COUSSINETS.
COUSSINETS.
crique, parce que ce sérail pour l’arbre une cause dedétérioration très rapide.
Les coussinets en fonte blanche ne présentent pascet inconvénient, mais leur dureté les rend très difficilesa travailler, ils sont inattaquables à la lime; une foismis en place, on ne peut pas les retoucher, si le tou-rillon ne coïncide pas exactement avec eux. Quand lamachine marche, le tourillon s'use jusqu'à ce qu’ilse soit incrusté dans le coussinet, tandis que lorsquel’on emploie le bronze l'arbre reste intact, et c’est lecoussinet (pii s’use et prend Ja forme convenable.
Ces diverses considérations font rejeter l’acier et lafonte blanche de la fabrication des coussinets. Ondevra cependant les employer toutes les fois que celasera possible, l’usé produit par le frottement des touril-lons surles coussinets étant d’ordinaire fort peu de chose,quand les diverses pièces sont bien ajustées et que lescoussinets sont graissés avec soin. Du reste, nousavons vu souvent le graissage être opéré par la ma-chine elle-même, au moyen d’un petit système très sim-ple qui, tous les 5 ou 6 tours de l’arbre, faisait tomber«l’un réservoir supérieur une ou deux gouttes d’huiledans le coussinet.
Quand le tourillon exerce successivement une pres-sion sur tous les points du coussinet, ce qui arrivetoutes les fois que les forces appliquées à l’arbre nesont pas continuellement appliquées dans le même sens(cas qui se présente dans les mouvements alternatifs,et même dans beaucoup de mouvements circulairescontinus), le coussinet s’use sur toute la circonférence etne tend plus à s’ovaliser, mais alors a devenir un cercled’un diamètre plus grand. Le mode de serrage indiquédans la fig. 612 n’est plus suffisant, puisque, commenous l’avons dit,il ne remédie àl’usé que dans un*ens. On est obli-gé alors d’avoirrecours à troiscoussinets quisont placés autourde l’arbre, donton peut les rap-procher par des\ is de rappel ; ladisposition de-vient compliquée et exige beaucoup plus d’ajustage. Ilest cependant des cas où il faut y avoir recours. Onemploie aussi quelquefois soit destourillons et des collets coni-ques , ce qui n’est applicableque pour des arbres de faiblediamètre, soit des coussinets for-més de plaques d’acier trempé(fig. 613), disposition vicieuseparce qu’elle ne conserve pas lagraisse.
On pratique d’ordinaire, pour le graissage des cous-sinets, un trou dans le chapeau à la suite d’un petitgodet venu de fonte avec ce chapeau; ce trou se pro-longe. dans le coussinet, et de sa partie inférieure par-tent deux ou quatre pattes d'araignées , espèces de ri-goles en diagonale, pratiquées au burin dans la partieintérieure du coussinet et qui, constamment rempliesde 1 huile qui arrive du petit godet, la distribuentegalement sur tonte la surface du tourillon. On rem-plit le petit godet d’huile une ou deux fois par jour.
Les coussinets doivent être ajustés très exactementsur le chapeau et sur le corps du support ; ils ne doi-vent éprouver aucun ballottement. On fait souventleur partie extérieure en prisme à base carrée, et onpratique dans le corps du support une partie creuseexactement pareille ; mais quand les coussinets sont
gros, on perd beaucoup de bronze dans les angles. Onles fait alors hexagonaux ou octogonaux, mais toute*ces formes sont difficiles et longues àexécuter, surtoutquand on ne possède pas de machines à raboter pourabréger le travail et qu’il faut faire tout au burin età la lime.
Il est beaucoup plus simple de faire les coussiuetscylindriques à l’extérieur, on alèse alors le trou dusupport. Le coussinet se fond d’une seule pièce, onl’alèse intérieurement, puis on place à ses deux extré-mités des pièces de bois sur lesquelles on détenninoexactement le centre du trou, qu’on marque avec uncoup de pointeau; on place alors la pièce sur le touren faisant entrer les pointes dans les centres ainsi dé-terminés, et on tourne la partie extérieure au milieude laquelle on a eu soin de ménager, en la fondant,une partie circulaire rentrante, qu’il n’est pas néces-saire de tourner et dans laquelle sont placés deux pe-tits pitons cylindriques saillants, venus de fonte avecle coussinet, et qu’on arrondit à la lime; on perce en-suite à la main dans le corps et dans le chapeau du sup-port deux trous du diamètre des petits pitons situés,ainsi que ces derniers, bien vis-à-vis l’un de l’autre,et dans lesquels ces pitons s’ajustent quand le cous-sinet est en place. De cette manière, le coussinet nepeut pas tourner dans la partie alésée du support; onle sépare alors en deux soit à la scie, soit au bédane,on lime les surfaces coupées et on met en place les deuxparties en intercalant entre elles des cales en beis. Ceprocédé est de tous ceux qu’on emploie pour ajusterun coussinet dans un support, le plus simple et le plusexpéditif.
On a employé quelquefois des coussinets à galets;le tourillon, au lieu de porter directement sur unepartie alésée sur laquelle il éprouve un frottement deglissement ou frottement direct, est supporté par deuxou trois galets sur lesquels il ne glisse pas, mais qu’ilfait tourner sur eux-mêmes. Le frottement de glisse-ment n’a lieu que sur les axes des galets, au pourtourdu tourillon, il n’y a qu’un frottement de roulement;les galets sont d’ordinaire beaucoup plus gros que letourillon, en sorte que le chemin parcouru par les sur-faces qui frottent directement les unes sur les autresest considérablement réduit ; il y a donc moins de tra-vail absorbé en pure perte par le frottement, moinsd’usé, puisqu’on réduit la vitesse des surfaces frot-tantes et en outre une consommation moins considé-rable du corps gras lubréfiant.
D’ordinaire on n’emploie ces coussinets à galets quequand l’arbre pèse toujours dans le même sens, on metalors deux galets en dessous, rapprochés le plus pos-sible afin que la pesanteur de l’arbre ne tende pas à lesécarter et à fatiguer les essieux (fig. 614). D’autres
fois, on ne met qu’un seul galet en-dessous et deuxpetits au-dessus (fig. 61 o, ; le grand galet, qui supportela pression, tourne lentement, tandis que les petits, quine servent qu’à maintenir l’arbre, ont sans inconvé-nient un mouvement plus rapide ; enfin , dans une ap-plication des coussinets à galets faite depuis peu, dans