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FILTRATION.

FILTRATION.

rétablie dans son entier. Le filtre qui est au-dessous,dérobé jiux yeux du public, qui ignore en quelque sorte'son existence, est maintenant ùl’ahri de la malveillancest de la ma- ic destructive des enfants. Il n’exige plus3e frais d’entretien. Un grand regard placé en tête, au ••dessus du point où l’eau entre dans la conduite en fonte,permet d'y descendre et d’en visiter cette partie, qui estla plus importante.

Depuis qu’il a été ainsi disposé, la qualité de ceseaux s'est non seulement rétablie, mais encore amélio-rée ; la limpidité et la saveur en sont parfaites.

Dans le fort de l’été, lorsque presque toutes les eauxde nos contrées ont une odeur ou un goût plus ou moinssensible, celle-ci a toujours été trouvée par ceux quisont descendus dans le regard, vive, bonne et fraîche,comme l'eau des montagnes. Coulant et séjournant quel-que temps à G mètres sous terre et à 40 mètres de la ri-vière, elle prend une température qui ne varie qu'entredes limites assez rapprochées. Dans l’été, elle n'a pasporté le thermomètre centigrade au-dessus de 17% etdans le long et rigoureux hiver de 1830, après vingt-cinq jours (le fortes gelées, et la gelée ayant pénétré àplus de I mètre au-dessous de la superiieie de terrainqui la recouvre, elle n'a fait descendre le thermomètrequ'à 8", avantage précieux. Fraîche en été, elle pré-sente une boisson agréable à sa sortie des fontaines ;chaude en hiver, elle garantit les conduites des effetsde la gelée.

Ce filtre n’étant pas suffisant, on en établit un se-cond.

Un homme de l’art appelé à cette discussion, aprèsavoir rappelé combien les puits creusés près ce la ri-vière, notamment ceux deTourny, sont abondants eneaux toujours très claires, proposa d'en ouvrir plusieurssur les bords du banc d’alluvion, et de les mettre encommunication entre eux et avec le château d’eau. Cetteidée fut adoptée. En conséquence, en aval du premierfiltre, à 10 mètres environ de la rivière, ofi ouvrit et onpoussa une tranchée jusqu’à la rencontre du quai. Surle fond, on construisit onze trous ou puits en briques,mais sans mortier, jusqu’à 3 ou 4 pieds au dessus de lasurface du sol, et on les recouvrit de plaques de fonte. Onjoignit leurs pieds par des tuyaux, lesquels reposaientsur le fond de la tranchée, on posa du gravier par des-sus, et le reste de l'excavation fut comblé avec la terrequ’on en avait retirée. A l’extrémité, contre le mur duquai, on établit une cale, qui reçut aussi l’eau venantdu premier filtre ; les deux eaux se réunissaient, et serendaient ensuite de concert au puisard des machinespar la conduite déjà posée dans le canal de prise d’eau.

Les résultats furent peu satisfaisants et ne répon-dirent pas aux espérances. On* ne put obtenir que GO à80 pouces d’eau.

On fit alors un troisième appareil exactement sem-blable au premier, c’est- à-dire basé sur les memes prin-cipes.

Ces trois appareils réunis fournissent maintenanttoute l’eau nécessaire aux besoins des habitants, et ilparaît mémo qu’ils n’ont subi depuis l'époque de leurachèvement, en 1825, aucun changement important etsusceptible d etre signalé.

