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A-F.
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KILT RATION.

FILTRATION.

I ines liqueurs ou décoctions fuîtes avec du vin, du jsucre, etc., qu'ils nommaient hypocras. j

Encore aujourd’hui la chausse d’Hippocrate est em-ployée pur tous les chimistes, pharmaciens, liquoristeset généralement par toutes les personnes qui s’occupentde elariiier les liquides et les sirops.Les praticiens affir-ment que cette pratique est encore la meilleure, sinon laplus prompte, qu’on ait imaginée jusqu’ici.

Nous classerons les appareils de filtration en troisséries, suivant la nature ou la difficulté des liquidessusceptibles d’être filtrés ou clarifiés.

La première série comprendra les appareils propresà filtrer les eaux de pluie ou de rivière.

La deuxième comprendra les appareils à filtrer lesboissons, le vinaigre, les vins, le cidre, la bière, lesliqueurs, les sirops, les huiles, etc.

La troisième enfin comprendra les produits chimiqueset pharmaceutiques.

FILTRATION DES EAUX DESTINEES A l’ALIMENTA-

TION DES VILLES ET AUX USAGES DOMESTIQUES.

Nous ne saurions mieux faire, pour faire apprécierles circonstances diverses qui influent sur la composi-tion des eaux et l’importance de la filtration, que deciter ici le remarquable rapport de M. Arago h l'Aca-démie des sciences sur le filtre Fonvielle.

« Les hommes se servent pour leur boisson, pourpréparer leurs aliments, pour les besoins de propreté etpour des usages industriels, de l’eau de citerne, de l’eau«le puits, de l’eau de source, de l’eau de rivière. Cesquatre sortes d’eau ont même origine, la pluie. L’eau depluie est en général d'une telle pureté, qu’on ne par-vient guère à y découvrir quelques matières étrangèresqu’en faisant usage des réactifs chimiques les plus dé-.icats.

« Les citernes construites avec des matériaux choisisseraient donc le meilleur moyen de se procurer de l'ex-cellente eau pour la boisson, si la pluie y tombaitdirectement, si elle n’y portait pas les ordures, la pous-sière, les insectes, accumulés, dans les temps de séche-resse, sur les terrasses et sur les toits le long desquelsson écoulement s’opère. Dans certaines localités, àVenise , par exemple, l'inconvénient dont nous venonsde parler, se manifesta à un tel degré, que pour lagrande citerne du palais ducal, le constructeur sentitla nécessité de ne laisser arriver l’eau pluviale au ré-servoir, où le public la puise, qu’après lui avoir faittraverser une large couche poreuse dans les intersticesde laquelle les matières étrangères, tenues en suspen-sion, devaient se déposer en partie.

« Les puits peuvent être assimilés à des citernes,seulement ils ne sont pas alimentés par de larges ca-naux en maçonnerie, en briques, en pierres ou en mé-tal; les eaux pluviales leur arrivent, pour ainsi dire,goutte à goutte, à travers les fissures ordinairementcapillaires du sol. Il est rare que dans ce trajet long etdifficile, les filets liquides ne rencontrent pas des ma-tières solubles dont ils se chargent en plus ou moinsgrande quantité. Ce n’est donc plus de l'eau de pluieproprement dite qu’on tire du puits ; elle est ordinaire-ment aussi claire, aussi limpide, mais elle contient pres-que toujours des matières dissoutes dont la naturechimique change avec la construction géologique dupays.^

« Ce que nous venons de dire peut s’appliquer mot àmot aux sources. L’eau qu’elles répandent est aussi del’eau pluviale qui, après avoir traversé une épaisseurplus ou moins grande de l’écorce du globe, est ramenéeà sa surface par un jeu de svplion, ou, si l’on veut, carc'est la même chose eu d'autres termes, par la pressionde filets liquides non interrompus et partant des lieuxélevés. La nature et la proportion des matières étran-gères dont l'eau de source se trouve imprégnée dépend

aussi «le I étendue du trajet qu'elle a fait au sein do Uterre, et de l'espèce de roche qu’elle y a rencontrée.Supposez ccs roches d'une certaine nature, etlepa\sabondera en sources minérales. Admettez que la desccnte verticale du liquide ait quelque étendue, et l'eausurgira à l'état thermal.

