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DAMAS.

DAMAS.

7" Une très liante température;

8° Une fusion aussi prolongée que possible.

Quand la fusion est terminée et que le charbon estentièrement consommé jusqu’à la base du creuset, onarrête le vent ; on laisse le creuset dans le fourneaujusqu’à ce qu’il soit froid ou au moins noir ; on enlèvele couvercle, on retire le résidu de graphite; on briseles scories et l’on extrait le culot. Lors de sou refroi-dissement, le damas prend une surface parfaitementunie, ou présente près du centre une dépression danslaquelle la cristallisation est plus marquée et plus en-chevêtrée que partout ailleurs : cette dépression con-stitue le retrait. Les damas qui n’ont point de reflet, etsurtout les damas durs, sont ceux qui donnent lieu auretrait le plus considérable. Si lin culot dur, dont lasurface n’est pas brillante, n’a aucune dépression ap-parente, on doit s’attendre à trouver une chambre dansl’intérieur du métal: le damas s’est, dans ce cas, re-froidi beaucoup plus vite extérieurement qu’iutérieure-meut. De pareils culots ne peuvent se forger, et le da-masqu’ils produisent est de qualité très inférieure, fût-ilcouvert du plus fort moiré.

Travail de la forge. On forge le culot de damas, quipèse environ o k , avec un petit marteau à queue pe-sant iUU Le culot est chauffé jusqu’au rouge-clair, etposé sur l’enclume par sa large base. On commencepar faire marcher le marteau très lentement, en tour-nant le culot toujours dans le même sens; il faut deuxhommes pour cette opération. On donne de trois à neufchaudes. Si l’alliage ne s’est pas gercé, on le fend entrois parties avec des ciseaux. Plus le damas est lent àse forger et net à se fendre, meilleure est sa qualité.Chacun des morceaux est reforgé au marteau, et amenéa l'état de massiau régulier, puis ensuite h l’état debarre; le meilleur métal est celui qui met le plus detemps à se refroidir sous le marteau. Les bons damas,quelle que soit leur dureté, ne passent que deux fois aufeu pour être convertis de massiaux eu barres, ils peu-vent même s’étirer à froid sans gerçures, et s'échauffentalors jusqu’au rouge sous le marteau. Si l’on chauffeune partie de la barre au blanc, elle perd sa malléabi-lité et s'émiette, quand le damas est dur ; s’il est tendre,elle perd son moiré. Ou peut juger par là de l’atten-tion que réclame le rechauffage de la part du for-geron.

Façon des objets. Le damas forgé en barres présente«le petites irrégularités et des gerçures superficielles.On doit, pour acquérir toute certitude sur la bonnequalité des objets à fabriquer, commencer par affilerles barres et y faire des marques indiquant le dessus etle dessous du culot ; car le dessous a toujours un moiréplus régulier que le dessus, et doit par conséquent for-mer de préférence le tranchant de l'objet. La façon desobjets de damas est d’ailleurs la même que celle desobjets de tout autre acier; il faut seulement avoir soinde chauffer aussi peu que possible et de ne point dé-passer le rouge-clair ; le rouge-cerisc est même sulli-jumt pour la dernière chaude.

Trempe. Tout damas, et en général tout acier,chauffé et brusquement refroidi, augmente vie dureté,mais devient en même temps cassant comme du verre.Cette fragilité ne permet pas d'employer l’acier à l’étatle plus dur; car, sauf les limes de serrurier, il n’y apoint d’outils dont la trempe ne nécessite uti effort su-périeur à la cohésion que la trempe laisse subsisterentre les molécules de l’acier.

Pour diminuer la fragilité du métal, tout en cotiservaut autant que possible la dureté que la trempe luifait acquérir, ou chauffe l'acier trempé, mais a unetempérature beaucoup moindre que lorsqu'il s’agit «lele soumettre à la trempe. A mesure que le métal s'é-chauffe, sa cohésion augmente et sa dureté diminue.La destination «le l’objet indique le degré de chaleur

qu’il faut donner, et les couleurs que prend le métalservent à connaître ce degré. Les principaux degrés dechaleur sont : le jaune, le violet, le bleu et le vert; lejaune et le degré inférieur ; au vert, le métal commenceà perdre de son élasticité.

