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DESSIN INDUSTRIEL.

DESSIN INDUSTRIEL.

usage vicieux relativement aux inconvénients que pré-sentent tous les papiers transparents du commerceen général.

Le papier huilé n’est pas assez transparent pour lais-ser apercevoir les traits déliés au travers de son tissu ;il jaunit au bout de peu de temps, et tache souvent lesdessins et les tissus sur lesquels on l’applique.

Le papier gélatine est très transparent, d’une petitedimension, et d’un prix de vente élevé, il se racoquilleet se casse facilement par la sécheresse, voire même aucontact de la main ; il s’allonge et s’étend par l’cfTet del’humidité.

Le papier verni a la transparence du papier gélatinequand il est nouveau, mais il est sec, cassant, et il jau-nit beaucoup avec le temps, graisse et tache souvent lesdessins lorsqu’il est exposé à une température élevée.

Le papier végétal est le seul qu’on puisse employeravec sûreté et économie; il est sans odeur, ne jaunit ja-mais, et il ne peut tacher ni les dessins, ni les étoffesavec lesquelles il est en contact ; mais il est peu trans-parent, d’un prix assez élevé, il gode facilement etprésente ainsi des difficultés pour tracer les traits àl’encre et au pinceau.

De tous ces faits, on peut conclure que le calqueau moyen des papiers transparents et de la gélatine estbeaucoup plus coûteux et plus difficile à employer quele calque à la vitre, et nous nous étonnons meme quepersonne encore n’ait songé à faire cette remarque et àdire frauchement son opinion aux dessinateurs prati-ciens.

Il est des cas, cependant, où le papier transparentpeut offrir quelque utilité, par exemple, lorsqu’il s’a-git de calquer un dessin très vigoureux et très marquéd’après une étoffe colorée, un châle broché avec descouleurs tranchantes (1), un papier peint, une plan-che gravée, une lithographie dessinée sur pierre ou surle zinc, d’après tout autre objet plan et opaque 1 2 * * 5 quela lumière ne pourrait traverser. Il est difficile, pour nepas dire impossible, de faire usage du papier huilé et dupapier végétal, qui ne sont pas assez transparents pourpermettre de lever un dessin léger sur étoffe damasséeou brochée avec des couleurs ternes et peu tranchées,sur une étoffe ou une tapisserie brodée avec des cou-leurs très variées et fondues qu’on ne voit pas distinc-tement.

Le papier-gélatine ou glace, présente un avantageréel parce qu’on peut calquer, ou plutôt graver le des-sin dessus avec un pointe sèche, et qu’ensuite en rem-plissant les tailles avec de la sanguine, ou de la minede plomb, on peut obtenir des impressions répétéesqu’on transporte à volonté sur une surface plane quel-conque.

Voici la manière de s’en servir :

Placez le dessin que vous voulez reproduire sur uneplanche à dessiner parfaitement horizontale, et lixez-leavec de la colle à bouche, de la cire molle, ou partout autre moyen ; posez ensuite le papier gélatine (2)de manière que la surface lisse se trouve en dessus (3),et lixez-le aussi avec de la cire molle.

Les choses étant ainsi disposées, vous g. avez légère-ment avec une pointe sèche, semblable à celle dont onse sert pour graver à l’eau forte, tous les traits du des-sin que vous apercevez au travers du papier-gélatine.Lorsque les traits du dessin sont entièrement gravés,

(1) Dans la faLrique de châles, on se sert exclusivementde papier verni.

(2) Un peut enduire la surface intérieure du papier géla-tine d’une légère couche de carmin mouillé par l’essence detérébenthine, afin de donner à rartiste plus de facilité pourvoir les traits.

