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DESSIN INDUSTRIEL.

DESSIN INDUSTRIEL.

siez passé deux ans dans une académie. Vous n’éprou-verez aucune difficulté à copier des dessins d’architec-ture, etc. Voila les premiers principes; il est temps devenir à l’application. Jusqu’ici vous n’avez imité quedes images tracées sur une surface plane, il faut accou-tumer votre œil à saisir les contours des objets mêmes.Choisissez pour cela les formes les plus simples, cellesdes vases par exemple, dont vous ne considérer que lesprincipaux contours.

« Vous ne pourrez plus alors vous servir du compaspour rectifier vos erreurs ; mais en choisissant pourmodèle les objets d’une forme régulière, vous recon-naîtrez aisément si vous avez bien saisi les contours.

« Arrangez sur une table quelques objets d'une formegéométrique, tels qu’une pyramide, une sphère, unprisme, un cube, éclnircz-Ies d’une bougie. Vous savezque la distance, la position de la lumière étant donnée,vous obtiendrez, par des moyens géométriques, le con-tour des images et celui des ombres portées. Dessincz-les d’après ces principes, et comparez les dessins aveccelui que vous avez fait à la vue. Quand vous serez sûrque vous aurez acquis une extrême justesse dans lecoup d’œil, vous passerez au dessin de la figure. Poury réussir, commencez par dessiner l’écorché ; ce sontdes dessins dans lesquels les ligures humaines sont dé-pouillées de l’épiderme. Joignez-y quelques notions deperspective, que vous pourrez puiser dans les manuelsspéciaux (!), ainsi que la théorie des proportions. Voustrouverez sur ce dernier sujet toutes les instructions né-cessaires dans le petit traité de Jean Cousin (2). Il vousapprendra même à dessiner les raccourcis sur des prin-cipes certains. Munis de ces notions préliminaires,travaillez d’après la bosse, en commençant par les fi-gures les moins difficiles. Vou3 pourrez, comme jel’ai dit, corriger vos ouvrages à l’aide du carreau ; in-sensiblement, et peut-être en moins de temps que vousne vous l’imaginez, vous réussirez à dessiner une figurecorrectement et sans tâtonner. Parvenu à ce point,vous avez encore une faculté à exercer ; c’est la mé-moire, caril faut que le dessinateur s’accoutume à com-parer le souvenir des objets qu’il a vus.

« Prenez une bosse quelconque pour modèle, dessi-nez-là sur votre ardoise au simple trait, mais avec laplus scrupuleuse exactitude. Votre dessin fini, effacezet dessinez une seconde, une troisième fois et à chaquefois, cherchez à retrouver dans votre mémoire le traitque vous avez dessiné précédemment. Lorsque vousvous apercevez que vous savez la figure à peu près parcœur, couvrez-là d’uu voile et dessinez-là de mémoire;vous ne réussirez pas la première fois, mais il fautfaire des efforts et finir bien ou irai (3). Le trait achevé,revenez à votre modèle, et corrigez d’après lui votredessiu. Recommencez cet exercice, jusqu’à ce que voussoyez en état de dessiner cette figure de mémoire commeen la voyant. Choisissez d’autres bosses, et continuezde la même manière; vous serez étonné de trouver aubout de quelque temps que vous savez par cœur ceque vous avez dessiné une seule fois ; vous arriverezmême bientôt à étudier une figure sans crayon, et à ladessiner le lendemain de souvenir. »

« Jusqu’à présent, vous n’avez dessiné qu’un simpletrait, c’est l’essentiel, mais cela ne suffit pas. Les le-çons d’un maître vous seront très utiles pour apprendrel’art de placer les ombres, et de donner de l’effet à vosouvrages. Votre œil exercé ne tardera pas à saisir la

(f) Voir les Traités de perspectives de Thibault, Chapuis,Valenciennes, Thénot.

(2) Pans ce cas, les méthodes de M. Dupuis offrent unimmense avantage en procédant du simple au composé, cequi facilite et assure les progrès de l’élève.

