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DESINFECTION.

DESINFECTION.

on ne tire aucun parti des urines et on les jette commematières sans valeur ; dans d’autres enfin, on négligeles urines et les matières solides, tandis qu’on devraitrecueillir le tout avec soin, en appliquant le dire de cetalchimiste, quelque temps après la découverte du phos-phore : Que si on savait tout ce que contient l’urine , onn’en perdrai/ pas une seule goutte. C’est surtout pourParis que cette indifférence mérite d’être vivementblâmée. Le tiers des urines ou eaux-vannes est distillésur de la chaux pour en extraire l’ammoniaque qu’onutilise à la fabrication du sulfate de cette base, et lesdeux autres tiers après avoir séjourné au moins uneannée dans de vastes bassins sont, avec le résidu li-quide de la distillation, lâchés dans la Seine . On voitqu’il y a un immense progrès à réaliser, et que desbarbares auraient probablement beaucoup mieux faitque nous.

Nous avons dit que les excréments d’un homme, pen-dant une année, renferment 8 k ,43 d'azete, quantitésuffisante, d’après M. Boussingault, pour fournir l’azotenécessaire à la production de 400 kil. de froment, deseigle ou d’avoine, et à celle de 450 kil. d’orge. « C’est-à-dire que ees excréments peuvent fertiliser pendantune année la culture d’un terrain de 20 ares et assurerune récolte abondante. En utilisant tous les excrémentshumains, les cendres de bois, de tourbe, les matièresvégétales et animales, on pourrait se passer, sinon en-tièrement, du moins en grande partie du fumier des bes-tiaux. Ce résultat, qui rendrait libres les combinaisonsde l’agriculture serait fort important, car il résoudraitl’une des questions les plus difficiles, en dispensant lecultivateur de l’entretien d'un bétail nombreux, dansles localités où les fourrages sont rares, et où lesterres peuvent être employées plus utilement à produireles aliments nécessaires à une population nombreuse. »(Communication deM. Schattenmann au comice agri-cole de Bouxvillers. Extrait du Moniteur industriel du29 décembre 4844 )

Nous croyons que M. Schattenmann aurait bien faitd’insister aussi sur les phosphates contenus dans lesexcréments humains, car iis jouent certainement aussiun rfde important dans la végétation.

Citons encore quelques faits d’après M. Sehatten-mann. Deux litres de matières, désinfectées et saturéespar le sulfate de fer, marquant 2 degrés Beaumé suffi-sent pour fumer un mètre carré ou un centiare de pré,et un litre seulement pour un mètre carré de froment,d’orge ou d’avoine. En en mettant une plus grandequantité sur les céréales, leur végétation est trop forte,elles donnent plus de paille et moins de grain. Ces ma-tières peuvent être employées par fumer les plantes po-tagères, le chanvre, le tabac et le lin ; mais elles neproduisent aucun effet sur le trèfle et la luzerne.

Enfin les urines désinfectées peuvent aussi servir à lafabrication des produits ammoniacaux en les traitantpar la chaux vive; seulement, l'alcali volatil étant fixépar l’acide sulfurique, il faudra plus de chaleur et plusde chaux pour parvenir à le chasser entièrement.

Nous avons dit qu’à cause de son bas prix le sulfatede fer se prêtait très bien à la désinfection des matièresfécales. Ce sulfate se vend à Paris , au dépôt des usinesvitrioliques de l’Aisne et de l’Oise , au prix de 8 fr. les4 00 kil., en qualité inférieure, il est vrai, mais bien con-venable pourl'emploi en question. Nous pensonsquepourles localités assez rapprochées des mines de cendres py-riteuses, ccs cendres pourraient bien être employées ennature, après avoir été effleuries à i’air; les lignitesauxquels elles se trouvent mélangées agiraient commede la poudre de charbon ; il suflirait d’y ajouter un peude chaux ou même de craie, le carbonate de chaux eneffet délayé dans l’eau avec les cendres pyriteuses ef-fleuries neutraliserait l’acide en excès et il ne resteraiten dissolution que des sels neutres. Ce que nous disons

des cendres pyriteuses s’applique tout aussi bien ausulfate de fer lui-même, et nous en recommandonsl’emploi à ceux qui s’occupent de désinfection (1).

