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DESSIN INDUSTRIEL.

DESSIN INDUSTRIEL.

essaierez l’instrument sur un morceau de papier, pourvoir si les lignes qu’il tracera sont trop grosses ou troplinos.

Lorsqu’un tire-ligne, qui contient de l’encre, et quin’est pas trop serré, vient à ne pouvoir plus marquer,il faut le passer légèrement sur le doigt, pour enleverl'encrc sèche qui se trouve à l’extrémité du bec.

Le grand tire-ligne doit être tenu presque d'aplomb ;vous le pencherez seulement un peu vers la droite , enl’appuyant contre l’arête supérieure de la règle. Cetterègle est conséquemment placée à une petite distancedu trait au crayon qu’il s’agit de mettre à l’encre.

Le tire-ligne du compas doit avoir, en tournant, lamême position que l’autre. Vous aurez soin de ne pastrop appuyer sur la ‘pointe sèche qui reste fixe; autre-ment vous perceriez le papier.

Dès que vous n’aurez plus à vous servir d’un tire-ligne, vous l’essuierez en dedans avec soin pour pré-venir la rouille. On peut toujours éviter de mettre del’encre en dehors ; mais lorsqu’il y en a, il faut l’en-lever, après l’avoir mouillée un peu, si elle est sèche,

Un dessin dépourvu d’explication doit se faire com-prendre par lui-même. Pour qu’il en soit ainsi :

Les lignes données, droites ou courbes, sont très lineset continues, comme celle-ci : -

Les lignes de résultat , droites ou courbes, sont un peupeu moins fines et continues, comme celle-ci :

Les lignes de construction, c’est-à-dire toutes lesautres, droites ou courbes, sont très fines et coupéespar des intervalles, comme celle-ci : — — — —

Lorsqu’elles se trouvent en grand, on distinguecelle d’une opération de celle d’une autre, en mettantun, deux, trois points dans les intervalles.

Exemples:—. ——.. —..; —... — ...—

I„es parties d’une ligne coupée doivent être à peuprès égales entre elles; les intervalles blancs doiventêtre très petits et aussi à peu près égaux entre eux.

Il importe de s’exercer beaucoup au tracé de ces dif-férentes sortes de lignes, soit avec le grand tire-ligneou la plume, soit avec le compas ; c’est le seul moyende parvenir promptement à dessiner vite et bien.

{Extrait du Cours de géométrie appliquée par Bergery.)

Dessin artistique et d’ornement. Ce genre de dessinexige pour être fait d’une manière remarquable une dis-position naturelle, mais l’étude peut enseigner aie faired’une manière convenable. Toutefois nous pensonsqu’on ne suit pas dans son enseignement la marche laplus sûre. L’élève devrait toujours commencer par l’é-tude du dessin linéaire, c’est-à-dire fait à la règle et aucompas ; se familiarisant parl’étude de ce dessin avec lareprésentation exacte des corps, il pourrait passer bien-tôt par un progrès naturel à l’exécution, à main levée,des objets.

En général, les maîtres de dessin ne permettent pasaux élèves d’employer les procédés géométriques. 11vaut mieux, disent-ils, accoutumer son œil à voir lanature avec justesse, et raisonner sur les effets qu’elleproduit. Mais cette méthode offre l'inconvénient bien{dus grave de ne pas assurer l’élève de la rectitude deson œil qui voit toujours mal, et de sa main qui hésiteet tremble, en formant les contours de l’esquisse.

A notre avis, pour parvenir à dessiner fidèlement etsûrement un objet quelconque, il faut absolument avoirfait usage des instruments graphiques ; alors disparais-sent cette défiance et cette incertitude, qui, dans les pre-miers essais du dessin artistique, se décèlent par l’hési-tation et le tremblement du crayon.

Ces principes se rapprochent beaucoup d’une mé-thode d’enseignement fort ingénieuse que nous croyonsdevoir rapporter. C’est la Manière d’apprendre à dessinersans maître (extrait d’Eudoxe par M. Deleuze), ceuxqui en feront usage pourront l’apprécier, comme elle lamérite.

