DECUAISSEUil.
DÉUUAISSEIUL
Les urines anciennes qui sont devenues alcalines parla formation d’une grande quantité d’ammoniaque pro-duisent l’elfct contraire.
La sueur produit le même effet que les alcalis.
Le sang fraîchement déposé sur une étoffe blancheest d’une couleur rouge vif, et très reconnaissable. Peuà peu il perd cette couleur et devient d’une teinte rougerabattu ou rouille qu’il conserve longtemps. Dans cesdeux états, le sang sc mêle, en toute proportion, avecl’eau pure qui le dissout entièrement.
Les décoctions d’herbes, de café, de thé, le chocolatà l’eau et au lait ; les sirops, les confitures, les sucs demures, de cassis, de merises; les liqueurs spiritucusos,l’absinthe verte, colorée par une teinture d’indigo et desafran; les huiles de rose ou autres, qui sont coloréespar la cochenille, etc.; le ratafia composé de merises,de sucre et d’alcool; le punch; le vin composé d’alcoolet d’acide, la bière, le cidre , le poiré, et presquetous les composés d’herbes ou de fruits alimentairesforment des taches très reconnaissables par leurscouleurs propres, et qui masquent seulement celles desétoffes
L’encre à écrire, formée ordinairement d’une infu-sion de noix de galle, de gomme ou de gélatine, et desulfate de 1er (voyez encre), attaque certaines cou-leurs en les teignant en noir plus ou moins intense.
La rouille, qui n’est autre chose que du fer plus oumoins oxydé, se fixe facilement sur les tissus, et avecune telle adhésion, qu’aucun moyen mécanique ne sau-rait la séparer. Les étoffes de lin, de chanvre et de co-ton sont les plus sujettes à prendre la rouille, parcequ’étant plus faciles à être mouillées, elles ont ainsiplus d’allinité pour le fer lorsqu’il passe à l’état dorouille ou d'oxycie. C’est pour cette raison qu'il convientde bien garantir ces étoffes du contact du 1er.
Le cambouis, qui est un mélange de vieille graisse etd’oxyde de fer avec d’autres substances, que nous étu-dierons à l’article graisse de voiture, masque etaffecte légèrement la couleur d’étoffe qui prend uneteinte plus foncée et moins vive.
Les boues des grandes villes et des routes très fré-quentées, celles des fossés, des égouts, ruisseaux, mareset étangs, dans certaines localités, produisent très sou-vent le même effet que la rouille et les cambouis; eneffet, elles sont sujettes à retenir des terres colorées,des débris de matières végétales, animales et ferrugi-neuses ; et dans ces divers cas, elles prennent des nuan-ces très variées qui forment sur les étoffes des tachesdiversement colorées.
La suie, les dégouttures de tuyaux de poêle et prin-cipalement la fumée, déposent sur les étoffes une teintejaune-verdâtre, souvent très brune, due à de l’acidepyroligneux qui est un véritable vinaigre, lequel tienten dissolution plusieurs sels, une substance résineuse,et de l’oxydo de fer qui adhère fortement au tissu.
Les corps huileux et gras donnent d’abord aux cou-leurs de l’étoffe sur laquelle ils sont posés des nuancesplus foncées; ils s’étendent beaucoup pendant plusieursjours, surtout quand ils sont soumis à l’action do lachaleur. L’huile d’éclairage épurée altère souvent lescouleurs à cause de l’acide sulfurique qu’elle contienttoujours ou presque toujours.
Les corps gras attirent et retiennent fortement lapoussière que le simple frottement de la brosse ne sau-rait enlever; dans cet état, les taches prennent indis-tinctement une nuance gris sale qui tranche avec cellede l’étoffe. Le beurre, le bouillon, la sauce de nos ali-ments qui retiennent toujours une certaine quantité decorps gras, produisent sur les tissus des effets analo-gues, quoique à un degré bien moindre.