Les objets qui exigent le plus de dureté sont recuitsau jaune-paille. et ceux qui exigent le plus «l’élasticité,au bleu. Mais si le métal n’est pas de qualité supé-rieure, on tache de l’améliorer, dans le premier cas, enchauffant au violet, et «lans le dernier cas en chauffantau vert. Le violet est la température que demandentles ciseaux ; le vert convient pour les faulx.

Les damas «le médiocre dureté sont trempés, scionle genre et la destination des objets, dans l'eau ou dansla graisse; les damas les plus durs sont trempés depréférence dans lu graisse. Toutes les armes sont trem-pées dans la graisse presque bouillante; la graissechaude est plus iluide que la graisse froide, se meutplus rapidement autour de l’objet chauffé qu’on yplonge, refroidit plus vite ce dernier, et donne, parconséquent, une trempe plus dure.

Après avoir chauffé au rouge l’objet qu’on veut trem-per, on le plonge dans la graisse chaude, et après l’yavoir laissé refrohlir, on le sort du bain, on l’essuie eton le nettoie d’un côté avec une pierre à aiguiser, afinde mieux juger de la couleur à laquelle il convient dele recuire. On le réchauffe au-dessus du charbon, enayant soin de donner la couleur convenable à la chaude.Ainsi, lorsqu’on trempe-une lame de sabre, on la chauffeau vert près de la poignée, au bleu à son extrémité, auviolet à son milieu et au jaune vers le tranchant. Elleest ensuite redressée au marteau, affilée et plongée en-core chaude dans l’eau froide. Si l’on veut augmenterl’élasticité de l’arme aux dépens de sa dureté , onchauffe au bleu et le milieu et le bout de la lame. Ilest bon, pour augmenter la dureté du tranchant, depasser préalablement la lime sur ce dernier ; car un ob-jet mince se trempe généralement plus dur qu’un objetépais. Quelques instruments, et notamment les rasoirs,se trempent dans l’eau; d'autres, comme les faulx,n’ont besoin que d'ètre agités dans un rapide courantd’air.

A (filage et polissage. Quoique ces deux opération s soientexactement les imbues pour le damas que pour l’acier,nous croyom cependant utile d’indiquer ici quelquesprécautions relatives à l’affilage et au polissage des ob-jets qui exigent une dureté et un tranchant particuliers;ces précautions sont d’ailleurs généralement peu con-nues.

L'ufîüage sur des grès ou pierres à aiguiser modifiele. degré de la trempe, surtout pour les objets minces.Ainsi, quaml on affile des lames sur des pierres à aigui-ser sèches, on est obligé de leur rendre leur élasticité,en les réchauffant, après l'affilage, jusqu’au bleu et lesplongeant dans l’eau; c’est ce qu’on appelle bleuir. Lanécessité de cette opération vient de ce que dans l’affi-lage les lames passent par places au vert, températureà laquelle l'acier perd son élasticité. Les objets danslesquels la solidité du tranchant est plus utile que l’é-lasticité doivent être affilés sur des pierres constam-ment arrosées d'eau. Mais il faut que l’aflluence del’eau soit suffisante et que l’objet ne soit pas trop for-tement pressé contre la pierre; sinon on perd tout lefruit de cette précaution, et l’objet perd sa fermeté ets’émousse rapidement. Telle est l'explication des qua-lités différentes qu’on observe entre des rasoirs faits dumême acier.

Le polissage exerce la même influence que l'affilagesur la qualité des objets, si l'objet reste appliqué quel-que temps au même endroit- contre le disque de polis-sage, il s’échauffe trop, et l’ouvrier ne peut gm.remême s’en apercevoir, car l’émeri efface imtnéilinto-I ment lu couleur bleue qu’a prise le point trop chauffé.