(5) C’est sur le même principe qu’est fondée la méthodeTirpenne pour laquelle l'auteur a pris un brevet d’inven-tion.

différence des teintes et la dégration des lumières, etvous les rendrez avec facilité. Pour aller plus vite, des-sinez sur le papier gris, où il suffit d’un peu de blancet de noir pour exprimer les lumières et les ombres;apprenez ensuite le lavis, mais laissez là la peinture àl’huile. Si vous en faisiez un amusement, vos ouvragesseraient au-dessous du médiocre : si vous vouliez éga-ler les moiudres artistes,il vous faudrait sacrifier beau-coup de temps. Je suis persuadé qu’au bout d’un an, entravaillant trois heures par jour, vous serez assez fortpour dessiner toutes sortes d’objets d’histoire naturelle,fleurs, animaux, objets de mécanique et même despaysages dans lesquels les arbres n’auront pas cetteélégance de feuille qu’on remarque dans ceux des pein-tres, mais où les têtes seront bien rendues. Vous pour-rez dessiner de meme des costumes, des attitudes, votreœil et votre main seront exercés, et en copiant des fi-gures antiques, vous aurez acquis ce tact qui fait disti liguer le beau. »

DIVERSES MANIÈRES DE CALQUER.

Une des opérations les plus fréquentes dans la pra-tique des arts du dessin, et pour laquelle le plus de pro-cédés ont été inventés, est celle qui consiste dans lareproduction d’un dessin.

Pour copier des dessins, et obtenir des copies égaleset semblables, on emploie :

Le calqueà l’aide de la vitre ou sur la vitre elle-même.

Le calque sur du papier frotté de sanguine ou de minede plomb, sur de la gaze ou des feuilles de papier trans-parentes, voire même sur du parchemin rendu trans-parent par une lessive alcaline.

Le papier piqué dit ponds.

Les patrons découpés ou imprimures.

Calque à l'aide d’une vitre ordinaire. On commencepar appliquer l’une sur Tautre la feuille de papier quiporte le dessin, et celle sur laquelle on veut le repro-duire, en ayant soin de les bien juxta-poser et de lesfixer avec des pains à cacheter, de la colle à bouche oude la cire molle, afin d’éviter tout dérangement. Cesprécautions prises, on pose les deux feuilles de papiersur le carreau d’une croisée, et on suit avec un crayonquelconque tous les contours du dessin vu par transpa-rence. Mais cette manière est très fatigante et très su-jette à altérer la rectitude des traits, à cause du frotte-ment de la main qui tiraille et dérange toujours lepapier sur lequel on dessine.

La vitre peut encore être posée horizontalement, soitsur une table qui a une ouverture plus petite que laglace, soit sur 2 tréteaux en bois, soit enfin sur un mé-tier à broder. Dans ce dernier cas, on met une bou-gie ou lampe dessous la vitre, afin d’éclairer le dessin,Sénéfelder a décrit, dans son Traité de lithographie,page 109 , un autre moyen de calquer le dessin à l’aidede la vitre placée horizontalement.

On place, dit-il, sous le verre une glace inclinéequi rejette d’en bas et par derrière le jour sur le dessin.On doit former par le haut une ombre légère qui, frap-pant un peu sur le haut du dessin, fait que le jour quis’insinue par derrière a plus d’effet.

Le calque à la vitre présente ce grand avantage qu’onpeut copier le dessin dans le sens inverse ; pour cela,il suffit de mettre le dessin en contact avec la glace, etd’appliquer dessus le papier à dessiner. C’est à l’aidede ce procédé que les graveurs et les lithographes peu-vent copier ou lever un dessin quelconque pour letransporter ensuite sur la planche matrice.

Calque au moyen du papier transparent ou de la géla-tine. Généralement on se sert pour calquer les dessinsdes différents papiers transparents qu’on achète toutpréparés chez les marchands de couleurs et de fourni-tures d’articles de peinture. Mais nous oserons com-battre, par des observations directes et concluantes, cet