Le vernis, la peinture à l’huile cuite, l’encre grassed’imprimerie, la cire, la bougie stéarique, les résines,le bitume, le goudron, la poix jaune, sont très faciles à
distinguer. Ces substances, d’ailleurs, ne font que cou-vrir et adhérer plus ou moins avec l’étoffe en se figeantsur elles ; cet effet à presque toujours lieu ainsi, car ecsproduits tombent ordinairement sur l’étoffe sans êtreliquides, mais dans un premier degré de fusion et desolidité.
SUBSTANCES ET REACTIFS COSVEN USEES I’OUKenlever les tacues (I). — L’eau pure , froide ouchaude, ou saturée d’acides est destinée à laver ou rincerles étoffes, afin de les débarrasser de tous les corpsétrangers et neutres qui couvrent la couleur (voyezblanchissage).
La vapeur d'eau , qui a la propriété d’amollir les ma-tières grasses et de faciliter ainsi leur dissolution parles réactifs.
L’acide sulfurique qui peut être employé dans certainscas, particulièrement pour aviver et rehausser les cou-leurs verte, rouge, jaune, etc.; mais il faut l'étendreau moins de cent fois son poids d'eau et augmentercette dose suivant la délicatesse des nuances.
L’acide hydro-chlorique. On s’en sert avec succèspour enlever les taches d’cncre et de rouille sur unegrande quantité de couleurs qu’il n’altère pas sensible-ment.
L’acide sulfureux. Il ne s’emploie que pour blanchirles étoffes non teintes, les chapeaux de paille, etc., etpour enlever les taches de certains fruits sur des étof-fes de laine ou de soie blanche; on se sert aussi, pourcet objet, du gaz sulfureux, mais l'acide sulfureux li-quide est moins dangereux.
L’acide oxalique. Son emploi est d’enlever les tachesde rouille, d’encre et celles produites par les dissolu-tions ferrugineuses, ainsi (pie le reste de la tache decambouis ou de boue qui a résisté au dégraissage par lesautres agents. On peut aussi l’employer pour détruireles taches de fruits et de sucs astringents, les tachesde l’urine qui a vieilli sur une étoffe, etc. Toutefois onne peut s’en servir que sur les tissus non teints, car ilattaque les couleurs faux teint, et les nuances bon teintet claires. La meilleure manière de l’employer est de ledissoudre dans l’eau froide, quelquefois dans l’eau tiède,et do le laisser reposer un instant sur la tache avantde la frotter avec la main.
L'acide citrique est destiné à faire revivre et rehaussercertaines couleurs, particulièrement le vert et le jaune ;il détruit l’influence des alcalis, et les rosures sur l’é-carlate (2).
A son défaut, l'acide acétique (ou vinaigre rectifié),peut être employé.
L’alcali volatil (ou ammoniaque liquide ). C’est l’a-gent le plus énergique et le plus utile que l’on puisseemployer pour dégraisser les étoffes, les chapeaux desoie et pour neutraliser promptement les effets desacides; dans ce dernier cas, il suffit souvent d’exposerles taches à la vapeur de cet alcali qui les fait dispa-rai tre entièrement. Tous les fripiers s’en servent jour-nellement pour dégraisser et remettre à neuf les vieuxhabits.
L’ammoniaque fait tourner au violet toutes les cou-leurs faites à la cochenille, avec le bois de Brésil ou deCampêche, à la laque et montées à la cochenille. Il nodétériore pas les étoffes de soie, mais il attaque sensi-blement les étoffes de laine à une température élevée.
On s’en sert aussi pour rétablir la couleur noire surla soie qui a été endommagée par l’humidité.
La soude et la potasse ne sont employées que pour
(T) il est bien entendu que tous les réactifs, à l'exceptiondes huiles essentielles, doivent être étendus d’une suffisante(jiuuuiié d’eau, afin que leur action ne soit pas trop énergique sur les tissus, et no puisse endommager l’etolîV ou lucouleur.
(2) Ku leinlure on désigne par rosures les ici nies nu l .;elu ,s -! muges, cramoisies ou hleuâlres que prend l>Vnr/aL-.