DESSIN INDUSTRIEL.
DESSIN INDUSTRIEL.
cLlorure de chaux ou d’acide sulfurique étendu d’eau.M. Derosne traite ensuite les matières fécales ainsi dés-infectées, pour les rendre propres à servir d’engrais.
Nous devons encore mentionner le procédé deMM. lluguin et compagnie, qui emploient des appareilspropres à opérer la séparation des solides et des liqui-des de manière à désinfecter les premiers et à rendreles seconds impropres à se putréfier. Leur système secompose d’un appareil de séparation au moyen duquelles matières sont retenues dans un vase métallique etles urines reçues dans des réservoirs entièrement closd’où on les extrait à l’aide d’une pompe.
L’appareil de séparation se compose de deux cylin-dres dont le diamètre diffère d’environ 3 centimètreset qui sont placés l’un dans l’autre. Le cylindre inté-rieur criblé de trous à son fond et sur ses parois, retientles matières solides; les liquides s’en échappent parl’espace réservé entre les deux cylindres et tombentdans le fond du vase extérieur d’où ils sont conduitsdans le réservoir par un tuyau en tôle galvanisée.
Le tuyau de chute amenant les déjections s’adapte aucylindre intérieur de l’appareil de séparation au moyend’un manchon mobile qu’on relève lorsqu’il faut viderl’appareil. A ce moment, on place sur l’appareil un cou-vercle qui le ferme hermétiquement et sur lequel appuieune barre de fer.
Le réservoir qui reçoit les eaux-vannes est construitsuivant l’exigence des localités, soit en bois de chênedoublé de plomb, soit en pierre meulière. On le vide àl’aide d’une pompe portative aspirante et foulante surlaquelle est adapté un tuyau qui conduit ces eaux-van-nes dans une caisse en tôle établie sur une voiture ser-vant aies transporter. Dans le dallage qui recouvre leréservoir est pratiquée une ouverture, ou trou d’hommefermé par un couvercle aussi en tôle galvanisée garnid’une barre de fermeture et d’un cadenas.
Avant l’enlèvement des eaux-vannes du réservoir oufosse auquel MM. Huguin et compagnie ne donnentgénéralement qu’une capacité de 2400 litres, on y in-troduit par l’ouverture dont nous avons parlé tout àl’heure la liqueur désinfectante, par exemple du sulfatede fer, et on agite pendant quelque temps au moyen d’unbâton. Alors on extrait au moyen de la pompe, et decette manière on peut enlever 20 hectolitres d’eaux-van-nes en un quart d’heure.
Les matières solides sont converties en poudrettesoit au moyen d’un mélange que MM. lluguin et com-pagnie n’indiquent pas, soit par la poudre Salmon, quiles dessèche et désinfecte en même temps.
Voilà en définitive plus de procédés qu’il n’en fautpour arriver au desideratum. Désormais si les inconvé-nients graves que nous avons signalés plus haut se per-pétuent , on saura pertinemment que ce n’est pas lascience qu’il faut accuser d’impuissance, mais bienl’autorité d’incurie. a. mallet.
DESSIN INDUSTRIEL. Relativement au travail in-dustriel le dessin comprend deux choses : l u Le moyend’obtenir le tracé des objets que l’on veut exécuter pardes opérations manuelles ou mécaniques , tel est spé-cialement l’objet du dessin linéaire, application de lascience que Monge a formulée sons le nom de Géomé-trie descriptive; 2° la représentation des ornements,figures diverses qui constituent l’apparence extérieuredes objets reproduits par le travail industriel, partie quiest à proprement parler le moyen de l’application desbeaux-arts à l’industrie.
