OUI VUE.
CUIVRE.
cenux, ce qui rendrait leur grillage ultérieur très dif-ficile.
On ajoute à la pyrite une faible quantité de nitre,qui, en se décomposant par l’action de la chaleur, donnenaissance au deutoxyde d’azote nécessaire à la forma-tion de l’acide sulfurique.
Le gueulard du fourneau est habituellement fermépar une plaque en fonte, et les produits gazeux se ren-dent par une conduite latérale dans les cases où se faitl'attaque, et où arrive également un courant de vapeurd’eau, fourni par une petite chaudière à vapeur, quivient compléter les éléments indispensables à la pro-duction de l’acide sulfurique, savoir ; l’acide sulfureux,l’oxygène ou l’air atmosphérique, le deutoxyde d’azoteet la vapeur d’eau.
On charge le fourneau toutes les 12 heures ; pour celaon arrête le vent et on ferme la conduite latérale parun registre, afin d’empêcher les vapeurs acides répan-dues dans les cases d’attaque de refluer dans l’intérieurdu fourneau : un ouvrier sc mettant alors sous le nezun linge mouillé, ouvre une porte placée au-dessous dela grille et qui avait été lutée avec de l'argile, puis re-tire avec un crochet ce qui a passé entre les barreauxde celle-ci; un autre ouvrier enlève le couvercle placésur le gueulard et vide le fourneau avec une longuepince; il rejette les morceaux complètement grillés etmet de côté ceux qui sont agglutinés, les casse et lesrepasse de nouveau dans le fourneau jusqu’à ce queleur grillage soit complet. Cela fait, et la porte infé-rieure étant de nouveau fermée et lutée, on jette dans lefourneau un peu de bois, puis 50 k de pyrites de fer et3/10° d’hectolitre de menue houille, enfin par dessus letout l k de nitre : la théorie et l’expérience s’accordantpour indiquer qu’une quantité déterminée de deutoxyded’azote suffit pour convertir en acide sulfurique unequantité presque indéfinie d’acide sulfureux , il noussemble qu’on pourrait se dispenser d’employer une aussigrande quantité de nitre.
Le minerai est placé dans des cases en maçonneriesur des grilles en pierre, en dessous desquelles arriventles gaz des fourneaux et la vapeur d’eau. L’acide sul-furique s’unit à la vapeur d’eau à mesure qu’il se forme,se condense sur le minerai dont il humecte et imbibetous les morceaux, attaque le carbonate, de cuivre et letransforme en sulfate, lequel se dissout et coule au fondde la case. ï’our que.l’attaque ait lieu facilement et qu'ilse perde le moins possible de vapeurs acides, on disposele minerai sur les grilles par couches de diverses gros-seurs, de manière a ce que les plus gros morceauxsoient sur les grilles et les plus petits à la partie supé-rieure.
Pour enrichir les eaux acides chargées de sulfate decuivre, on les fait successivement passer d’une casedans l’autre, en les répandant sur le minerai, au moyende pompes en plomb. Dans une case d’attaque de9 n, ,50de long sur 5“ de large et l m ,66‘dc profondeur, oncharge environ ÜOC* 11 ** de minerai. Pendant que le char-gement s’exécute, on bouche l’ouverture par laquelleles vapeurs acides se répandent ordinairement danscette case, afin d’empêcher que l'acide sulfurique ne seperde inutilement. Le minerai riche, renfermant quel-quefois jusqu’à 6 et 10 p. 100 de cuivre, reste au plus8 semaines dans une case, avant de passer dans la voi-sine, et quand il a été dans 3 cases, l’expérience apprendqu’il ne retient plus une quantité de cuivre appréciableà l’analyse chimique, de sorte qu’il faut au maximum24 semaines pour terminer complètement une opéra-tion. Pour des minerais pauvres la moitié de ce tempsest plus que suffisant.
