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ECLAIRAGE .

ECLAIRAGE .

gnulées comme un des inconvénients du gaz à côté del’inflammabilité des essences.

Reste la question économique. Il est incontestablequ’aujourd’hui cet éclairage est déjà moins cher quel’éclairage à l’huile, car les huiles essentielles deschiste fabriquées par M. Selligue so vendent, prisesà Autun , 40 fr. les 100 kilogr. et les huiles essen-tielles de goudron valent environ 75 fr. à Paris . Auprix des huiles des schistes, il faut ajouter le tran-sport, ensuite le bénéfice de l’acheteur, puis celui dessous-traitants ou débitants dans les lieux de consom-mation. Aiusi, meme en prenant le chiffre de 75 fr.,il y a une économie notable sur l’huile.

M.Rouen prétend pouvoir obtenirdes hydro-carburesliquides, à bien plus bas prix, en distillant la houille àbasse température, sur le carreau même des mines oudu moins à une très petite distance, et réduire le prixde revient de ces liquides éclairants à 20 fr. pour 100kilogr. Mais ses expériences n’ont pas encore été sanc-tionnées par une pratique assez longue pour qu’il y aitfait accompli ; du reste, pour certifier ce résultat d’a-près lui, il faudrait avoir suivi l’opération et avoir putenir compte des frais et des produits. Nous ne sommesdonc pas en mesure de nous prononcer sur ce chiffreréduit, nous réservant de traiter d’ailleurs cette ques-tion en parlant de la préparation des huiles essentiellesdestinées à l’éclairage, le sujet étant assez importantpour en faire un article spécial. t

Ce que nous disions à propos des lampes Robert peut js’appliquer aux becs Busson et Rouen . Il y a certaine- jment d’autres appareils qui conduisent au même résul- itat plus ou moins complètement. Nous ne pouvons ni jles connaître ni les mentionner tous, mais nous en ci-terons encore quelques-uns.

M. Ménage a pris il y a un an uu brevet d’inventionpour une lampe propre à brûler les huiles essentiellesde schistes de goudron, do térébenthine, etc. Cettelampe dont il a cédé depuis lors la propriété à M. Breu-zin, lampiste, rue du Bac à Paris , n’a pas pour but de jvaporiser le liquide ; elle comporte une mèche tresséequi plonge dans un réservoir d'assez grand diamètre(pour une lampe bien entendu). Cette lampe présentequelque analogie avec la lampe solaire tant par l’aspectque par un des trois principes qui en font la nouveauté.

L’air ne vient alimenter la combustion qu’aprèsavoir traversé une galerie en métal percée de très petitstrous (soit une toile métallique), placée au-dessous dela flamme qui chauffe aiusi l’air par sa chaleur rayon-nante.

Un peu au-dessus de la flamme et dans l’intérieur duverre se trouve un disque de métal qui rougit nécessai-rement et qui a pour but et pour effet de faire brûlerle carbone qui aurait échappé à la combustion dans laflamme elle-même.

Enfin le verre présente un étranglement qui force l’airà affluer sur l’extrémité de la flamme, de manière à ren-dre en ce point la combustion très vive.

Cette dernière disposition n’est certes pas neuve enprincipe, mais elle peut être mieux entendue que dansles autres becs.

On a trouvé que La combustion était très satisfaisanteavec de l'essence de térébenthine convenablement rec-tifiée; cette condition est indispensable. Alors laflamme est bien blanche, peu élevée et donne beaucoupdo lumière; mais elle n’apporte pas d’économie surl’éclairage à l'huile, au contraire. Les builes de schistesont aussi été essayées ; mais jusqu’àprésent il paraîtrait,d’après M. Ménage, qu’on n’a pas encore pu les épurerassez bien pour obtenir une bonnecombustion. Dureste,quand on veut brûler les hydro-carbures liquides dansdes lampes à mèche, on trouve que cette mèche se crassetrès promptement, lorsque l’huile essentielle n’est pas épu-rée aussi complètement que possible. C’est un inconvé-

nient qu’a rencontré aussi M. Kurtz, chimiste, habi-tant Londres maintenant, et qui a proposé pour l’objetdont nous nous occupons une disposition de lampe assezsimple, et que nous décrirons succinctement.

La fig. 752 est une section verticale d’une lampe àmèche plate ; aa, réservoir contenant le liquide ; bb,pièce conique en métal ou en verre, dont la partie su-périeure enveloppe le brûleur au-dessus de la mèche,afin que l’air passant dans l’intervalle ménagé entrecette pièce et le corps de la lampe arrive au milieu dela flamme, ce qui augmente son intensité, c, soupapefixée dans l'intérieur du cône et qu’on manœuvre dudehors. En ouvrant ou fermant cette soupape et uneautre d, à l’opposé de la première, et à laquelle est at-tachée une tige taraudée e, le courant d’air nécessaireà la combustion se trouve convenablement réglé, et laflamme s’allonge sans que la lampe fume sensiblement.Les flèches indiquent la direction do ce courant, f estle porte-mèche qui sc distingue des porte-mèches ordi-naires en ce que le bord extérieur est plus élevé que lebord intérieur, de sorte qu’en garnissant la lampe, oncoupe la mèche au niveau du bord extérieur, ce quipermet de la tenir parfaitement droite.

La fig. 753 diffère de la fig. 752 en ce qu’elle est à

752. 753.

deux mèches plates, et que la soupape c qui règle lecourant d’air intérieur est placée dans le socle de lalampe, au fond du tube à, où elle est gouvernée par latige d. Il y a donc un double courant : l’un intérieur,et l’autre extérieur pénétrant par le cône b.

Nous avons toujours parlé jusqu’ici de l’alimentationde la combustion dans les lampes à hydro-carbures li-quides avec de l’air ; on a aussi songé à employer del’oxygène pur, agissant nécessairement comme agentplus actif. Cette idée n’a pas été mise à exécution pourl’éclairage par les lampes; mais M. Gaudin l’a prati-quée dans les essais très intéressants qu'il a faits en1838, 1839 et 1840, pour obtenir de grands foyersd’éclairage et dont nous allons dire quelques mots.

Nous ne nous arrêterons pas à l’idée que ce savantavait émise sérieusement de pouvoir éclairer toute uneville, ou du moius uu quartier, au moyen d’une seulesource de lumière (1), d’uue puissance reconnue suffi-sante. Nous trouvons très fondée et sans réplique l’objec-tion qu’on lui a faite, et qui se présentait tout naturelle-ment. Il faudrait placer ce foyer à unehauteur démesuréepour qu’il pût éclairer toutes le3 rues, toutes les parties

(O C/est pour cela qu on a quelquefois appelé sidéral lesystème d’éclairage do Si. Gaudin.