DAMAS.
DAMAS.
4° Une très grande élasticité.
M. AnoçofF divise d’après ce qui précède les damasen cinq variétés, savoir : le damas rayé, le damasmoiré, le damas ondulé, le damas réticulaire et le da-mas chevronné. Toutes ces sortes de damas peuvent :
Avoir des dessins de grande, moyenne et petite di-mension ; Etre gris, bruns ou noirs; 3“ Ne pas avoirde reflet, ou avoir un reflet, soit rougeâtre, soit doré.
Il résulte des observations de M. AnoçofF que :
1 U La grosseur, la netteté et le relief «lu moiré sonten rapport direct avec la proportion de carbone ; la dis-position du dessin dépend de l’intimité de sa combinai-son avec le fer.
2" Le fond du damas et la couleur du moite indiquentle degré de pureté du fer et celui du carbone; plus lefond est foncé et brillant, plus les ondulations sontblanches, et plus ie métal est pur.
3“ Le reflet que prend l’acier damassé semble être lemeilleur indice de l’état sous lequel le carbone existedans l'aeier. 11 paraît que l’on ne peut admettre, commecombinaison proprement dite du carbone avec le fer,que le damas à reflet doré. Dans les damas à reflet rou-geâtre, le carbone contient en mélange quelque sub-stance étrangère. Enfin, dans les damas qui n’ont pasde reflet, le carbone se rapproche du charbon ordinaire.De pareils damas sont cassants. s’ils renferment uneforte proportion de carbone.
L’analyse d’un des meilleurs aciers damassés obte-nus par M. AnoçofF, a donné à M. IlimofF les résultats
suivants :
Argent.Traces
100,000
Eu cherchant à découvrir le secret de la fabricationdu damas oriental, M. AnoçofF a trouvé quatre moyensde le produire, qui consistent :
1 U A fondre du minerai de fer avec du graphite ;
2” A fondre le fer avec du charbon et à brûler par-tiellement le carbone par du protoxyde de fer (batti-tures) ;
3“ A soumettre le fer préalablement carburé à unrecuit prolongé, à l’abri du contact de l’air;
4" A fondre immédiatement le fer avec du gra-phite.
Le premier de ces procédés demande un minerai defer extrêmement pur, la consommation en graphite estconsidérable, la carburation du fer parfois incom-plète, et la consommation eu combustible deux à troisfois plus forte que dans le dernier procédé, d’ou résulteune élévation du prix de revient qui rend ce procédéinabordable ; mais il nous retrace, sans doute, la mé-thode suivie par les anciens, et nous explique le hautprix des bons damas d’Asie . Ce procédé a dû en effet,en raison de sa grande simplicité, s’offrir de préférenceà tout autre aux anciens expérimentateurs.
Le second procédé n’a pas pu être adopté; le métalconservait une proportion considérable de carbone etse forgeait difficilement.
Le troisième procédé est déjà en usage ; mais commel’acier fondu doit, pour être malléable, ne contenirqu’une faible proportion de carbone, on n'obtiendrapar là qu’une sorte de damas fondu, bon à la* fabrica-tion des objets de bas prix; les I0ü k do ce damas nereviennent qu’à 240 francs environ.
Enfin, le quatrième procédé que nous considéronscomme le meilleur et le moins dispendieux de tous, est ,le seul dont nous allons nous occuper. La préparation
du damas par ce procédé comprend : La fonte, le tra-vail de la forge, la façon des objets, la trempe, l’cffi •lage et le décapage
Fonte . La fonte s’opère dans de petits creusets ré-fractaires, faits comme ceux qui servent à la fabrica-tion de l'acier fondu (voyez acier), chauffés dans unpetit fourneau à courant d'air forcé.
On met dans un creuset ordinaire 5 kilogrammesde fer; les alliages faits sur une plus grande échelleétant trop difficiles à forger. En général, plus le métaldoit être dur, et moins on doit employer de fer, ensorte que sa quantité peut, dans certains cas, sc ré-duire à 3 et 4 kilogr. On met sur le fer un mélangede 1/12 de graphite, 1/32' de battitures et d’unecertaine quantité de flux. Les meilleurs flux sont : Lesdébris de foyers réfractaires et la dolomie. L’un etl’autre de ces flux peuvent être employés avec un égalsuccès mais non concurremment; dans ce dernier cas.les scories se séparent trop difficilement du métal. Enemployant le quarte, il faut éviter d’ajouter trop debattitures. La dolomie est par elle-même un flux trèsfusible, en sorte qu’on ne doit pas en employer plusde 1/24' : au-delà, le creuset pourrait être attaqué;mais si la quantité de dolomie est en rapport convena-ble avec le graphite, on obtient de meilleur damasavec ce flux qu’avec le quartz. Après avoir chargé lesmatières dans le creuset, on le recouvre de son couver-cle en argile, et on donne le vent. Au bout de troisheures et demie, ie métal est recouvert d’une couchemince de scories, au-dessus desquelles surnage l’excé-dant de graphite; la perte en graphite s’élève alorsjusqu’à 0 k , 10. Le métal a un faible moiré longitudinal,un fond clair, et, si le graphite est de bonne qualité,un certain reflet. En prolongeant la fusion pendantquatre heures, il se perd jusqu’à 0 k ,15 de graphite, etle inétal prend un moiré ondulé; si elle dure qtatreheures et demie, la perte en graphite s’élève jus-qu’à 0 k ,20, et le moiré est de grandeur moyenne.A ce moment, le creuset commence à s’affaisser, et ilfaut arrêter l’opération ; mais si cet affaissement estpeu sensible, on continue la fusion pendant une demi-heure de plus : la perte en graphite atteint alors 0 k ,30 ;le moiré est réticulaire et de grandeur moyenne; laquantité de scories va jusqu’à 0 k , 20. Quand on voit quele creuset a bien gardé sa position pendant cinq heures,et que la grille du fourneau n’est pas assez obstruée descories pour porter obstacle au passage du vent, onprolonge encore la fusion pendant une demi-heure ; ence cas, la perte en graphite s’élève quelquefois jusqu’à0 k ,40 et plus, et la quantité des scories à 0 k ,30 et0\40 et même davantage ; le métal acquiert alors unmoiré plus ou moins prononcé, réticulaire et quelque-fois chevronné.
Si le graphite n’est pas de qualité particulièrementbonne, le métal est rarement susceptible d’être forgé.En employant du graphite de creusets de Passau : il nefaut pas en mettre plus de 0 k ,40 ( I /I2 1 '), pour que lemétal reste malléable ; le moiré est, dans ce cas, degrandeur moyenne. Si l’on diminue la quantité de gra-phite jusqu’à 0 k ,30 ( 1/15'), on obtient un damas réti-culaire à moires fines.
Ainsi pour obtenir le meilleur damas, il faut :
•1° Un charbon qui donne le moins de crasses possi-ble ; celui de pin, par exemple :
2’ Un fourneau construit avec les matériaux lesplus réfractaires;
3“ Des creusets extrêmement réfractaires et nonsusceptibles de se fendre;
4° Un fer de la meilleure qualité, très malléable ettrès ductible;
o” Du graphite natif pur, ou le meilleur graphite decreusets ;
5“ Du auartz calciné, ou mieux de la dolomie;