Appareil de filtrage deseuu.r de la Garonne , par M. Cor -dier. Quant aux dispositions générales, il faut savoird’abord que, par l r effet du flux, les eaux de la Garonne éprouvent à Bordeaux immédiatement en aval dunouveau pont un gonflement qui les élève à G mètresau-dessus du niveau de la marée- basse, à l’époque deséquinoxes, et à 5 mètres seulement au-dessus do cemôme niveau à l’époque des solstices.

a Le gonflement des eaux de la Garonne a lieu parcequ’elles sont repoussées en avant par le courant duflux ; alors les vases et autres matières susceptiblesd’être tenues en suspension dans ce courant, remon-

tent de l’embouchure de ce fleuve vers Bordeaux , entroublant plus ou moins la limpidité de ses eaux, et,comme l’exhaussement de ce lleuve a chaque murées’effectue en moins de temps que son abaissement, ilarrive qu’une partie des vases et autres matières, ame-nées par le flux, se déposent sur les rives de la Ga-ronne pendant le reflux , ou continuent de troublerl’eau lorsque son courant vers la mer est rétabli. Cesont ces eaux troublées qu’il s’agit de filtrer avant deles mettre en distribution.

« Il faut savoir, en second lieu, que le volume d’eauà distribuer doit être de 350 pouces de fontainier,équivalents à 7 mille mètres cubes ou à 7 millions delitres en 24 heures.

Cela posé, que l’on conçoive au-dessus du quai deBacahm, formant la rive droite à 3000 mètres environen aval du nouveau pont, un réservoir quadrangu-laire de 100 mètres de longueur, de G0 mètres de large,et de 2 mètres de profondeur, ayant son fond et sesparois verticales revêtus de maçonnerie ; le fond de ceréservoir destiné à recevoir l’appareil de filtrage quenous avons à décrire doit être établi à 2 mètres au-dessus des plus basses marées de la Garonne .

« Que l’on conçoive encore le réservoir entourésuivant sa longueur et à 4 mètres en-dchors de scsparois, de deux canaux chacun de 25 mètres de large,lesquels se réunissent dans la prise d’eau du lleuvepar deux embranchements de G mètres de largeur seu-lement ; le fond de ces deux canaux est au même ni-veau que celui du réservoir rectangulaire dont nousvenons (le parler.

« A chacune des extrémités de ces deux embran-chements et près de leur confluent dans la prise d’eau,sont posées des vannes, au moyen desquelles on peutrétablir ou intercepter, suivant les besoins du service,la communication entre cette prise d’eau et les deuxcanaux latéraux dont le réservoir est bordé suivant salongueur.

« Les choses étant ainsi disposées, et la maréeayant atteint 2 mètres de hauteur au-dessus des plusbasses eaux du fleuve, on ouvre les deux vannes quiviennent d’être indiquées ; l’eau de la Garonne com-mence à entrer dans les deux canaux latéraux, et ellecontinue d’y monter jusqu’à ce qu’elle y soit parvenueà la hauteur de 2 mètres. On ferme aussitôt les deux van-nes, l’eau devient alors stagnante dans les canaux, etsi elle y passait un temps suffisant, elle y déposeraitles troubles dont elle est chargée lorsqu’elle y est intro-duite. Il est évident que ce procédé de clarificationpourrait suffire, mais l’incertitude de la durée de cetteopération, suivant les circonstances, ne permet pas del’employer. Les canaux latéraux ne peuvent donc êtreconsidérés que comme des réservoirs de dépôt où l’eaucommence à s’éclaircir par la précipitation des matièresles plus grossières qu’elle tenait suspendues.

« Pour faire arriver l’eau plus promptement et avecplus de certitude à cet état de limpidité parfaite quiest une des conditions requises, il a fallu nécessaire-ment employer quelques moyens auxiliaires des réser-voirs de dépôts. Voici en quoi ils consistent :

« On a divisé en deux parties égales dans le sens desa longueur, le grand réservoir rectangulaire aumoyen d’une digue de maçonnerie de 4 mètres 1/2d’épaisseur à sa base sur 3 mètres de hauteur. Ainsi depart et d’autre de cette digue se trouvent deux réservoirségaux, dont chacun est divisé lui-même en 10 compar-timents, que l’auteur du projet désigne sous le nom dobassins-filtres.

« Lorsque l’eau est restée pendant environ 24 heuresdans les deux bassins de dépôt, elle est conduite pardeux aqueducs dans une bâche, d’où elle est élevée doquelques mètres par une pompe à vapeur pour arriverdans les bassins filtres.