CUIVRE.
Minerais contenant scnlement du soufre. — Cui-vre pyriteux, cuivre panaché, sulfate de cuivre (ce der-nier se forme journellement dans le grillage des mine-rais ou naturellement dans les mines exploitées ; en ledissolvant dans l’eau et le précipitant par du fer, onen tire du cuivre de cernent que l’on ralîine ensuite).
3° Minerais renfermant de l’arsenic, de l’antimoine,du phosphore ou du plomb. — Cuivres gris, bourno-nite, phosphates ou arséniates de cuivre.
Traitement métallurgique des minerais de la premièreclasse.
Lorsque les minerais de la première classe sontassez riches, et sc rencontrent isolément en quantitésuffisante pour alimenter une exploitation, le traitementen est très simple. Tel était le gîte métallique de Chessy(département du llhone), découvert en 181 2, et actuel-lement presque épuisé, composé de carbonates de cuivrebleu et vert, et d’un peu de cuivre oxvdulé. Le mineraipréparé était à gangue siliceuse et renfermait de 27a 30 p. 100 de cuivre métallique. L’opération consis-tait en une simple fusion des minerais avec une quan-tité convenable de chaux, servant à scoriher les gan-gues, dans un fourneau à manche à avant-creuset. Lefond du creuset, battu en brasque pesante, composéed’un mélange de 2 parties en volume d’argile et de 1 p.de poussier de charbon, était à 0 m ,40 en contre-bas dela tuyère, et le gueulard (ouverture par laquelle oncharge les minerais et le combustible) à ■l nl .8U au-des-sus du meme niveau. La section intérieure du fourneauétait prismatique et rectangulaire: elle avait 0 W ,85 deprofondeur de la warme à la poitrine et 0 m ,C0 de lar-geur. On employait du coke comme combustible. Onlançait par minute dans le fourneau, par une seuletuyère, 8 kilogr. d’air sous la pression de T de mer-cure.
Le lit de fusion se composait de : 40 parties decuivre carbonate, 1 partie de cuivre oxvdulé, 2 partiesde scories du raffinage du cuivre noir. 8 parties de chauxvive, et 20 parties de scories bleues de la fonte précé-dente. Le fourneau ayant été séché et mis en feu commeà l’ordinaire, la charge normale se composait de 70 kil.de coke et de 134 kil. du lit de fusion ; le coke étantchargé en dessus sur la poitrine, et le minerai sur lawarme. On maintenait, devant la tuyère un nez de 0 m ,16environ; l’ouvrier le formait au besoin en introduisantpar la tuyère un ringard froid qui coagulait les matiè-res, et le cassait avec un ringard lorsqu’il était troplong. On passait de 20 à 28 charges en 24 heures, eton coulait toutes les 1 2 heures lorsque le creuset étaitplein de métal : on obtenait par coulée de 350 à 400 kde cuivre noir. D’après une analyse de M. Marguerin,ce cuivre noir renfermait 89,3 de cuivre, 6,5 de fer,0,34 de soufre et 3,7 de silicate de protoxyde de fer,provenant du mélange mécanique d’une petite quantitéde scories.
Lorsque le fourneau marchait bien, les scoriesétaient bien fluides, vitreuses et colorées en bleu; lors-qu’au contraire le lit de fii^pn renfermait un excès desilice et d’argile, les scories se coloraient en rouge etrenfermaient jusqu’à 3 et 5 p. 100 d’oxydule de cuivre,tandis que le cuivre noir obtenu était beaucoup plusimpur et plus chargé de fer; enfin un excès de chauxdonnait des scories d’un gris-noirâtre pouvant aller jus-qu’au noir. Ces différences de couleur permettaient aufondeur de reconnaître de suite un dérangement dansl’allure normale du fourneau, et d’y remédier aussitôtsoit en augmentant, soit en diminuant la proportion dechaux qui entrait dans le lit de fusion. Les scories rou-ges étaient repassées dans le fourneau. On obtenait 4parties 1 /2 en poids de scories bleues pour I partie decuivre noir, et comme ces scories avaient une teneur encuivre de 0,005, la perte en cuivre était de 2.25 p. 100du cuivre noir obtenu.
