FER.
FER.
que le four doit être souvent réparé, il est nécessairede rendre ces deux parties indépendantes l’une de l’au-tre; la même observation s’applique aux deux parois dela cheminée ; enfin, il faut diminuer autant que possi-ble le poids de la construction. Pour satisfaire à cesconditions, on soutient la maçonnerie extérieure de lacheminée, en bas, par des piliers et des marâtres enfonte, et on l’allège en la formant de deux étages, l'und’une brique et l'autre d’une demi-brique, et en réser-vant dans l’étage inférieur, sur deux faces opposées,desjembrasures qui servent en outre à réparer la gaîne?n briques réfractaires. Quant à cette dernière, ou l’ap-puie de distance en distance contre la maçonnerie ex-térieure par des voûtes qui permettent de la réparer àdifférentes hauteurs, sans la détruire au-dessus del’en-droit où l’on travaille. Le tout doit être fortifié par unsystème d’ancrage convenable.
Il arrive souvent que l'on accole les fours à puddlerpar deux ou par quatre, et qu'on leur donne alors unecheminée commune; dans ce cas, lorsque deux cou-rants de gaz arrivent dans la même cheminée par deuxouvertures opposées, il est nécessaire de placer une cloi-son à l’endroit où les deux courants viennent se rencon-trer, pour qu’ils se recourbent en frappant la cloisonet no se confondent qu’au moment où ils ont pris lamême direction.
Dans les fours à air, les deux autels sont creux;les parois latérales sont également creuses et forméesdu côté du four par des plaques de fonte; le courantd’air qui s’établit dans les canaux ainsi formés, lors-qu’on chauffe le four, rafraîchit ces plaques et les em-pêche de fondre. Cependant, il faut veillera ce que lafonte que l’on traite dans le four n’arrive pas en con-tact avec les plaques latérales ; on y parvient en gar-nissant l’enceinte qui doit renfermer la fonte de pierrescalcaires, que l’on maintient dans leur position avec desscories liquéfiées.
Dans les fours à air on économise des briques, et lesréparations sont moins fréquentes que dans les fourspleins; mais ces fours sont plus froids et exigent ducombustible de meilleure qualité et en quantité plusconsidérable; d’un autre côté, l’emploi de la pierrecalcaire, qui ne peut avoir lieu que dans les fours àair, exerce sur la qualité du fer que l’on affine une in-fluence d’autant plus avantageuse que le combustibledont on se sert est plus sulfureux, et que la fonte estplus impure.
L’autel d’un four à puddler doit être réparé tous lesquinze jours; les parois de la sole et le rampant tousles deux et demi à trois mois ; et la voûte et le bas de lacheminée, au bout de huit à neuf mois.
Voici les dimensions d’un four à puddler ordinaire ?la grille est carrée et a 4 n yî0 de côté; il y a 13 bar-reaux de U“,U5 de côté, placés à 0"*,55 en contre-basdu grand autel ; celui-ci à U®,25 de large et est à 0"*,33au-dessus de la sole; le petit autel, près du rampant,esta la même hauteur que le grand autel et a 0’“,21 delargeur ; le seuil de la porte de travail est au niveaudes autels; la sole a de l“,80 à 2"‘,00 de long, I 10de large près du grand autel, O 1 ",48 près du petitautel, et l’",75 vis-à-vis la porte de travail ; la hauteurà la clef de la voûte est de 0 m ,30 au-dessus des au-tels; le fond du rampant est incliné d’environ 45" àl’horizon, et sa largeur est de 0 m ,33; la hauteur totalede la cheminée est de 12 à 15 m , et sa section intérieureest carrée et de 0 U, ,45 de côté.
Le prix d’un four à puddler tel que nous venons de ledécrire, avec cheminée particulière, est de 3,500 à4,000 fr.
Le personnel d’un four à puddler se compose dequatre ouvriers, deux puddleurs et deux aides, qui serelèvent deux par deux par poste de douze heures.
