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DESSIN INDUSTRIEL.

DESSIN INDUSTRIEL.

commerce, et tâchez qu’on lui donne une couleur lai-teuse, nous dirons pourquoi.

Faites coudre une tresse de fil autour de votre carré ;passez un lacet dans cette tresse pour tendre égalementce taffetas. au centre d’un cadre formé d’un fil de fergros comme un tuyau de plume à écrire.

Placez ce taffetas sur le dessin à copier et suivez lestraits avec une plume et de l’encre lithographique.

Voilà bien le fond du procédé, mais vous ne feriezrien de bon sans les explications qui vont suivre :

1° Le taffetas étant translucide, il s’ensuit que letrait que vous tracez, se confondant avec le trait dedessous, vous ne savez pas s’il a la même épaisseur; ilfaut donc ternir l'envers du taffetas avec une légèresolution de lait de chaux ou de blanc quelconque quipermette d’apprécier exactement l’épaisseur et la pu-reté de vos traits (1 ) ;

2” La plume ordinaire ne vaut rien: il faut se servirdes petites plumes lithographiques de Ferry , qui per-mettent de tracer les lignes les plus délicates avec unerare facilité;

3 U Si votre encre n’est pas assez épaisse, elle s’étaleet vous ne faites que des pâtés ; il faut donc amenervotre encre lithographique à la consistance d’un laitépais; vos traits, au lieu de s'épater, ont une tendanceà se resserrer à cause de l’état un peu graisseux dutaffetas qui ne repousse pas néanmoins l’encre grasseet alcaline que vous lui confiez ;

4° Avant de dessiner, vous aurez soin de passer unecouche d’essence de térébenthine ou d’eau de savonsur votre taffetas que vous essuierez bien avec du pa-pier Joseph ou avec un linge.

En très peu de temps vous aurez acquis une habitudeparfaite de ce procédé, et ce sera un plaisir pour vousde vous y livrer. Quand on fait un faux trait, rien n’estplus aisé que de l’enlever avec un grattoir, car il ne pé-nètre point dans la substance du taffetas; il n’est quedéposé sur la surface On peut au besoin enlever à l’es-sence toute une partie du dessin ou le dessin tout en-tier.» (Extrait du Rapport sur l’Exposition de 1839, parM. Jobard.)

Du reste, on comprend que le dessin fait sur le taf-fetas gommé peut être décalqué aisément sur le pa-pier, la planche de cuivre, la pierre lithographique, lezinc, etc., par le même procédé que nous avons indiquéplus haut.

Calque et décalque d’un dessin au moyen du papierordinaire frotté de sanguine, de mine de plomb, ou de noirde fumée. Il y a plusieurs moyens connus de calquer undessin au moyen de papier frotté de sanguine, afin dele décalquer ensuite sur le papier, le bois, les mé-taux, etc., à l'aide du frottement d’un instrument con-venable ou d’une presse à imprimer ; et nous allons lesindiquer successivement.

1° Si le dessin peut être sacrifié, on se borne à lefrotter par derrière avec de îa sanguine, de la mine deplomb, ou du crayon noir pulvérisé que l’on étend bienégalement avec un linge tin, de manière à ne laissersur le papier aucun grain grossier qui pourrait trouerle papier. Ou pose ensuite le côté coloré sur la sur-face à dessiner, et on suit avec un crayon de minede plomb très dur tous les contours du dessin qui s’im-priment visiblement et dans le sens direct. Il est bienentendu qu’on fixe solidement l’original et le papier surlequel on veut dessiner, afin qu’ils ne puissent pas sedéranger.

