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CROISEMENT.

CROISEMENT.

sur l’amélioration des races. Cette influence peut varieret varie beaucoup sans doute; mais elle n’eu est pasmoins très puissante : c’est parce que nous la croyonstelle, que nous avons si fortement recommandé d’amé-liorer les juments des races communes avant de lus li-vrer à des étalons de race distinguée.

Nou> n’avons pas à rechercher ici dans quel cas ily aurait avantage à importer une race nouvelle, c’est-à-dire des mâles et des femelles pour les faire repro-duire ensemble. Nous traitons la question du croise-ment et nous disons : Même dans l’espèce chevaline,malgré les défauts do nos juments, qui opposent ungrand obstacle à l'amélioration*de nos races, il fauts’en tenir à l’introduction des mâles. Du reste, des es-sais sc font, et depuis longtemps, dans différents dé-partements : des juments percheronnes sont importéesdans l’Alsace, la Lorraine, la Franche-Comté , où quel-ques-unes, bien placées, ont donné de bons produits;mais il n’en est pas moins vrai que, proportionnellementaux sommes qu’on y a consacrées, elles sont bien loind’avoir exercé, sur l’amélioration des races indigène.*,l’influence qu’ont eue les mâles importés en mêmetemps.

3" Est-il nécessaire de tirer les types reproducteursdu Midi plutôt que du Nord? Beaucoup d’hippiatresl’ont conseillé, et à l’appui de leur opinion ils ontrappelé que des étalons danois, anglais , m^cklembour-geois, introduits en France , n’avaient donné que demauvais résultats. A ces faits nous pourrions en ajou-ter d’autres, et rapporter qu’on a employé sans succèsdes étalons de la Normandie , de l’Angleterre, dans leLimousin , la Navarre, l’Auvergne, etc. Mais avant dedéduire de ces faits une règle générale, nous devonsvoir s’il ne serait pas possible de leur opposer des faitsd’un autre genre. Nous trouverions que si le mérinos,venu d’Espagne, a parfaitement réussi en France , sides étalons importés des pays chauds ont donné quel-quefois de bons produits avec nos juments, d’autresfois leur emploi a complètement échoue. Et les faits dece genre que nous pourrions citer sont nombreux, carbien souvent la France a demandé des types amélio-rateurs à l’Espagne, à la Barbarie, à l’Arabie, à l’E-gypte , sans avoir pu cependant former race. Et d’unautre côté, les importations du Nord n’ont pas tou-jours été sans résultats utiles : de nos jours, les pro-duits remarquables-issus de males tirés de l’Angleterrene sont pas rares en France pour l’espèce chevalinecomme pour celle du porc, du bœuf et du mouton.

On ne saurait cependant méconnaître que les hom-mes et les animaux domestiques souffrent plus de sérapprocher des zones torrides que de s’avancer vers leNord. Cela peut provenir de ce qu’il est plus facile dese préserver du froid que de la chaleur. Mais pour lesanimaux herbivores, cela tient aussi à une autre cause,à la différence de fertilité des herbages, à l’abondancerelative des fourrages, si l’on compare les contréestempérées aux contrées chaudes. Il est très naturel quele cheval navarrais ou auvergnat réussisse mieux dans. la Normandie que l’étalon de la plaine de Caen dansles bruyères des Bassc-s-Pyrénées ou sur les pelousesdu Cantal ; que le cheval africain, petit et sobre, réus-sisse mieux dans le midi de la Franco que le chevalanglais , grand et habitué à un régime succulent.

Cette considération mérite une grande attention,soit qu’on veuille importer des mâles et des femellespour les croiser avec les femelles et les mâles du pays,soit qu’on les importe pour les faire reproduire en-semble et multiplier la race étrangère à l état de pu-reté.

C’est de la nourriture surtout que dépend le succès ;de l’introduction des herbivores ot la possibilité de lesacclimater. S’il importe peu quand on achète des ani-maux de savoir s’ils vienuentdu Nord ou du Midi, il

est d’un grand intérêt, au contraire, de savoir s’ils ontété habitués à une nourriture meilleure et plus abon-dante que celle qui est destinée à leurs descendant.-.Nous formulerons donc la troisième règle du croise-ment des races, en disant qu’on ne dou pas tirer hatypes améliorateurs d'une contrée où on nourrit mieux lesanimaux que là où on veut les introduire .

i° La quatrième règle du croisement se rapporte ùla fixité de la race qu’on importe. Les types améliora-teurs doivent autant que possible appartenir à unerace ancienne> bien formée, dont les individus se re-produisent depuis plusieurs générations sans éprouverdes changements.

La ressemblance n’est jamais parfaite entre les re-producteurs et leurs descendants. Les cai*actères d’unerace se montrent, disparaissent selon des circon-tancqu’il est quelquefois fort difficile d’expliquer et de pré-voir; mais le* dissemblances entre le père et les en-fants sont rarement considérables dans les races an-ciennes, fixes, bien constituées. Dans ces races, lesdiverses parties du corps, bien disposées les unes parrapport aux autres, sont dans une dépendance réci-proque, se soutiennent, se nécessitent et passent, sansgrandes modifications, des générateurs aux produitsengendrés.

Il n’en est pas de même dans une race qui se forme.Les dissemblances entre les pères et les enfants sontfréquentes et souvent considérables. Même en se re-produisant entre eux et dans les pays où ils sont nés,les métis jouent ordinairement beaucoup, donnent desproduits qui, souvent, leur ressemblent peu. Commenttransmettraient-ils leurs caractères, leurs formes, leurtempérament, leurs qualités, quand ils se reproduisentsons un climat étranger et avec des individus d’unerace ancienne et acclimatée? Car presque constamment,les races indigènes qu’on veut améliorer, formées len-tement et d’une manière spontanée par l’influence per-sévérante du climat, sont anciennes, fixes, inva-riables.

Quand on croise des races, deux causes tendent hdétruire les caractères particuliers de la race importée :1 U le sol, les fourrages, l’air, auxquels les individusétrangers ne sont pas habitués ; 2° la race indigène parla puissance qu’elle a de se perpétuer sous le climat oùelle s’est formée.

Dans un croisement, on ne saurait doue trop re-chercher les types améliorateurs parmi les races an-ciennes bien fixées, tandis que l’on donnera au con-traire la préférence aux produits de la race indigènequi sont les moins fixes, qui appartiennent aux variétésde la plus récente formation.

3” Ne pas chercher à corriger deux défauts à la fo sest encore une condition indispensable pour arriveravec certitude à un résultat utile. Si dans l’améliora-tion du mouton, par exemple, on veut en même tempsrendre les toisons tassées, la laine fine et les formes ducorps carrées, ou trouvera difficilement un bélier quiréunisse toutes les qualités nécessaires pour ce triplerésultat ; et si on voulait obtenir successivement cesdiverses améliorations, le perfectionnement du lainageà une génération et la régularité des formes à la sui-vante, on risquerait de perdre une fois les résultatsqu’on aurait obtenus l’autre. C’est quand on a fixéune qualité, qu’on doit chercher à en réaliser uneautre.

fixité des-métis. En principe, les métis ne doi-vent pas être employés dans le croisement des races ;accouplés avec des femelles de race pure, ils ont peude puissance pour transmettre leurs caractères. Mais ense reproduisant entre eux, conservent-ils les qualitésqu’ils possèdent?

Ils les conservent pendant un temps qui varie selonle degré de métissage auquel ils sont parvenus, se-

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