgraisses et usent peu les arbres; ils sont d’ordinaire enacier ou en fonte blanche. Le principal obstacle à leuremploi est la difficulté de leur construction ; l’aciersurtout sc dérange à la trempe, et il est difficile defaire coïncider exactement le coussinet avec le tou-rillon. On -doit rejeter un coussinet d’acier lorsqu’aprèsla trempe il présente la moindre fissure, la moindre.