La sole du four se fait en sable ou en scories. Les
soles en sable sont assez rarement employées, et nepeuvent servir que pour les fours pleins. Les scoriesque l’on emploie pour les soles varient suivant la naturedes fontes à affiner. Pour les fontes blanches, on em-ploie des scories de puddlage ; pour les fontes grises, ilfaut une sole plus réfractaire que l’on prépare avec devieilles soles concassées, des crasses du marteau, ou dessornes de feux d’affinerie au charbon de bois. Dans tousles cas on réduit les scories en menus fragments, donton forme sur la plaque de sole une couche d’envirouO*,08 d’épaisseur ; on donne alors un fort coup de feu,et lorsque les scories sont entrées en fusion pâteuse, cequi exige plusieurs heures de feu, on égalise leur sur-face avec une palette rouge ; la sole ainsi égalisée nedoit plus avoir, après cette opération, qu’une épaisseurde 0 m ,03 à U m ,05, suivant qu’on veut affiner de la fonteblanche ou de la fonte grise.
On puddle sur une sole en scories, soit par bouillon-nement, soit à l’eau, procédés que nous allons décriresuccinctement.
Puddlage par bouillonnement. Le four étant chaufféau rouge blanc, ou y introduit 230 kil. de fonte avec25 p. 400 de battitures. Le chargement opéré on fermela porte, on la cale solidement, et on la lute aussi her-métiquement que possible ; elle reste ainsi fermée jus*qu’au moment où l’on veut retirer les loupes. Le regis-tre de la cheminée est complètement levé. Quand la fu-sion commence à avoir lieu, c’est-à-dire quaud le métalse désagrège et perd sa consistance, on baisse le re-gistre et l’on remue sans rien ajouter, jusqu’à ce queles scories couvrent la fonte. On ouvre alors entière-ment le registre, puis on brasse et on retourne le métalà tour de bras, à droite et à gauche, jusqu’à ce que lefer ait pris nature. Dans cette période les scories sogonflent, et le bouillonnement devient tellement vif quele four qui, auparavant, paraissait presque vide, se rem*plit jusqu’au dessus de la porte, et il devient quelque-fois impossible au puddleur d’empêcher qu’une partiedes scories ne s'échappe par dessus le seuil de celle-ci.A mesure que le fer s’affine, le bouillonnement diminueet les scories s’affaissent. Quand le fer a pris nature,c'est-à-dire quand il a perdu sa liquidité, qu’il est de-venu grumeleux et d’un blanc éclatant, on le retournepour présenter successivement toutes ses parties aucourant d’air, puis on le découpe pour faire blanchir lesparties noires ou mal affinées qui peuvent s’y trouver,après quoi on forme les balles comme il sera indiquéplus loin. Les balles achevées, on les porte sous le mar-teau, en commençant par celle qui a été formée la pre-mière. L’opération terminée, on fait écouler les scoriespar un trou placé au-dessous du seuil de la porte, avantde faire une nouvelle charge.
On suit quelquefois dans l’affinage par bouillonnementune seconde méthode, qui ne différé de la précédenteque parce que l’on emploie 50 p. 100 de battitures, etqu’on laisse le registre constamment ouvert. L’aflinageest un peu plus rapide, mais, d’apres quelques maîtresde forges, le fer perd en qualité.
Passons maintenant au hallage ou formation desballes : aussitôt que le fer commence à prendre nature,l’ouvrier le pousse, par portions, avec un ringard prèsde l’un ou l’autre autel, puis au moyen d’un autre rin-gard, dit rabot, dont 1 une des extrémités est aplatie etrepliée en équerre, il nettoie le côté libre de la sole, enamenant à la surface de l’amas le fer qui peut encorerester sur le côté ; il répète ensuite cette manœuvre,jusqu’à ce que le fer se prenne en morceaux isolés quirésistent à la pression du ringard. Lorsque l’affinage enest à ce point, l’ouvrier partage la masse de fer en 4,5 ou 6 morceaux, suivant qu’il veut former 4, 5 ou Gballes. S’il y a un plus grand nombre de morceaux, ilen réunit plusieurs ensemble en les pressant avec sonrabot ; dans ccttc operation, il doit avoir soin de bien