ÉCLAIRAGE.
d'une ville d’une manière à peu près uniforme, et pour-quoi certains quartiers, ou meme certaines portionsd’un quartier, auraient-elles à perpétuité, pour ainsidire, le privilège d’être mieux éclairées que telles au-tres ( I ).
M. Gaudin, en partant d’un principe faux, à notreavis, celui de pouvoir éclairer un quartier avec un seulfoyer, s’était arrêté à un procédé d'éclairage assez re-marquable, celui qu’on peut obtenir en faisant brûlerun mélange d'oxvgène et d’hydrogène en présence dela chaux ou de la magnésie. Les deux gaz en s’unissantproduisent de l’eau, et cette combinaison chimique dé-veloppe. beaucoup de chaleur et de lumière ; mais àpeine cette, eau est-elle formée qu’elle rencontre à sontour une base avec laquelle elle s’unit avec un nouveaudégagement de chaleur et de lumière.
M. Gaudin avait la sage précaution d'isoler les deuxgaz (oxygène et hydrogène) dans deux gazomètres par-ticuliers. L’un d’eux était muni d’un tuyau se termi-nant au bec lui-même; le second communiquait avecim tube enveloppant le premier conduit, sans avoir aveclui la moindre communication. De cette manière, lors-que l’appareil fonctionne, les deux gaz affluent l’unpar le tuyau central, l’autre par l’espace annulaireenvironnant et ne sc trouvent en contact qu’au derniermoment.
Mais pour que la combustion soit complète, il fautnon seulement opérer le mélange sans danger d'explo-sion, il faut encore l’opérer intimement. Emir celaM. Gaudin perçait les parois des tuyaux vers leur ex-trémité de nombreuses ouvertures convergentes (2). Onpourrait remplacer la disposition de M. Gaudin par cellequi a été indiquée dans le chalumeau aérhydrique em-ployé pour la soudure autogène du plomb dans le pro-cédé de M. Desbassayns du Richemont. (Voir l’articlechalumeau).
Au lieu de se servir d’oxygène et d’hydrogène purspréparés industriellement par des procédés simples etpeu coûteux, M. Gaudin avait cherché parmi les sub-stances les plus répandues dans la nature ou le com-merce celles dont l’un ou l’autre de ces gaz forme labase principale, et dans lesquelles les corps étrangersqui y sont mélangés ou combinés ne peuvent inlluersensiblement sur leurs propriétés. C’est pour cela qu’ilavait choisi l’air atmosphérique pour remplacer l’oxy-gène; et pour remplacer l’hydrogène, l’alcool, l’étheret les essences qui en renferment de fortes proportions.On voit que ces essais ont quelque analogie avec ceux del’éclairage pratiqué avec les hydro-carbures liquides.
La chaux employée par M. Gaudin était préparée pardes procédés de son invention; il la croit constituée enune masse de très petits cristaux,.fondant cette opinionsur les innombrables facettes qui brillent à sa surface.
M. Gaudin était parvenu à brûler sans aucune fuméel’essence de térébenthine alimentée d’air, et obtenaitune flamme dont la blancheur dépassait de beaucoupcelle d’une lampe Carcel : avec l’oxygène pur il obtenaitune flamme d’un blanc éblouissant, éclairant cent cin-quante fois autant que le gaz de la houille ; mais chosebien singulière, il était difficile de l’empêcher de fumer.Cette lueur si vive 11 e peut que faire un grand mal à lavue.
Le système de M. Gaudin n’a reçu jusqu’à présentaucune application ni pour l’éclairage public des villes
(i) On a repris en sous-œuvre l’idée de M. Gaudin. Enbornant les prétentions à l’éclairage d’une grande place,comme celle du Carrousel, au moyen (le plusieurs flammesconcentriques de gaz surmontées d’un réflecteur, on est ar-rivé à des résultats assez satisfaisants. C’est au même lmtque tendaient les essais d’éclairage électrique de la place dela Concorde .