Bien que nous ayons indiqué le procédé qui, suivantnous, l'emporte sur tous les autres, nous ne devons paspasser sous silence dans la discussion de cette questionles autres moyens proposés qui ont plus ou moins ap-proché du but.

Vers 1885, M. Salmon eut l’idée d’appliquer les pro-priétés désinfectantes des charbons à la vidange desfosses d’aisance, du moins en ce qui concerne les par-ties solides.

Avant de parler de ce procédé, disons d’abord queM. Salmon fabriquait, depuis 4826, une poudre désin-fectante en calcinant dans des cylindres de fonte, lavase ou la bouc provenant des rivières, étangs ou fosséset qui renferment naturellement assez de substancesorganiques pour former une poudre noire absorbanteet désinfectante au degré convenable. Toute matièrerenfermant du carbone, et les substances organiséessont toutes dans ce cas, peut être employée au mêmeusage : tels sont les débris de tourbe, la sciure de bois, letan, etc. Il s’est assuré par un travail en grand qu'enmêlant une terre argileuse avec le dixième de son poidsd’une matière organique quelconque, de matière fécalepar exemple, et calcinant le tout on obtient un mélangepropre à fournir un excellent charbon qui, soumis àune pulvérisation, au moyen de cylindres cannelés, etbluté, convient bien à la désinfection.

C’est en se basant sur les propriétés de cette poudre,que M. Salmon songea à l’employer pour enlever auxmatières fécales leur odeur, et les convertir en une ma-tière pulvérulente, inodore, et par conséquent facile àextraire des fosses. Les essais qu’il a tentés, à cet effet,ont parfaitement réussi. Pour obtenir cette désinfection,il faut mêler un hectolitre de poudre avec un hectolitrede matière fécale. Dès que le mélange est opéré, touteodeur fétide disparaît. Nous pouvons citer à l’appui decette désinfection complète et persistante, un fait assezcurieux : M. Darcet ayant assisté à la vidange d’unefosse par le procédé Salmon, emporta une petite quan-tité de la matière désinfectée ; en rentrant chez lui, illa fit placer dans une assiette qu’on présenta dans sonsalon où il y avait compagnie; aucun des assistants neput deviner quelle était la matière que l’on faisait cir-culer ainsi en grande pompe.

Par l’emploi de ce procédé, la matière organiquedésinfectée est convertie immédiatement en un engraistrès actif et des moins désagréables à employer. Un desavantages que nous devons signaler c’est que cette ma-tière est presque sèche et pulvérulente et d’un transporttrès facile. Malgré les bons résultats de ce procédé iln'a jamais été appliqué d’une manière régulière à Paris ,Il est incontestable que la désinfection permanente desfosses, au moyeu des sels métalliques, laisse derrière ellele procédé Salmon, qui ne s’appliquait nullement auxeaux-vannes ; cependant il peut se présenter des circon-stances où il rendrait de véritables services.

Nous devons aussi signaler un mémoire présenté parM. Dcrosnc, il y a douze ans, à la Société d’encourage-ment; son procédé consiste à séparer immédiatementdans les fosses les parties solides des liquides ; à désin-fecter sur-le-champ les matières fécales solides, en mé-langeant périodiquement, chaque fois qu’on est obligéd’aller aux aisances, une poudre désinfectante analo-gue à celle de M. Salmon, et aussi d’empêcher la pu-tréfaction des urines, par l’addition d’une solution de

(I) En effet ce qui rend acide le sulfate de protoxyde defer (couperose verte) c’est la présence d’une certaine quar.titéde sulfate de peroxyde qui ne peut exister sans cet excèsd’acide. En saturant l’acide par une base ou un carbonate,le sel de peroxyde de fer se dépose à i’état basique et le sul-fate de protoxyde reste à l’elat neutre.

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