FILOSELLK.
Quand l’évidoir ou gorge de lu grande roue est suffi-samment chargé de fil, il reste à tirer l’écheveau de là,sans le déformer et sans le mêler : pour cela il suffitd’ouvrir la grande roue de cuivre ; on retire l’écheveauet on le lie. Ainsi l’opération du dévidage, si difficile,si longue, si désastreuse pour le. fil, se trouve complè-tement supprimée.
Le filoir ne fait pas de bruit en fonctionnant, et sonmouvement est si doux, qu’un long travail 11 e fatiguepas; il fl le le chanvre, le lin, lo coton, la laine, lasoie, la fantaisie ; il est très portatif puisqu’il se replie.
La corde qui fait tourner lts deux roues est au fi-loir ce que l’nrchct est au violon ; graissez l’archct duviolon, vous ne tirerez aucun son de l'instrument;graissez la corde du filoir, les roues ne tournerontplus; mais frottez de colophane ou de résine l’archetdu violon ou la cordc du filoir, et ces deux instru-ments fonctionneront.
La corde s’allonge au travail, et sa trop grandelongueur rend le filoir dur : il est donc indispensa-ble de remplacer cette corde dès qu’elle a l’incon-vénient d’être trop longue, aussi bien que si elle a reçula moindre tache d’huile ou de graisse, ce qui arriveordinairement lorsqu'on met trop d’huile sur les bro-ches des roues, d’où elle se glisse jusqu’à la corde. Pourremplacer la corde, il faut prendre du fouet pareil eugrosseur au modèle, l’allonger avant de le couper,joindre les deux bouts l’un sur l’autre, le coudre forte-ment en surjet et le frotler de résine avant de s’en ser-vir. Il faut aussi avoir soin que les deux poulies oùpusse la corde soient toujours propres et ne soient ja-mais embarrassées de fil ou d’huile.
Si le fil venant à s’engager dans le mécanisme obli-geait de démonter le filoir, il suffirait de dévisser lepetit écrou qui fixe la broche au dos du régulateur etd’attirer l’ailette en avant.
Si le filoir devenait dur, il faudrait dévisser les deuxéorous qui maintiennent les deux roues, Oter l’huileancienne qui s’y serait encrassée, en mettre de la nou-velle et replacer le tout exactement comme avant. Ilfaut aussi verser quelquefois un peu d’huile sous le.cuir qui garnit l'intérieur du régulateur et qui doit tou-jours se trouver sur la broche.
Des personnes se figurent, à tort, que la manivellesur laquelle la petite roue tourne* ne devrait pas êtremobile, et cherchent à la fixer. Pour tenir la cordetoujours tendue, il faut que cette manivelle soit mobile ;vouloir la rendre fixe, c’est rendre impossible l'emploidu filoir.
Il est nécessaire de signaler une dernière précautionà la fileuse pour assurer ia durée et le service régulierdu filoir. Il faut, avant d’appuyer le pied sur ia pédale,attendre que le bouton qui existe sur la petite roue aitdépassé de deux centimètres à droite le point supérieurdu chemin circulaire qu'il décrit. Du reste, le temps etl’usage sont les meilleurs maîtres.
FILONS . Voy. géologie et mines.
FILOSELLE ( arujl . floss-silk, ail. florct). Nom donnéau produit du cardage et filage de la bourre de soie. Lacoque des vers à soie est dure, sèche, tenace et cassante;011 fait disparaître ces défauts eu la laissant longtempsmacérer dans l’eau qui dissout la grande quantité dematière gommeuse dont le ver l’avait imprégnée; onla soumet à la presse et on la lave de nouveau, etc.; en-suite onia fait sécher, 011 la bat fortement, 011 l’enduitlégèrement d’huile, et on la carde soit à la main, soit àla mécanique. En travaillant cette bourre à plusieursreprises, on la met en état d’être filée, tissée ou tri-cotée.
FILTRATION, filtres , et matières fil-trantes. La filtration se dit généralement de l’upération mécanique qui consiste à faire passer un liquidequelconque qui contient des matières étrangères et non
FILTRATION.
dissoutes à travers un corps assez dense pour le re-tenir.