(3) Le papier gélatine a toujours une surface lisse et unequi ne l’est pas, ce que l’on reconnaît très bien à l’œil et autoucher.

vous enlevez avec précaution les barbes qui sont dechaque côté, avec un grattoir dont la lame est recour-bée et très tranchante (1). Cela fait, vous frottez lasurface du papier gélatine avec un bouchon humectéd’huile d’olive et un peu de blanc d’Espagne pour luidonner un plus beau poli et de la souplesse.

Vous remplissez les tailles avec de la poudre de san-guine et de mine de plomb, ou de crayon noir à dessi-ner, à l’aide d’un tampon de drap fin ou de veloursde soie, et vous essuyez avec soin la surface du papiergélatine pour enlever la poudre superflue.

Votre dessin apparaît alors très distinctement.

Tour obtenir une impression ou empreinte sur unesurface plane et unie, vous posez d’abord le papiergélatine sur cette surface, le côté gravé en dessous,observant de bien l’étendre avec la main; puis vousappliquez sur le papier gélatine un morceau de taffetasgommé très mince et fortement tendu sur un châssisen fil de fer, ou tout simplement en bois (2). Ensuitevous frottez la surface du taffetas gommé soit avec unracle en bois semblable à celui dont on se sert dansl’imprimerie lithographique, soit avec une brosse duresoit avec un cylindre tournant sur deux axes en fer;soit enfin avec un brwiissoir de graveur. Par l’un oul’autre de ces moyens, vous obtiendrez une empreintetrès pure et très exacte. Vous pouvez encore soumet-tre le papier gélatine et la surface à imprimer à l’ac-tion d’une presse.

Calque au moyen de la gaze transparente blanche ounoire. C’est la méthode la plus simple et la plus écono-mique surtout pour lever les contours d’un grand des-sin, d’un tableau peint à l’huile, etc.; nous la trou-vons déjà indiquée dans un excellent mémoire sur lapeinture f imprimé dans VHistoire de l’Académie dessciences , depuis 1606 jusqu’à 1699, tom. ix (3).

Nous transcrivons ici les propres paroles de l’histo-rien : « On ne saurait contre-tircr un tableau pour lecopier, c’est pourquoi on a cherché une autre manièreprompte et sûre pour transporter le dessin d’un tableausur une toile imprimée ou sur un mur ; mais je rap-pellerai seulement celle qui est le plus en usage, quiest très commode, et qui ne peut faire aucun tort àl’original : on l’appelle prendre au voile.

« On choisit un crêpe ou voile de soie noire très finet assez serré, en sorte pourtant qu’on puisse voir faci-lement à travers tous les objets ; on y coud tout au-tour une bande de vieille toile, ou de quelque étoffemince, et on l’étend sur un châssis de bois, en sorteque le crêpe est tout dégagé. »

« Pour l’usage, on appliquera ce crêpe bien tendusur le tableau qu’on veut copier, et comme on voitassez facilement au travers du crêpe tout ce qui seprésente sur le tableau, on dessine tout le trait avec uncrayon de craie blanche bien pointu, et de médiocredureté. »

On transporte le tracé en frottant la gaze avec unmorceau de papier à plat et plié en trois ou quatredouble et large d’environ trois doigts.

Calque sur un taffetas ciré , dont Vinrent ion est due àM. Jobard, de Bruxelles. Choisissez un carré de taffetasciré bien uni, ou plutôt faites-en fabriquer une pièceun peu plus forte et moins transparente que celui du

(1) L’instrument connu en chirurgie sous ie nom de saugeremplit parfaitement ce but.

(2) Pour éviter de déchirer le taffetas, on coud sur sesbords un galon de fil ou de coton croisé, avec deux rangéesde points arrière , et on l’étend sur le châssis en le laçant

avec une ficelle. Pour faire mieux, on pose des œillets mé-

talliques sur le galon en ayant soin de les placer uniforme*ment et à petite distance.

(5) Il est à remarquer que le célèbre Bramante , qui fioris-I saità Home vers le commencement du xvt c siècle, a indiquei l’emploi de la gaze pour dessiner en perspective.