CROISEMENT.
CROISEMENT.
deuxième métis ou deuxième croisé correspond nu troisquarts de sang. Ces dénominations 11e font connaîtreque le degré de croisement. On ajoute les noms desraces pour indiquer la nature des produits : le demi-sang bishley mérinos est le produit du croisement dela race Disliley avec la race mérine.
Dans les croisements plus avancés, on répète le nomde la race qui est entrée le plu 3 souvent dans la géné-ration. Ainsi on dirait mêlis anglo-normand trois quartsde sang anglais pour désigner un poulain issu d’une ju-ment anglo-normandedemi-sanget d’un cheval pur sanganglais. De meme, un trois quarts de sang y ou deuxièmecroisé , ou deuxième métis mérinos, est un produit qui aun quart de sang de la race indigène et trois quartsde la race mérine. Le trois quarts de sang correspondau quarteron mulâtre, qui n’a qu’un quart de sang dela race nègre.
Quand on a obtenu les modifications que l’on dé-sire dans le croisement des races, il arrive qu’on faitreproduire les métis par eux-mêmes. Il faut bien dis-tinguer les produits ainsi obtenus par l’accouplementdes métis entre eux, et portés à la deuxième, à la troisièmegénération des produits du deuxième, du troisième croi-sement. On néglige trop souvent de faire cette distinc-tion. Aussi est-il très difficile d’apprécier, d’après lesnarrations publiées, les résultats obtenus par les in-nombrables croisements qui s’opèrent en France etd’en déduire des règles capables de guider le praticien.
UTILITÉ, AVANTAGES DES CROISEMENTS. Etantadmis, et bien reconnu du reste, que les qualités commeles défauts se transmettent parla génération, on com-prend aisément que le croisement des races doit êtred’un grand secours pour l’amélioration des animaux.Beaucoup de personnes croient même que ce moyenseul peut communiquer à nos bœufs, à nos chevaux,toutes les qualités qui distinguent les races bovines,chevalines étrangères les plus perfectionnées : on aessayé de l’appliquer dans toutes nos provinces et pourproduire toutes les améliorations qu’on aurait vouluréaliser.
D’un autre côté, rien ne paraît d’une applicationplus aisée que ce moyen d’amélioration, puisqu’il suflit,pour le pratiquer, de rechercher quelques bons repro-ducteurs et d’en croiser les animaux du pays. Sansaucune étude préparatoire, chacun a cru pouvoir yavoir recours. Souvent on a échoué; c’était inévi-table.
Le croisement des races peut rendre de grands ser-vices, et son emploi n’exige pas ces connaissancesvariées et profondes sur les sciences naturelles que né-cessite l’amélioration d’une race par le régime, par lesappareillements, le dressage, etc. ; mais encore' est-ilnécessaire de savoir dans quels cas il peut être utileet d’après quelles règles il faut le pratiquer.
Lo croisement sera utile pour modifier les caractèresqui ne dépendent pas directement de la nourriture nidu climat, et pour produire des améliorations qui tien-nent aux formes de certaines régions ou à quelquesqualités particulières : ainsi il suffît de bien diriger uncroisement pendant deux, trois, quatre générations,pour relever la croupe avalée de nos chevaux com-muns, pour corriger le chanfrein busqué de notre racenormande, pour élargir la poitrine de uos bœufs et denos porcs, pour communiquer au chien ordinaire l’ap-titude à chasser, pour adoucir la laine de nos anciennesraces ovines, pour accroître les qualités lactiferes denos vaches, pour changer ia couleur des cocons duver à soie, etc.; tandis que, en ne cherchant à produireces modifications que par le régime, par le dressageet les appareillements entre mâles et femelles de lamême race, on n’obtiendrait des résultats sensiblesque par des travaux séculaires et des combinaisonssouvent difficiles. Et encore combien d'essais reste-
raient infructueux! et, dans tous les cas, combien fau-drait-il de connaissances et d’active persévérance pourles mener à bonne fin!
Mais ce serait en vain qu’on compterait sur le croi-sement pour élever la taille, augmenter le poids desanimaux. Eu croisant une petite race avec une raceplus forte, on n’a jamais obtenu que des produits in-férieurs à la race indigène pure. Les races sont t Mi-jours, parleur taille, en rapport avec les ressourcesalimentaires des contrées où elles so trouvent; on nesaurait les agrandir sans augmenter ces ressources.Et d’ailleurs, les produits d’un mâle de forte race avecune femelle plus petite sont souvent mal conformés, ettoujours d’un entretien plus dispendieux : ils ne trou-vent pas, pendant le jeune âge, un lait assez abondantdans le pis de la mère, ni plus tard, assez d'herbe dansles pâturages.
Sans un régime meilleur, il n’est donc pas possiblede développer la taille des animaux. Et ce moyen seula produit des résultats avantageux sur les chevauxcomme sur les bœufs, dans le Bourbonnais et laBretagne, comme dans la Lorraine et le Nivernais;partout enfin où on a pu le mettre en usage, soit àcause de la fécondité naturelle du sol, soit par suitede l’emploi de la chaux ou de la pratique du mar-nage.
Cependant la distribution d'une nourriture plus co-pieuse ne saurait produire de grands résultats qu’aprèsun temps assez long, car les races anciennes ont descaractères fixes, sont difficiles à changer. Le croise-ment peut alors être utile pour hâter le développementdu corps; mais il ne saurait être qu’un moyen secon-daire ; c’est quand, par des améliorations, on s’estmis à même de mieux nourrir le cheptel, qu’on peutcroiser, avec avantage, une petite race par une plusgrande, en ayant soin toutefois d’éviter les fortes dis-proportions de taille entre les deux races, ainsi quenous le recommanderons en parlant des règles ducroisement.
Le croisement peut encore être utile pour détruirecertaines dispositions aux maladies fort anciennes surles animaux du pays, et quelquefois incurables parles moyens ordinaires de la médecine. Ces disposi-tions tiennent à la constitution, à la forme des organes,et l’influence d’un sang étranger peut seule les fairecesser.
Les éleveurs de la Normandie ont fait disparaîtrele cornage, jadis si commun sur leurs chevaux, endonnant à leurs juments l’étalon anglais ; par des croi-sements bien entendus, nous pouvons combattre lafluxion périodique des yeux, si nuisible à quelqueséleveurs de chevaux; détruire, dans les bêtes à cor-nes, la disposition à contracter des maladies graves dela poitrine; faire disparaître le tournis et les affectionsnerveuses qui attaquent plus particulièrement le mé-rinos, etc. Il suffît souvent de donner aux femellesd’une ferme des mâles de la même race, mais tirésd’une ferme placée dans d’autres conditions hy-giéniques, pour prévenir le retour d’enzooties rui-neuses.
Buffon, Bourgelat ont cru même que le croisementest nécessaire pour entretenir les espèces domestiquesdans la plénitudedeleurs qualités et même de leur santé,t. On a pensé avec raison, disent-ils, quelebon elle beau« de tous les êtres animés était répandu par parcelles« sur la surface du globe, et l’on a vu que la portion« de beauté, dans chaque climat, dégénérait toujours,« h moins qu’on ne la réunît avec une autre portion« prise au loin. De là on a reconnu, chez tous les« peuples de la terre, la nécessité absolue de mêler les« races et de les renouveler souvent par des races(c étrangères. » Faisant l’application de leur systèmeau cheval, ils ajoutent : « Il faut venir de toute