I Le personnel du fourneau se composait de* 2 poste*d’ouvriers, se relayant de I 2 heures l’un, et composéschacun d’un maître fondeur et de son aide. La campa-gne de chaque fourneau ne durait qu’une sein.aine.
Le prix de revient du quintal métrique de cuivrenoir était, d’après M. Le Elay, de 146 r ,2.3 commesuit :
333 k de minerai à 3-> f ,30 les I00 k .
soit.
•117
(;:>
66 k ,7 de chaux ào f les I00 k , soi: .
3
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256 k ,6 de coke à 1 r ,6U les 100 k , soit.
1
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Main d’œuvre.
.)
38
Total des frais spéciaux. . .
127
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127 f , iS
Entretien du matériel.
3
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Direction et surveillance.
4
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Intérêt du capital et des fonds de rou
lement.
5
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Frais divers..
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IX
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1 S r ,7.‘V
MO', 23
Les scories de la fonte immédiate
pour
cuivre noir
qui sont rejetées, ayant toujours à peu près la mémoteneur en cuivre, et leur proportion relative augmen-tant très rapidement à mesure que la richesse du mine-rai diminue, on conçoit que, dans ce cas, la perte en cuivreaugmenterait très rapidement, si Ton suivait le procédéque nous venons de décrire. Aussi lorsqu’il n’agît de mi-nerais notablement moins riches que celui de Chessy, onles soumet à une fonte de. concentration avec des pyritesde fer, de manière à obtenir une malle (sulfure doublede fer et de cuivre), que l’on traite comme nous le di-rons plus loin en parlant des minerais de la deuxièmeclasse, et à séparer les matières terreuses à l’état descories. Le cuivre ayant beaucoup d’affinité pour lesoufre, et lamatte renfermant seulement 15 à 40 p. 100de cuivre, les scories rejetées sont beaucoup plus pau-vres et la perte en cuivre beaucoup plus faible que parla méthode de Chessy.
Au lieu d’employer des pyrites de fer comme moyende concentration, on se sert, quand l’on peut, de mine-rais de cuivre de la deuxième classe.
Enfin nous avons vu employer avec succès, depuisquelques années, à Linz , sur les bords du l’hin, et auStadberg en Westphalie , un procédé de traitement parvoie humide pour traiter des minerais de la premièreclasse, très pauvres, dont la teneur était en moyennede 1 à 4 p. 100 et qui n’étaient pas assez argentifèrespour qu'on pût en séparer l’argent avec avantage.
Ce procédé, sur lequel M. Dclesse a publié un mémoirefort intéressant dans le 1 er volume de la 1 e sériedes Annales des .Vi?u?s, mémoire que nous engageonsnos lecteurs à consulter, consiste à traiter les mineraisde cuivre par de Uacide sulfurique que l’on préparede toutes pièces dans l’usine même. A cet effet ougrille des pyrites de fer dans des fourneaux de 2'"environ de hauteur, portant à leur partie inférieureune grille placée au-dessus d’un cendrier hermétique-ment fermé, au moyen d’un courant d’air forcé qui ar-rive par une tuyère placée au-dessus de la grille. Ilsuffit de mettre un peu de combustible lors de la miseen feu et au commencement de chaque charge, la cha-leur dégagée ensuite par la combustion du soufre suffitpour opérer la continuation du grillage. Comme l’aitarrive à une faible pression, que la température est peuélevée dans l’intérieur du fourneau, et que ce dernier aune faible hauteur, la combustion est incomplète et lesgaz qui se dégagent renferment, outre de l’acide sulfu-reux, une certaine proportion d’air non brûlé. Ou règlela combustion dans le fourneau en faisant varier laquantité d’air qu’on y fait arriver, de manière à cequ’elle ne s’élève pas au point d’agglutiner les mor*