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CUIRS VERNIS.

CUIRS VERNIS.

est question d'un cuir d’excellente qualité. Si le vernisen est mal préparé, s’il est mal appliqué, le cuir vernisdevient alors une production très médiocre. Il s’écailleaisément, se gerce, se déchire, et bientôt les objets quien sont fabriqués sont hors de service.

D’abord inférieurs aux cuirs étrangers, nos cuirsvernis s'exportent aujourd’hui eu grande quantité surtous les marchés du monde.

Le vernissage des cuirs comprend deux opérationsdistinctes :

1° L 'apprêtage de la peau ;

Le vernissage proprement dit.

L’opération de l'apprêtage a pour but de bouchertous les pores de la peau et de l’unir par des ponçagessuccessifs, afin d’y faire, comme on dit, un fonds , et«le la mettre en état de recevoir le vernis.

Daus le vernissage, on cherche à obtenir une couchemoelleuse, souple, brillante, et d’un éclat durable, quele frottement ne puisse altérer.

La composition des apprêts et celle du vernis doit,par cela même, être différente.

Dans les apprêts, on incorpore des matières pulvéru-lentes, qui puissent former mastic dans les pores de lapeau, comme le blanc de Meudon, les ocres, le noir detumée.

Dans le vernis, au contraire, il ne faut aucune ma-tière qui puisse en altérer la transparence et l'éclat.

La base des apprêts comme des vernis est l’huile delin rendue siccative par des oxydes et des sels métalli-ques, et amenée à lu consistance .sirupeuse par unecuisson prolongée.

Composition des apprêts, pour un hectolitre d’huilede lin :

10 kilogr. de blanc do plomb;

•10 kilogr. de litharge.

Faire cuire jusqu’à consistance sirupeuse.

Cet apprêt ainsi préparé, mélangé soit avec des ocressoit avec de la craie, suivant la finesse de la peau à gar-nir, est étendu avec une raclette en acier sur la fleurou sur la chair, suivant les besoins de la fabrication.

Après trois couches successives, données à des inter-valles de plusieurs jours, pour que chaque couche ait letemps de sécher, on fait un ponçage ou poli, en frottantla peau avec une pierre ponce, puis on donne encoreplusieurs couches d’apprêt de manière à ce que la peausoit garnie bien également ; on ponce de nouveau, etl'on répète ces deux opérations jusqu’à ce que le fondssoit bien uni, sans former une couche trop épaisse, etsoit cependant suffisant pour empêcher l’infiltrationdans la peau, des glacis et vernis subséquents. On con-çoit, eu effet, que si les matières huileuses pénétraienttrop avant dans les tubes capillaires qui composent letissu cellulaire du cuir, elles s’y durciraient sous l’in-lluence de la chaleur et les transformeraient, pour ainsi«lire, en une foule de petits bâtons cassants. 11 faut queles matières huileuses qui forment la base des apprêtset vernis pénètrent suffisamment dans les porcs de lapeau pour y adhérer ; mais qu’on arrive le plus tôt possi-ble à les retenir à sa surface, et faire en sorte qu’ils s’yglacent en couches minces et liantes. C’est là le prin-cipe essentiel qui doit diriger le fabricant dans toutesses opérations.

L’apprêtage ainsi terminé, on donne avec un pinceaufin, dit queue de morue , quatre à cinq couches de l'ap-prêt ci-dessus, mais sans mélange de matières terreu-ses; on le colore avec du noir d’ivoire broyé très tin,et on le délaye avec de l’essence de térébenthine, pouren faciliter l’application en couches extrêmement min-ces. Cette opération a pour but de faire un fonds biennoir et bien glacé, liant et souple, pour recevoir levernis.

Chacune de ces couches est séchée à l’étuve ; les peaux

y sout suspendues par des baguettes de cornouiller,comme cela se pratique dans le corroyage.

Quand ces couches sont bien sèches on donne undernier ponçage avec un tampon do laine et de la ponceréduite en poudre impalpable.

C'est alors que l’on procède au vernissage.

Le vernis est composé d'huile d’apprêt préparéecomme ci-dessus, de vernis gras au copal, de bitumede Judée, de bleu de Prusse ou de noir d'ivoire broyésà l’huile de lin siccative coupée d’essence de térében •thinc :

10, 00 kilogr. huile d’apprêt ;

0, 50 — bitumé de Judée ; ,

5, 00 — vernis gras au copal ;

10, 00 — essence de térébenthine.

On fait cuire d’abord l’apprêt et le bitume, on yajoute ensuite le vernis, puis enfin l’essence, en ayantsoin de remuer fortement.

On peut remplacer le bitume par la mémo quantitéde bleu de Prusse ou do noir d’ivoire.

On met le vernis à déposer dans un endroit chaudpendant 15 jours à 3 semaines avant de pouvoir en faireusage.

Ou doit prendre les plus grandes précautions pendantet après le vernissage des peaux pour les préserver con-tre la poussière. On peut les suspendre dans l’étuve, oubien les mettre à plat clouées sur des cadres, le vernison dessous, ou bien les placer à plat dans des tiroirsqui s’ouvr«jnt en dehors de l’étuve.

La température des étuves varie de 45° à 60° Réau-mur, suivant la nature des peaux et dos vernis.

Les procédés qui précèdent sont ceux en usage pourtoutes les peaux en général dans la plus grande partiedes fabriques. Dans quelques-unes, cependant, on suitdes procédés d’origine anglaise dont voici la descriptionsuccincte :

Les étuves sont à tiroir, c’est-à-dire qu'elles sont dis-posées de façon que des tables puissent s’y superposer,par étages, en glissant sur des coulisseaux garnis degalets. Des devantures mobiles ferment chacun descompartiments de ces étuves.

Sur ces tables, préalablement garnies de couverturesdo laine fortes et moelleuses, que l’on revêt de papierpour éviter de les tacher, on cloue les cuirs que l’onveut vernir, puis on y applique, avec la raclette, 3 cou-ches d’apprêt, on enlève les aspérités avec la pierre-ponce, sans déclouer la peau, ou comme on dit, enterme du métier, on coupe le bouton après chaquecouche.

On applique ensuite, avec la paume de la main, G à7 couches successives de vernis sans essence, en ayantsoin de couper le bouton à chaque couche.

Par ce procédé les couches sont beaucoup pins épais-ses, et les cuirs ainsi vernis sont d’un glacis plus beauque parle vernissage ordinaire à la queue de morue; maiscet avantage est compensé par un inconvénient grave,c’est que le vernis est plus sujet à s’écailler et à sepeler.

Il est essentiel, pour que le vernissage des peauxréussisse bien, que le tannage et le corroyage du cuiraient été faits avec le plus grand soin; que le dégrassoit de bonne qualité, qu’il ait été réparti sur la peaud’une manière uniforme et pas en trop grande quan-tité. L’excès de dégras empêche les premiers apprêtsde sécher, et après le vernissage, la peau no tarde pasà se ternir et à se couvrir d’une espèce de nuage grais-seux.

Chaque fabricant a ses procédés particuliers qu’iltient secrets pour la composition des apprêts et desvernis.

Les uns ajouteut à la litharge qu'ils emploient enplus ou moins grande quantité, des os de sèche, de l’ail.