ENGRAIS.
ENGRAIS.
doit s’employer dans les terrains sablonneux où l'argileqü’clle contient agit mécaniquement, taudis que soncalcaire, pur son action chimique, remplace uu chau-lage.
Il est probable que la marne agit aussi comme en-grais azoté, MM. Paye» et Boussingnult ayant trouvédans plusieurs substances marneuses des matières or-ganiques.
Comme les plantes enlèvent de la chaux au sol, ilest évident que l’action d’un marnage n’est pas illimi-tée; on emploie ordinairement 3 hectolitres de marnepar hectare, il serait facile de voir, en comparant lacomposition de la marne et celle des cendres des vé-gétaux, que cette dose est très suffisante.
Cendres de bois. Malgré les améliorations que les cen-dres introduisent dans P agriculture, elles sont peu em-ployées comme engrais, leur prix de revient est géné-ralement trop élevé:on préfère en extraire le carbonatede potasse. En Angleterre, les cendres de bois sontemployées de préférence pour les sols graveleux, etchaque printemps on en donne 35 hectolitres par hec-tare.
Cendres îessivées. Les cendres de bois provenant dessavonneries contiennent encore, outre les sels solubleséchappés à la lexiviation, du carbonate de chaux pro-venant de la caustification du carbonate de potassequ elles renfermaient, et les sels insolubles tels que desphosphates , sulfates et carbonates avec un peu desilice. Les cendres lessivées, employées à la dose de'i-U a 60 hectolitres par hectare; agissent pendant unedixainc d’années.
Cendres de tourbe. Elles sont d’un emploi avantageuxet très recherchées des agriculteurs; elles renfermentde la chaux, du sulfate de clmux, des carbonates, chlo-rures et sullates alcalins, de la silice gélatineuse et de1 argile calcinée. Toutefois, la composition de ces cen-dres varie suivant la provenance des tourbes, et parconséquent leur effet n’est pas toujours le même.
Généralement les cendres de tourbe suppléent avan-tageusement au plâtrage; celles qui proviennent detourbes pyriteuses renferment du sulfure de fer qui,par l’action de l’air, donne des efflorescences de sulfatequi sont nuisibles aux développements de la végétation :une bonne cendre doit être blanche et légère, son poidsa l’état sec est de 50 kilogr. l’hectolitre. On donnepar hectare de terrain de oü à 100 hectolitres de cen-dres de tourbe.
Cendres de houille. Les cendres de houille renfermentà peu de ohose près les mêmes matières minérales quecelles de tourbe, seulement les sels alcalins y sont enbeaucoup moindre quantité; ces cendres agissent surle sol en en diminuant la ténacité, par cela même ellesconviennent aux terres argileuses.
Les sels alcalins sont favorables à la végétation commetout tend à Je prouver; certaines cultures exigent mêmepour prospérer un alcali spécial.
Nitrate de potasse. Le nitrate de potasse employé enpetite dose agit très énergiquement sur la végétation ,et favorise surtout celle des céréales, des légumineuseset du sarrasin ; la cherté de ce sel en limite l’emploi.On le remplace en Angleterre par le nitrate de soudevenant du Pérou .
Nttrate de soude. Le nitrate de soude, dont le prix <beaucoup moins élevé que celui du nitrate de potassedonné de bons résultats employé à la dose de 125 kilojpar hectare ; cependant il faut que le soi soit en mêitemps pourvu d’engrais organiques pour que laréusssoit complète.
Sel mamu Le sel marin favorise la culture de l’or<:du froment, de la luzerne et du lin, on doit en eiployer 450 a 300 kilogr. par hectare. Le chlorurecalcium et le sulfate de soude agissent de mème,emploven petite quantité.
Plâtre. Le sulfate de chaux est un des engrais miné-raux les plus utilisés dans l’agriculture; il convientsurtout aux prairies artificielles formées par le trèfle, laluzerne et le sainfoin ; son action est nulle sur les céréa-les, peu sensible sur les récoltes sarclées et les prairiesnaturelles.
Le plâtre doit se répandre en poudre au printempset lorsque les plantes qui le reçoivent ont acquis uncertain développement; on l’applique le matin pourqu’il puisse adhérer aux feuilles encore mouillées parla rosée.
Le plâtre cru est aussi bon que celui qui a subi lacuisson; oe dernier cependant a l’avantage de sc ré-duire plus facilement en poudre. On donne par hectaredepuis 200 jusqu’à 2000 kilogr. de cette matière.
Le plâtre est absorbé par les plantes, surtout parcelles dont la croissance est rapide; il est à présumerque le plâtre agit utilement sur les prairies artifi-cielles en fournissant au sol la chaux qui lui est néces-saire.
DES SELS AMMONIACAUX.
Les sels à base d’ammoniaque ont été essayés commeengrais. M* Schattenmann a trouvé que des dissolutionsde ces sels à 1 degré de force et à la quantité de 2 litrespar mètre carré de surface donnaient les résultats lesplus satisfaisants, répandues sur les prés, les champs defroment, d’orge et d’avoine; ces dissolutions n’ont pro-duit aucun effet sur la luzerne et sur le trèfle, mais ellesont donné des résultats avantageux sur les prés natu-rels, quand elles ont été répandues dès que la végé-tation devenait active. Ainsi, par exemple, M. Schut-tenmann a récolté, sur la partie d’une prairie haute etsèche, arrosée avec 2 litres de sulfate d’ammoniaque de4 degré (à l’aréomètre de Baumé) par mètre carré,83 kilogr. de foin par are, tandis qu’à côté l’are n’adonné que 51 kilogr.
M. Ed. Sollv a reconnu que l’hydro-sulfate d’ammo-niaque étendu d’eau agissait très favorablement sur lavégétation des plantes potagères.
Malgré les expériences si positives de ces savants,M. Bouehardat prétend que les sels ammouiacaux,même à des doses très faibles, sont contraires à la vé-gétation»
Des expériences de M. Boussingault, il paraît résul-ter que les sels ammoniacaux portent de l’azote dansles plantes, mais qu’ils n’y pénètrent qu’à l’état de carbonate; le sulfate, l’hydro-chlorate et les autres sels àbase d’ammoniaque étant décomposés par le carbonatede chaux qui se trouve dans le sol, car on sait quetoutes les fois qu’on met en présence deux sels à l’étatpulvérulent avec la quantité d’eau strictement néces-saire à la réaction sans en dissoudre les produits, s’ilpeut se former un composé volatil, ce composé se formeet se dégage ; c’est ce qui arrive dans la terre. La réac-tion contraire aurait lieu si l’on mettait en présencedeux dissolutions, l’une de sulfate de chaux et l’autrede carbonate d’ammoniaque, le carbonate de chaux in-soluble se formerait et se précipiterait.
De l'eau. L’eau agit aussi sur la végétation, elle estmême indispensable à l’existence des plantes. En mêmetemps qu’elle facilite les réactions qui sc passent dansle sol, elle agit et comme engrais organique et commeengrais minéral : la pluie qui tombe pendant les tempsd’orage contient, comme l’a prouvé M. Licbig, des ni-trates de chaux et d’ammoniaque; la pluie ordinairene renferme guère que des traces de sel marin ; danstous les cas elle entraîne avec elle des matières organi-ques qui se trouvaient à l’état de poussière en suspen-sion dans l’air.
L’eau de rivière et celle de source, qui toutes deuxsont employées dans l’agriculture, renferment une bienplus grande quantité de matières salines que l’eau de