(I ) A peu près à la meme époque, un chimiste allemand ,M. Kæppelin, conseillait lu même disposition pour obtenirun chalumeau è gaz oxygène et hydrogène incxplosif.
ni pour l’éclairage particulier, car il conseillait de ré-duire les proportions de ses grands appareils d’éclairagepar le mélange de gaz oxygène et hydrogène, pour ob-tenir de notables avantages. Nous devons cependant si-gnaler l’emploi du système Gaudin à l’éclairage desfoyers de microscopes, imitant la nuit les effets du mi-croscope solaire.
Dans certains cas cependant on pourrait tirer unparti avantageux de cet éclairage, caria production dela meme quantité de lumière demandant cent fois moinsd’oxygène que de gaz d’éclairage, la lumière Gaudin estbien plus portative; ainsi pour l’éclairage des malles-postes, télégraphes, des vaisseaux, on peut espérer quel-ques succès des recherches intéressantes de M. Gaudin.
Nous savons qu’à la lin de 1812 des expériences ontété faites à Toulon par l’ordre du ministre de la marinesur l’éclairage en mer par le gaz sidéral. Le gaz oxy-gène préparé d’avance fut apporté à bord dans des ré-cipients en métal où il était comprimé à plusieurs at-mosphères ; sur chaque récipient était vissée une boîtede la contenance d'un demi-litre renfermant de l'éther,que l’oxygène avait à traverser en se dégageant unifor-mément au moyen d’un régulateur Boquillon. Un réflec-teur en cuivre rouge, plaqué en argent et de forme pa-rabolique était adapté au bec de gaz et pouvant êtretourné en tous les sens à l’aide d’une genouillère. Aufoyer de ce réflecteur brûlait le mélange d’oxygène etîle vapeur d’éther; un morceau de chaux ou magnésie (lela grosseur d’un pois et retenu par un fil de piacmoétait fixé au foyer.
Nous ne pouvons citer tous les résultats de cetie expérience, mais disons du moins que les feux de deuxappareils placés sur le Montebello ne devinrent invisi-bles pour le bateau à vapeur le Papin, gagnant le largeet courant dans la direction du faisceau de lumière,qu'en disparaissant sous l’horizon ; la distance des deuxbâtiments était de 10 à 11 milles marins.
Les commissaires ont évalué la consommation degaz oxygène à 70 litres par heure. La compagnie dugaz sidéral annonçait que ces appareils ne dépensaient(pie 15 centimes rl’éther par heure ; et que pour produire1000 litres d’oxygène à I atmosphère de pression, ilfaut, terme moyen, 20 kil. de bon peroxyde de maga-nèse d’Allemagne .au prix de 50 IV. les 100 kil.
Nous pourrions nous étendre encore sur l’application«les carbures d’hydrogène liquides à l’éclairage ; ce su-jet étant nouveau, pour ainsi dire, a excité l’attentionet appelé les travaux de beaucoup de chimistes, ingé-nieurs, industriels ; suivant nous, le dernier mot des in-venteurs n’a pas encore été dit, aussi nous devons bor-ner ici nos appréciations.
En dehors des systèmes d’éclairage que nous venonsde passer en revue, il existe encore uns tentative qui estbien éloignée de l’application industrielle ; nous pensonscependant devoir la citer. a. mallet.
ECLAIRAGE l’Alt LA LUMIERE ÉLECTRIQUE.
On commence déjà à parler d’éclairage électrique, etles personnes amies du progrès se plaisent à devanceren imagination l’époque où l’électricité se substituantau gaz carboné émanera d'un électro-moteur centralet circulera dans des conducteurs ramifiés pour ali-menter de distance en distance des foyers de lumièreblanche et vive.
Si jamais cette conception se réalise, c’est qu’on aurabeaucoup perfectionné ce que l’on possède actuellement;peut-être meme faudra-t-il qu'on invente quelque chosedo tout nouveau et dont nous 11 ’avons encore aucuneidée. Néanmoins, comme la production de la lumièreélectrique est un fait intéressant en lui-même, etcomme son usage commence à se répandre dansles fêtes et dans les théâtres, il est convenable dodonner comme annexe à l’article éclairage la descrip-