« Tous les artistes s’accordent à dire que lorsqu’onsait dessiner la figure, on réussit dans les autres genresde dessin avec une certaine facilité. Cela est vrai, parcequ’en dessinant la figure on s’accoutume à la précisionqui est l’âme du dessin. Mais il est un moyen plus sûret plus facile d’acquérir cette indispensable qualité,c’est en s’occupant d’abord uniquement du dessin autrait.

« Les formes des objets visibles sont déterminées pardes lignes droites, diversement inclinées, et par des li-gnes courbes. C’est donc à tracer régulièrement ceslignes et à les placer dans leur inclinaison que consistel’art du dessin au trait.

« Ayez une toile ou une planche peinte en noir, ouplutôt une ardoise de 1 mètre de hauteur et de mêmelargeur, et servez-vous d’un crayon blanc; sur l’ar-doise le meilleur est l’espèce de stéatite, vulgairementappelée craie de Briançon . Il serait néanmoins plus commode de faire ces essais sur une feuille de corne légère-ment dépolie (1), en la frottant avec de la pierre ponceen poudre ou avec de la prêle. La transparence decette feuille permet de comparer en un moment ledessin avec le modèle ; il suffit de placer la feuille decorne sur ce que l’on aurait copié. Si l’on se sertd’encre dans laquelle on a fait fondre du sucre, elles’efface très aisément avec une éponge mouillée, et lamême corne peut toujours servir. Je crois qu’on pourraitemployer de même le crayon ordinaire; on le pourraitbien certainement en se servant d'une feuille de verre,qu’on aurait légèrement dépolie en la frottant avec dusablon. Il suffirait même d’appliquer sur le verre unecouche de blanc d’œuf, le crayon de sanguine marquetrès bien sur cet enduit. A l’aide d’une règle, tracezsur une planche semblable, une ligne horizontale;voilà votre premier modèle : ensuite, toujours avec larègle et le crayon, divisez régulièrement cette ligne parquatre ou cinq perpendiculaires, et copiez ce secondmodèle jusqu’à ce que votre main soit assez exercéepour tracer rapidement l’horizontale et les verticalesaussi régulièrement qu’avec la règle et l’équerre. Vousréussirez au bout de quelques jours. Alors tracez survotre planche-modèle un angle, puis d’autres plus oumoins aigus, et copiez-les de même, vous accoutume-rez ainsi votre œil à juger de l’inclinaison des ligneset de la grandeur des angles. Je n’ai pas besoin de direque pour corriger vous aurez recours à la règle et aucrayon; ce sont là vos uniques maîtres. Des anglespassez aux divers triangles par le même procédé, et toutsera fini pour les lignes droites. Maintenant viennentles lignes courbes : commencez par le cercle, que vousdessinerez jusqu’à ce que votre main soit assez sûrepour le décrire d’un trait, et placez un point au centredelà, passez aux diverses courbes, enfin à des figuresde géométrie compliquées dont vous trouverez des mo-dèles dans tous les ouvrages de géométrie (2).

« Lorsque vous aurez acquis cette justesse de coupd’œil et cette sûreté de la main qui vous fait tracer desfigures sans instruments, et à peu près comme avecleur secours, vuus en saurez déjà plus que si vous eus^

(1) L’emploi d’uneglace polie, sur laquelle on dcssineavecun crayon lithographique, nous parait remplir le même butd’une manière beaucoup pins avantageuse.

(2) Un trouve d’excellents modèles en ce genre,

A° Dans le Cours de dessin publié par Bonilaee, d’aprèsla méthode de Pestallozzi ;

2° Dans le cours de dessin linéaire, par M. Francœur;

5» Dans les principes de dessin linéaire, par M. Bouillon ;

4o Dans le dessin linéaire des demoiselles, par Lamotte;

Dans l’abrégé de géométrie pratique, par les frères dela doctrine chrétienne;

(;o Dans les tableaux de dessin linéaire, par Pompée ;

7« Dans le cours de dessin linéaire appliqué au dessin desmachines, par Armeugaud;

K® Dans les éléments de dessin, par Lepage, etc.