Quand l’eau chargée de sulfate de cuivre marque 2ià 30° à l’aréomètre de Baume, on la fait couler dansune cuve où on la précipite par des rognures de tôle,à une temocrature de 30 à 40”; on emploie un peu moins
de 200 de fer pour '100 de cuivre. La quantité de fordissoute dépend beaucoup, du reste, du degré d’aciditéde la liqueur, et on la retrouve tout entière dans losulfate de fer cristallisé que l’on retire des eaux mères.
L’opération est terminée quand une plaque de ferpolie ne se recouvre plus' d’une pellicule rouge <iocuivre métallique lorsqu’on la plonge dans la liqueur ;on transvase alors, au moyen d’un syphon de plomb,la liqueur chargée de sulfate de fer, dans des chau-dières où on la concentre par évaporation, jusqu'àce qu’elle marque 40 à 45‘’ Baume, point où on la faitécouler dans des cristallisoirs ; par le refroidissement,les cristaux de sulfate de fer se déposent en grappes surdes bâtons de bois verticaux plongés dans la liqueurvitriolique, et fixés à des perches horizontales reposanten travers sur les cristallisoirs. Les eaux-mères de l’o-pération sont renvoyées aux chaudières d’évaporation.
Le cuivre de cément et le fer lion attaqué sontégouttés dans des paniers d’osier, puis lavés au tamisà secousses (ail. setzsiebe ) ; le cuivre de cémentqui est pulvérulent tombe au fond de la cuve. L’ou-vrier prend ensuite une à une les rognures de tôle, quisont restées sur le tamis, les gratte au couteau pour endétacher les écailles île cuivre adhérentes, et les rejettedans la cuve à précipitation.
Le cuivre de cément obtenu est lavé dans descaisses à tombeau pour en séparer les dépôts ferrugineuxet le sulfate de fer. On laisse déposer les eaux de la-vage, et comme elles contiennent un peu de sulfate defer, on les emploie de préférence à l’eau pure pour ar-roser les minerais dans les cases d’attaque. Les houessont recueillies et traitées comme le cuivre de cément.La teneur du cuivre de cément varie de 50 à 95 p. \ 00,selon qu’il est ou non à l’état de boues : nous indique-rons plus loin comment on le raffine.
On peut, dans la fabrication de l’acide sulfurique,remplacer avec avantage la pyrite de fer par d’autressulfures métalliques. Ainsi à Linz , on remplace 1 partiede pyrite de fer par 10 p. de blende (zinc sulfuré J : lerésidu du grillage, au lieu d’être rejeté, est pulvérisé,grillé de nouveau dans des fours à réverbère chauffés àflammes perdues, et fondu pour zinc par la méthode deBelgique (voyez zinc). Cela permet de traiter avec bé-néfice des minerais de cuivre non argentifères, beau-coup plus pauvres qu’au Studtberg, et qui souvent nerenferment que 1/2 à 1 p. 100 de cuivre métallique.
A l’usine à plomb d’Àlzau, près Linz , on grille parle même procédé la galène (plomb sulfuré), et on em-ploie l’acide sulfurique produit pour dissoudre un mi-nerai de fer oxydé hydraté, et fabriquer à peu de fraisune grande quantité de sulfate de fer.
Il est à remarquer que ce procédé de traitement s’ap-pliquerait peu aux minerais très calcaires, parce qu’unegrande partie de l’acide produit serait dépensée en pureperte à produire du sulfate de chaux , qui aurait enoutre l’inconvénient de rendre le cuivre de cémenttrès impur, et d’apporter beaucoup d’obstacles à lacristallisation du sulfate de fer. Heureusement ce casne se présente pas habituellement.
Lorsqu’il serait possible d’établir les usines destinéesà traiter des minerais de la première classe près des fa-briques de soude ou même de les y annexer, il seraitavantageux de remplacer l’acide sulfurique par l’acideliydro-chlorique que ces fabriques produisent en grandequantité, et laissent perdre le plus souvent dans l'at-mosphère, faute de débouchés, au grand détriment duvoisinage.
Traitement métallurgique des minerais de la deuxièmeclasse .
Les minerais de la seconde classe sont de beau-coup les plus importants et fournissent la presquetotalité du cuivre versé dans le commerce. Lorsque ce»