CUIVRE.
CUIVRE.
Je soufre et les traces d’arsenic sont gazéifiées, autantque le permet la nature du métal soumis à l'affinage.Au bout de ce temps commence le raffinage propre-ment dit, qui commence par un écumage du bain,pen-dant lequel la presque totalité de la scorie surnagele métal. Aussitôt après on jette sur le bain quatre àcinq pelletées de charbon de bois ou d’anthracited’une extrême pureté, qui se répand immédiatement àla surface du métal fondu, de manière à le recouvrirpresque complètement; puis on introduit dans le bainune grosse perche de bois vert. Sous l’influence de lahaute température à laquelle il se trouve brusquementsoumis, le bois dégage des gaz qui font bouillonnerfortement la niasse métallique et qui accélèrent consi-dérablement l'eflet qui serait produit à la longue parle charbon de bois. Après avoir prolongé le bouillon-nement pendant un temps qui varie de quinze à \ingt-cinq minutes, selon la qualité du métal, on commenceà prendre des essais dans le bain de cuivre, pour saisirle moment précis auquel le métal atteint le maximumde malléabilité. Dès qu’on est parvenu à ce point, ons’empresse d’enlever par un second écumage les char-bons restant à la surface et la mince couche de scoriequi s’est reformée; on jette une pelletée de charbonsfrais qui s’éparpillent à la surface du métal ; on chargefortement la grille pour former, par distillation, uneforte quantité de gaz combustibles qui arrivent sous lavoûte et y brûlent avec une extrême lenteur; enfinon procède à la coulée, qui se fait ordinairement enpuisant le cuivre au moyen de poches en fer préalable-ment chauffées et le versant dans des lingotières enfonte de formes variées. Fréquemment on se sert delingotières assez profondes pour que l’on puisse y cou-ler successivement plusieurs lingots, en laissant entreles coulées un temps suffisant pour leur solidification.Si le cuivre est destiné à la fabrication du laiton, aulieu de le couler en lingots, on le granule en le ver-sant dans une grande cuillère percée de trous et placéeau-dessus d’une cuve remplie d’eau chaude ou d’eaufroide, suivant que l’on veut obtenir des grains bienarrondis ou irréguliers.
Pour prendre les essais dont nous avons parlé, ondécouvre une petite partie de la surface du bain à'I m .20 environ de la porte, et on puise vivement dansune üngotière soudée à l’extrémité d’une forte tige enfer un petit lingot de 40 millimètres de long sur lo decôté. O 11 l’entame immédiatement avec un ciseau, puison achève de le rompre, et on obtient ainsi une cas-sure fraîche dont l’aspect permet d’apprécier le degréde malléabilité. En commençant à prendre des essaisau moment où l’action du charbon et le bouillonne-ment produit par le bois n'ont point encore été suffi-samment prolongés, on observe dans la cassure deslingots successifs les caractères suivants : les premierslingots présentent une cassure grenue, mate, terne,d’un rouge brique foncé, puis ces caractères se modi-fient peu à peu jusqu’à un certain type dont la cas-sure est à fibres extrêmement déliées, l’éclat métal-lique à reflets soyeux très prononcé et la couleur d’unrouge pille caractéristique; à partir de ce type, lacassure devient plus grossière, les fibres se prononcentde plus eu plus et présentent des stries transversales,l’éclat, quoique métallique, cesse d’être soyeux, la cou-leur devient plus pâle et prend une teinte jaunâtretrès décidée. Si alors, après avoir enlevé le charbon etle bois, on laisse la surface du bain exposée sans dé-fense à l’influence oxydante de l'air, cette suite decaractères se présente dans un ordre exactement in-verse. Les types extrêmes, grenus et fibreux, corres-pondent à une dissolution d'oxyde cuivreux ou d.îcarbone dans le bain métallique et à des produits quin’ont aucune malléabilité, tandis que le maximum demalléabilité correspond au type le plus soyeux. C’e t
donc au moment où l'on est arrivé à ce type qu’il fautprocéder immédiatement à la coulée, en opérant ainsique nous l’avons indiqué. Celle-ci durant environ unuheure et demie, on continue pendant ce temps de pren-dre des essais dans les poches mêmes qui servent àpuiser le métal, et, selon que ce dernier tend à prendreune structure grenue ou fibreuse, on contre-balancecette tendance en ajoutant quelques nouveaux char-bons à la surface du bain ou en retirant quelques-unsde ceux qui s’y trouvent.
D’après M. Leplav, les frais de traitement des mi-nerais de cuivre rendant 0,133 kilogrammes de cuivremarchand, peuvent être estimés, dans une usine gal-loise, à :
Par tOO kil.
4e nimtTuitMlÙ.fr. e.
Frais de transport des minerais à l’usine. 0 71
( 'Main d’œuvre. 0 52
Combustible. 0 91
Matériaux et réactifs di-vers. 0 20
Fraisgénéraux, adminis-j tratifs, intérêt5 p. 400I des capitaux immobi-
\ lises.0 76
Intérêt à 4 p. 100 du fonds de roule-ment . 0 58
Frais de vente du cuivre, transports,
commission, à-compte.1 9fl
Bénéfice du fondeur., . . . 0 83
Total. ... G 44
de ruirr#oMfuu.
fr. o.
5 333 90
6 83
1 50
5 703 97
14 85
6 22
Ï8~3Û
Nous nous sommes étendus un peu longuement surle mode de traitement suivi aujourd’hui dans les usinesà cuivre de l’Angleterre, parce que le beau travail deM. Leplay nous permettait de rectifier les idées erro-nées qu’on s’était faites jusqu’à ce jour sur les procédés anglais . Nous devons à ce savant ingénieurd’avoir pu exposer d’une manière complète une séried’opérations extrêmement complexes, dans lesquellestoutes les ressources qu’offrent les méthodes de la mé-tallurgie sont habilement utilisées.
Nous allons encore indiquer un progrès dû aux tra-vaux d’ingénieurs des mines français .
procédé de mm. itivoT et phieups. On sait quele fer métallique précipite le cuivre à l’état métalliqued'un certain nombre de ses dissolutions. MM. Rivot etPhillips, ingénieursdes mines, ontreconnuquela mêmeréaction avait lieu par voie sèche, et que le fer métal-lique plongé dans un bain de silicate de cui\re fonduen séparait également le cuivre à l’état métallique. Usont mis cette propriété à profit pour appauvrir les sco-ries de cuivre que l’ou obtient dans la fonte des mine-rais, de manière à obtenir dans une seule opérationtout le métal que renferment ceux-ci. Avant de décrirece procédé, nous ferons remarquer qu’il ne peut s’ap-pliquer aux minerais qui renferment des quantités no-tables d'arsenic et d’antimoine, ce qui a également lieupour l’essai par voie humide au moyen du fer métalli-que desdits minerais.
On commence par griller aussi complètement quepossible les minerais de cuivre. En général, pour ob-tenir un grillage complet, il convient de faire un premiergrillage en tas ou dans des fours anaLogues aux fours àchaux, ce qui, en outre, étonne le minerai et rend lapulvérisation plus facile ; on le réduit ensuite en sable as-sez fin et on le grille avec soin au four à réverbère, enterminant par un bon coup de feu, afin de décomposerles sulfates formés a une plus basse température. J1impure que ce grillage soit bien exécuté : avec desminerais imparfaitement grillés, on obtient à la fonte