On emploie aussi le mot clarification dans le mêmesens, pour exprimer l’action chimique ou mécauique al’aide de laquelle on enlève aux liquides les corps opa-ques ou translucides qui troublent leur transparence.
Les matières filtrantes employées aujourd'hui, sont :la pierre poreuse calcaire, dite pierre à éponge ou à fil-trer ; la pierre ponce broyée grossièrement, le papierjoseph ou gris non collé, le sable fin et grossier, lecharbon pulvérisé, le verre pilé, le chanvre tillé, locoton brut, la paille, le jonc terrestre, les écorces, lesbranches et feuilles sèches ; un morceau de toile, dedrap, d’étamine, de flanelle, de feutre, de soie; la pâteà papier, la sciure de bois, la laine tontisse, l’épongeordinaire, la limaille de fer, de zinc, la terre glaise calcinée, etc.
L’effet de la filtration se comprend aisément; onconçoit qu’un liquide en traversant un corps poreux ouun tissu assez serré dépose à sa surface et dans ses in-terstices, les parties solides et les plus grossières qu’ilpeut contenir. C’est par ce moyen, du reste, que lessavants modernes expliquent la pureté et la limpiditéde3 eaux qui sourdent des terrains sableux et calcaires.
Tout porte à croire que les anciens eux-mêmes ontobservé le phénomène de la filtration des eaux daus lesein de la terre ; ce phénomène leur a suggéré peut-êtrel’idée d’appliquer du gravier et du sable à la clarifica-tion des eaux troubles. Aussi Lavons-nous retrouvée,par exemple, disait M. Arago (Compte-rendu de VAca-démie des sciences , 1837, 2“° semestre, p. 4 97.), dansla grande citerne du palais ducal à Venise , qui existedepuis plusieurs siècles.
Les Japonais se servent, dit-on, de temps immémo-rial, de plusieurs sortes de pierres ou grès à filtrer. Cespierres ont la propriété de donner passage à l’eau autravers de leurs pores, et peuvent par ce moyeu la dé-pouiller des saletés et ordures qu’elle peut avoir con-tractées. Quand on destine ces pierres à filtrer, on lestaille pour leur donner la forme d’un mortier ou d’unvase proportionné à la quantité d’eau qui doit y êtrereçue ; à l’extérieur on leur donne la figure d’un œufdressé sur son extrémité; on laisse en haut des re-bords par lesquels le mortier peut être soutenu aumoyen d’une bâtisse de bois carrée sur laquelle on leplace pour qu’il soit suspendu en l’air; on met au-dessousun vaisseau de terre; on verse l’eau de rivière ou depluie qu’on veut filtrer dans le mortier; elle passe autravers de la pierre, et les gouttes d’eau qui se sontfiltrées viennent se réunir à la pointe de l’œuf et tom-bent dans le vaisseau qu’on a placé au-dessous pour lesrecevoir. De cette manière l’eau se trouve pure et dé-gagée des saletés dont elle était chargée avant d’avoirété filtrée. (Voir le Dict. encycl tome XIV, p. 515.)
C’est à l’aide d’un procédé analogue à celui des Ja-ponais que les Égyptiens clarifient aujourd’hui leseaux du Nil , et en général les eaux contenant des sub-stances terreuses en suspension. (Voir le bulletin de laSociété d’encouragement, tome XXIV, p. 42*.)
Depuis un temps immémorial, on filtre, en Afrique ,les eaux du Niger au moyeu des éponges.
En Espagne , on emploie cette méthode depuis long-temps pour clarifier les sirops et les liqueurs. C'està Amy, avocat au parlement do Provence , qu’on doitl’introduction ou l’application eu France des épongesa la filtration de l’eau à boire, vers l’année 4743.
Les anciens connaissaient aussi le moyen de clarifierles vins, soit en les transvasant, soit en les passant antravers d’une toile. (Pline, livre XIV, cliap. 14 et 22.)C’est à cause de cette pratique, sans doute, que les an-ciens chimistes et pharmaciens ont appelé chaussed'Hippocrate ou à hippocras , un sac conique fait d’unbon drap serré dont ils sc servaient pour filtrer eer-
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