Pour obtenir les traits des dessins dans le sens inverse,on se contente- de suivre les contours de l’original soitavec un crayon de sanguine, soit avec un crayon noir àdessin, soit avec une plume ou un pinceau, et une en-

J) On peut obtenir un bon résultat en dessinant tout sim-plement avec une couleur tranchante avec celle de l’original.

cre liquide d’une couleur tranchante avec celle du mo-dèle, et dans laquelle on aura fait fondre un peu de su-cre. On décalque ensuite l’esquisse dans le sens inversepar les procédés déjà décrits;

2° On peut aussi mettre entre le dessin et la surfaceà dessiner un papier ordinaire enduit de sanguine et demine de plomb ; et on repasse sur tous les traits avecun crayon de mine de plomb, comme il est dit plushaut.

3" Si l’on ne vent pas gâter le dessin , on le calquesur un papier transparent, avec un crayon noir à des-sin, de la sanguine, ou avec une plume et de l’encre àécrire un peu sucrée, on le décalque ensuite sur la sur-face donnée, que l’on humecte légèrement pour lui don-ner plus d'aptitude et d’affinité à prendre les traits co-lorés ; >

i" Enfin les dessins imprimés fraîchement à l’en-cre grasse, peuvent être décalqués sur le papier, lesétoffes lisses, le bois, le verre, les métaux, lapierre, etc. : en les faisant passer sous la presse de l'im-primeur en taille douce ou sous celle de l’imprimeurlithographe.

Le simple frottement d’une roulette ou d’une racleen bois suffit ordinairement lorsque le papier qui areçu le dessin a été enduit d’une couche do colle,d'amidon ou de gomme, etc., avant l’impression. Dansce cas, on mouille le derrière du papier avec une éponge,afin de dissoudre l'encollage et de détacher plus facile-ment le dessin qui reste invariablement fixé sur la sur-face en contact.

Les vieilles impressions elles-mêmes peuvent être ra-mollies par l’emploi de la vapeur d’eau, par l’ammo-niaque liquide, l’éther sultjiirique, les huiles essen-tielles, l’alcool anhydre, les sels alcalins dissous dansl’eau et légèrement chauffés, etc. On réussit même à sa-ponifier l’encre grasse d’impression en imprégnant lagravure d’une solution de soude caustique, dont onneutralise- ensuite l’effet par un lavage à l'eau de rivière,saturée par quelques gouttes d’acide sulfurique. Aprèscette opération, les vieilles impressions sont propres àêtre décalquées sur le papier, le cuivre, la pierre litho-graphique, etc. Les contre-épreuves, il est vrai, sontpeu marquées, mais ou peut augmenter leur intensitéet leur vigueur, en les mouillant avec de l’essence detérébenthine et les saupoudrant de mine vie plomb etde crayon noir pulvérisés et mêlés ensemble. On peutencore humecter le dessin lui-même, avant d’opérer ledécalcage, avec de l’essence de térébenthine ou de la-vande, mais on mouille préalablement le papier,

Nous dirons plus tard toutes les applications queVon fait et que l’on peut faire du mode de transportdes dessins imprimés (voyez lithographie, imprime-rie EN TAILLE DOUCE, PEINTURE SUR VERRE, TOLEVERNIE, CIC.)

Moyen d'obtenir simultanément deux calques d’un des-sin, l'un dans le sens direct, et l'autre dans le sens inverse.Prenez une feuille de papier mince et unie, commecelui dit serpente, et posez-hi sur une feuille de zincbien plane et bien propre; incorporez avec du saindouxun peu d’essence de térébenthine très pure, du bleu dePrusse et du noir de fumée en suffisante quantité pourcolorer, et broyez le tout avec une molette sur uneglace ; étendez avec précaution cette composition surles deux côtés de la feuille de papier avec une éponge,de. manière à former une couche légère et uniforme, etlaissez-ia sécher jusqu’au lendemain. Vous frottez en-suite la feuille noircie avec du papier Joseph non colléque vous renouvelez sou\ eut jusqu’à ce qu’elle ne soitplus tachée.

Vous placez cette feuille noircie entre deux feuillesde papier blanc, deux morceaux de mousseline, detaffetas, de satin on de tout autre tissu sur lequelvous voulez dessiner; vous posez dessus le dessin à