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A-F.
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DAMAS.

DAMAS.

I)

DAGUERRÉOTYPE. Voyez imiotogiiafhie.

DAMAS ( angl . damask , ail. damast). Tissu en soieou en lin, quelquefois aussi en laine ou en coton, ornéde grands dessins représentant des fruits, des fleurs,des paysages, des animaux, etc. C’est une étoffe deluxe sur la fabrication Je laquelle nous reviendronsaux articles tapis et tissage.

DAMAS. Les belles recherches de M. l’ingénieur russeAnoçoff, publiées il y a quelques mois dans l'Annuairedit journal des mines de Russie , nous mettront à memed'indiquer sommairement ici un procédé qu’il a décou-vert et introduit avec succès à Zlatooust (Oural ), pourpréparer de l’acier damassé oriental ; nous invitons ceuxde nos lecteurs qui désireraient avoir plus de détails àce sujet à consulter l’intéressante notice précitée.

On juge de la valeur et de la qualité des damas aumoiré ou au dessin , à la couleur du fond , et enfin aureflet ou ehatoyement de la surface sous la lumièreoblique.

Du moiré. L’acier a d’autant plus de valeur que ledessin en est plus grand et plus marqué. Le dessin estconsidéré comme grand, quand il atteint les dimen-sions des notes de musique ; il est moyen quand il a lagrosseur de l’écriture ordinaire ; au-dessous de cettegrosseur, le dessin est petit, mais encore faut-il qu’onpuisse l’apercevoir à l’œil nu. La forme et la dispositiondu moiré présentent une variété extrême, et il faut unegrande habitude pour apprécier à ce signe la valeur dudamas. Le moiré que manifeste un culot de damas s’ob-serve plus distinctement encore, sur les scories qui lerecouvrent lors de la fabrication, en sorte qu’on peutassez exactement juger de la qualité du métal à la seuleinspection des scories. En examinant attentivement cesdernières au microscope, on voit qu'elles prennent aucontact du culot, toutes les inégalités du métal. Cesinégalités varient à l'infini. Ce sont : tantôt des aspé-rités et des dépressions irrégulières; tantôt dos aspéritéslongitudinales, plus ou moins parallèles entre elles;tantôt des aspérités réunies par groupes plus ou moinsdistincts; tantôt des lignes droites parallèles plus oumoins longues et épaisses; tantôt un double systèmede lignes parallèles, se coupant sons un angle variableet formant ainsi des losanges; tantôt un double systèmede lignes se coupant à angle droit, et formant des car-rés distincts. L’on peut distinguer les scories en diver-ses sortes. Aux premières scories correspond un métalqui ne manifeste aucun moiré après le travail de laforge. Avec celles de la seconde espèce, on a un métalqui se moire longitudinalement sous forme de lignesirrégulières. Avec les troisièmes, les lignes restent pa-rallèles. Avec les quatrièmes, on a deux systèmes delignes ; les unes suivent la longueur de la barre, en pre-nant une courbure plus ou moins prononcée; les autressont disposées transversalement sous différents angleset avec diverses courbures ; quelquefois, on voit despoints isolés entre ces lignes. Avec les cinquièmes, leslignes longitudinales prennent une courbure encore plusprononcée, et les lignes transversales, en se brisantsous différents angles, forment des dessins pareils auxmailles d’un filet. Avec les sixièmes, les lignes longi-tudinales et transversales deviennent encore plus cour-bes et comprennent entre elles une infinité de petitspoints, dont la masse ressemble à une grappe de raisin;ces grappes sont tantôt irrégulièrement semées à lasurface du métal, tantôt disposées par rangées d’unetelle symétrie que le damas semble composé de plusieursmorceaux soudés transversalement. Aux deux premièresMortes de scories correspond un damas qui ne peut être

d’aucun usage et qui, par conséquent, ne mérite pasd’être désigné de ce nom ; mais avec les autres variétéson a, dans l’ordre suivant, des damas de qualités d’au-tant meilleures que les moirés des scories sont plus ré •gulières :

1" Le dessin consistant principalement en lignesdroites presque parallèles correspond à la plus mauvaisesorte de damas.

2 U Quand les lignes droites deviennent plus courteset commencent à se courber, la qualité du métal s’a-méliore.

3° Le métal est encore meilleur , quand les lignes sebrisent, que leurs interstices se couvrent de points iso-lés et que les lignes courbes se multiplient.

i u Le damas approche davantage de la perfection,quand les lignes briséos deviennent encore plus courtesou se réduisent à des points, et quand elles sont asseznombreuses pour former comme les mailles d’un filetréunies par des fils serpentant dans différentes direc-tions.

5" Enfin, le damas est arrivé à son plus liant degréde perfection, quand les filets transversaux, composésde petits points, se multiplient jusqu’à former commedes grappes de raisin, ou s’étendent sur presque toutela largeur de la pièce en la divisant en parties égalesentre elles et de dessin pareil.

Du fond. On peut apprécier par la nature des scoriesle fond de la couleur du culot qu’elles recouvrent. Lemême flux donne des scories de couleurs différentes ;plus les scories sont vitreuses et incolores, pins le fonddu métal est clair, et vice-cersd; mais la qualité du métalest d’autant meilleure que les scories sont plus foncées.Toutefois, les scories foncées sont de différentes sortes;les unes sont vitreuses, les autres ternes; dans ce der-nier cas, le moiré cesse de se manifester distinctement.

Les damas peuvent être divisés, sous le rapport dufond, en damas gris, en damas bruns et en damasnoirs.

Du reflet. Le reflet se manifeste à la surface du culot,quand on sort ce dernier du creuset, après avoir laissésuffisamment refroidir à l’abri du contact de l’air.

Les culots de mauvaise qualité n’ont point de refletet en général leur surface n’est pas unie. Plus le métalest parfait, plus sa surface a d’éclat et plus son refletest prononcé. Le reflet passe quelquefois du bleuâtre àla teinte d’or, de telle sorte que le dessus du culot pa-rait comme doré. Le reflet ne peut tenir à une oxyda-tion superficielle du métal, car l’oxydation produiraitune irisation qu’on n’observe point ici; il faut plutôtl’attribuer à la qualité même du métal. Le reflet estd'ailleurs indépendant de la dureté du métal.

Les damas peuvent être divisés, sous le rapport dureflet, en damas sans reflet, en damas à reflet rougeâtre,et en damas à reflet doré. Plus le reflet est prononcé etvoisin de la teinte d’or, plus le métal est parfait. Si ledamas est de mauvaise qualité, on ne peut par aucunmode de décapage y faire naître de reflet.

La coïncidence des différents caractères dont il vientd’être question donne, en supposant chacun d’eux portéà sou plus haut degré, la limite supérieure de la per-fection du damas Un damas parfait a les qualités sui-vantes :

1° Une malléabilité et une ductilité parfaites, nonpas qu’il puisse se forger comme du fer tendre, mais ilfaut qu’il se travaille avec facilité et netteté : on doitmême pouvoir le forger à froid ;

'2° Une très grande dureté après la trempe ;

3" Un tranchant vif et délicat;