Il serait inutile de s’appesantir sur l’origine des artsdu dessin aussi anciens que les sociétés humaines, et surlaquelle les auteurs de l’antiquité ne rapportent que destraditions pour le moins fort douteuses. Ainsi, suivantPline (livre XXXI, chap. 12), les Grecs attribuaient ladécouverte du dessin à Dibutade, potier de terre sicyo-nien, grâce toutefois à sa fille : car celle-ci, étant
amoureuse d’un jeune homme qui partait pour un longvoyage, traça le pourtour de l’ombre du profil de sonamant sur une muraille à ia lueur d’une lampe. Sonpère, sur ce même dessin, plaqua de l’argile, et exécutal’image en relief sur le dessin tracé (1).
Nous ne nous occuperons pas dans cet article de cequi est du domaine soit de la géométrie descriptive, soitdes beaux-arts. Nous voulons seulement y relater lesméthodes pratiques de l’exécution matérielle et passeren revue le grand nombre de procédés existant aujour-d’hui, qui tendent à diminuer le travail d’exécution dansles arts, et aident ainsi l'invention de l’esprit.
N’est-ce pas à la promptitude et à la facilité de re-produire mécaniquement, et économiquement surtout,les dessins des artistes distingués, que certaines fabri-ques doivent une partie de leurs succès, nos plus ha-biles ouvriers leur supériorité et leur bien-être, et noschefs d’industrie leur gloire et leur réputation ? Et quine voit pas autour de soi les produits remarquables desindustries que l’art et la mécanique ont déjà envahi? quin’a pas admiré, par exemple, les belles impressions surétoffes à l’aide de la mécanique?
Dessin linéaire. Nous traiterons à l’article Géométriedescriptive des méthodes de représentation des objetspar la méthode dos projections et chercherons à en fairesentir l'importance. Quant à l’exécution matérielle dudessin linéaire, s’exécutant à l’aide de la règle et ducompas, il peut toujours être fait convenablement partoute personne qui voudra s’y exercer suffisammentavec l’application convenable.
Tour dessiner sur le papier, il faut :
Une règle en bois dur de 40 centimètres.
Une équerre en bois dur de 20 centimètres sur 10centimètres.
Un double décimètre.
Un tire-ligne (U peut être remplacé par une plumabien taillée en fin).
Un compas à 3 fins, de 10 centimètres.
Un crayon do mine de plomb.
Un morceau de gomme élastique.
Un morceau d’encre de Chine.
Vous exécuterez les tracés d’abord au crayon et lé-gèrement, puis, vous les mettrez à l’encre, en suivantexactement les traits du crayon; enfin vous effacerezavec la gomme, les parties de ces traits que vous n’au-rez pas dû couvrir d’encre.
C’est aussi en frottant le papier avec la gomme qu’onle nettoie, quand la feuille de dessin est terminée. Sicette gomme se trouve trop dure pour bien enlever lecrayon ou les souillures, on l’amollit, soit en la chauf-fant, soit en la pétrissant entre les doigts.
Taillez le crayon en biseau pour qu’il casse moinssouvent, et qu’il produise des lignes très fines.
Marquez légèrement avec une pointe de crayon ou decompas les points que vous devrez unir par un trait aucrayon.
Pour préparer l’encre, vous mettrez dans une sou-coupe trois on quatre gouttes d’eau, et vous frotterezle morceau d’encre de Chine sur le fond du vase, jus-qu’au moment où il formera un sillon qui permetted’apercevoir le fond ; alors seulement l’encre sera suffi-samment noire.
Vous mettrez l’encre entre les lèvres du tire-ligne,au moyen d’une plume, après avoir desserré la vis quiunit ces lèvres. Quand vous aurez introduit trois ouquatre plumées d’encre, vous resserrerez la vis et vous
(l) Ce moyen de dessiner a été popularisé de nos jourspour faire des portraits dits à la silhouette. Suivant Mer-cier (Tableau de Paris, tom. l ff ), « c’est M. de Silhouette,contrôleur général des finances sous Louis XV , qui a donnéson nom à ce genre de peinture. Les portraits à la silhouettefurent des images tirées de profil sur du papier noir, d’aprèsl’ombre de la chandelle sur une feuille de papier blanc. *