« Chaque rivière charrie vers la mer les eaux d’unesource principale et celles d’un certain nombre de sourcesde moindre importance, qui s'ajoutent aux premièresdans leur trajet. Sous le rapport de la composition chi-mique les eaux de rivière sembleraient devoir être unesorte de moyenne e tre toutes les eaux de toutes h-ssources de la contrée environnante ; mais il faut remar-quer cependant, qu’au moment des fortes averses, etsur un bassin de rivière un peu étendu, quel est le jouroù çàct là il n’y en a point? les eaux pluviales ne s'in-filtrent pas à beaucoup près dans la terre en totalité ;qu’elles coulent à la surface du sol et sur les pelousesdes bois et des coteaux, en assez grande abondanceet avec rapidité; dans ce trajet extérieur, elles doi-vent dissoudre très peu de matières étrangères compa-rativement à la proportion dont elles seraient chargées,si, divisées en très minces filets, chacune de leurs mo-lécules, pour ainsi dire, avait pu isolément et pendantun temps fort long, se trouver en contact avec les prin-cipes solubles du terrain. A cette circonstance, toute enfaveur de la pureté de l'eau de rivière, il faut ajouterque le carbonate de chaux, par exemple, est dissous àl'aide d’un exc> s d’acide; que cet excès se dégage pen-dant la longue sxposition de l’eau à l'air, et que dèslors le carbonate se précipite.

« Ces remarques, au surplus, ne doivent être consi-dérées que d’un point de vue général. Il ne serait pasdifficile, en effet, sans s’écarter des règles connues de lagéologie, d imaginer, et même de trouver des disposi-tions de terrain dans lesquelles les puits, les sources,donneraient de l’eau pure, et les rivières voisines, aucontraire, de l’eau fort imprégnée de matière saline.Tout ce que nous avons voulu faire, c’est d'expliquercomment l'inverse arrive ordinairement, comment l'eaude la Seine et celle de la Garonne , par exemple, sontnotablement plus pures que les eaux de la plupart dessources des contrées que traversent ces deux rivières.

« Néanmoins on doit reconnaître que la limpiditéconstante des eaux de source, jointe à l’uniformité deleur température, lorsqu’elles sont peu distantes dupoint de consommation, doivent militer en leur fa-veur , et même leur mériter la préférence, si tou-tefois elles sont assez abondantes en toutes saisons pourfournir constamment la quantité exigée. Cette préfé-rence serait aussi motivée sur la plus grande confianceque le public accorde à ces eaux de source. Beaucoupde personnes, comme on le sait, répugnent à faire usagede l’eau de rivière, surtout quand cette rivière reçoit etcharrie une partie des immondices de toute une grandecité, bien que ces immondices, divisées dans une aussigrande masse et si souvent renouvelée, n’influent pasd’une manière sensible sur leur composition. »

« L’avantage d une plus grande pureté de 1 eau derivière considérée chimiquement, est, en effet, biencompensé par son manque habituel de limpidité ; àchaque averse, les eaux torrentielles, pendant leurcourse précipitée, se chargent de terre végétale, deglaise , de gravier, de toutes sortes de détritus qu’ellesarrachent au sol, et l’ensemble de ees matières est en-traîné, pêle-mêle, jusque dans le lit des rivières. Cha-cun doit comprendre maintenant pourquoi les mariniers,et même les ingénieurs, appellent quelquefois les crues,troubles»

« Les proportions de matières étrangères tenues ensuspension dans l’eau pendant les crues, pendant lesplus fortes troubles, ne sont pas les mêmes, ainsi qu’ondevait s’y attendre, dans les dîf f ''."'':' , tc« ri v? ^ro'' n