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FILTRATION.

FILTRATION.

« Ces filtres se composent d’une couche de gravieret de sable fin ayant ensemble une épaisseur de 1 mètre75 centimètres.

« Chaque èass/n-fi/tre fonctionne successivement.L’eau qui a été filtrée dans chaque bassin est reçuepar une grosse conduite posée dans une galerie qui estpratiquée dans la partie inférieure de la digue lon-gitudinale qui partage en deux le grand réservoirquadrangulaire. L’eau filtrée est portée dans cettegrosse conduite par des tuyaux secondaires qui y sontimplantés en nombre égal à celui des bassins-filtres, etqui reçoivent eu.v-méines cette eau de tuyaux plus pe-tits embranchés sur eux, et percés, à leur extrémité in-férieure, de trous par lesquels l’eau s’y introduit. Lagrosse conduite, dont il est question ici, étant remplie,débouche dans une seconde bâche, d’où elle est élevéepar une deuxième machine à vapeur dans la conduited’ascension destinée à les porter au point culmi -nant de Bordeaux , lequel se trouve à 30 mètresd’élévation au-dessus des plus basses eaux de la Ga-ronne .

« Il s’agit maintenant de se débarrasser des matièresqui sont restées, soit dans les réservoirs de dépôt, soitdans les filtres. A cet effet, on ouvre à marée basseles vannes par lesquelles l’eau trouble était entrée dansles réservoirs de dépôt ; on a soin d’agiter l’eau qu’ilscontiennent encore, et elle s’écoule dans la Garonne .

« Quant aux matières terreuses qui ont pu resterdans les filtres, on fait entrer au dessous de ces filtresl’eau de la conduite d’ascension, qui, pouvant agir debas en haut avec une pression de trois atmosphères,fait monter au-dessus de la surface de ces appareilstoutes les matières terreuses qui les obstruaient, et leschasse dans les réservoirs de dépôt dont le courant lesentraîne dans le fleuve avec celles qu’ils contiennenteux-memes.

«Toutes les manœuvres que nous venons d’indiquers’opèrent, suivant le projet présenté, au moyen de van-nes et de robinets, dont on ne pourrait faire biencomprendre le système qu’à l’aide de figures qu’il fau-drait expliquer, et d’une description détaillée qui nousferait sortir des bornes de ce rapport. Nous le termi-nerons en disant que l’expérience de ce qui se pratiqueeu Angleterre et meme à Paris pour le filtrage deseaux troubles, offre pour le succès de l’appareil quepropose M. Cordier, toutes les chances désirables ; enfin,que si l’appareil ne répondait pas d’abord sur tous lespoints à ce que L’auteur en espère, il lui serait toujoursfacile de le perfectionner en lui faisant subir des modifi-cations dont l’observation et l’expérience pourraient si-gnaler l'opportunité. ( Compte-rendu de VAcadémie dessciences , 1836, p. 115).

Appareils de filtration des eaux en grand en An-gleterre. La seule des huit grandes compagnies deLondres qui clarifie son eau, la compagnie de Chel-sea, est arrivée au but en construisant trois vastesbassins communiquant entre eux ; dans les deux pre-miers sc déposent, par le repos, les matières les plusgrossières ; dans le troisii-me, l’eau traverse une coucheépaisse de sable et de gravier ou elle se clarifie défini-tivement. Quand l’eau de ce troisième bassin s’est en-tièrement écoulée, la masse filtrante de sable est ànu ; <les ouvriers armés de rateaux enlèvent alors lacouche superficielle que le sédiment a fortement salie,et la remplacent par du nouveau sable.

« Ici se présente une réflexion. Ce n’est pas inutile-ment, sans doute, que l’ingénieur habile de la compa-gnie de Clielsea a donné une épaisseur de deux mè-tres à sa masse filtrante ; les couches superficielles,celles que des ouvriers arrachent de temps en temps,agissent sans aucun doute plus fortement que lesautres ; mais les couches inférieures ne sont pas nonplus sans action ; mais elles, aussi, doivent peu à peu

s’engorger et diminuer les produits journaliers du filtre}mais il arrivera une époque ou la masse toute entièreaura besoin d’être renouvelée; cette nécessité, si l’onavait voulu la prévoir, eût exigé l’établissement d’unquatrième bassin semblable au troisième , et commelui d’un acre d étendue ; et la dépense totale de con-struction se fût élevée de 300,000 à 400,000 francs ; etla manipulation du filtre, qui annuellement ne coûtepas moins de 25,000 fr. se serait encore accrue.

« Faut-il s’étonner si, en présence des grands fraisde la compagnie de Clielsea, pour une filtration de10,000 mètres cubes d’eau par jour, correspondanteenviron 500 pouces de fontainicr, les compagnies an-glaises ont toutes répondu, dans une enquête solen-nelle faite devant le parlement, que, si on les obligeaità filtrer l’eau de la Tamise , leurs prix de vente devraientinévitablement s’accroître de 15 p. 100.

« Le système que M. l’ingénieur civil Robert Thoma introduit à Greenwich , en 1828, a sur celui de C'heî-sea l’avantage que le nettoiement s’effectue de lui-même et que toute la masse de sable filtrante y estassujettie. Cette masse forme une couche de 1 métro

I /2 d’épaisseur. L’eau peut à volonté entrer dans lebassin que le sable remplit, par-dessus ou par-des-sous. Si la filtration s’est opérée, par exemple, endescendant, dès qu’on s’aperçoit que le filtre s’obstrue,qu’il devient paresseux, on fait pendant quelque tempsarriver l’eau par-dessous, et dans son mouvement ascen-sionnel elle emporte les sédiments par la partie supé-rieure dans un conduit de décharge destiné à les rece-voir. » ( Compte-rendu de l'Académie des sciences , t. II,2 e semestre, août 1837, page'200.)

Filtration de Veau en grand à Paris . Le premier éta-blissement de filtration en grand a été fondé en 1806,quai des Célestins, par MM. Smith, Cachet et Mont-fort, qui avaient pris un brevet d’invention en 1800.

II est connu aujourd’hui sous la dénomination d’éta-blissement royal des eaux de Seine clarifiées et épurées.

On opère la filtration au moyen de petites caissesprismatiques, doublées en plomb, et contenant à leurpartie inférieure une couche de charbon comprise entredeux couches de sable et une couche d’éponges placéesà la partie supérieure.

L’eau traverse ces quatre couches de haut en bas :après quoi elle retombe en pluie dans un réservoir in-férieur de manière à reprendre l’air dont elle s’estdépouillée pendant ces diverses filtrations ; elle s’é-chappe définitivement par un robinet placé au bas duréservoir.

M. Ârago nous apprend sur cet appareil, que quandles eaux de la Seine et de la Marne arrivent très char-gées de limon, les matières dépuratrices contenues dansccs diverses caisses ou au moins leurs couches supé-rieures ont besoin d’être renouvelées ou remaniées tousles jours et même deux fois par jour.

Chaque mètre superficiel de filtre donne environ3,000 litres d’eau clarifiée par 24 heures, etc. »

En 1836, M. Henri Fonvielle a pris un brevet pourdes appareils de filtration qui fonctionnent dans lespompes publiques de la rue de l’Université, de la porteSaint-Denis, de la place de la Bastille , etc.

En 1839, M. Bouchon a installé les filtres à laine deson invention dans la pompe publique du pont Notre-Dame .

Tels sont les appareils de filtration en grand quiexistent aujourd’hui à Paris ; mais, avant de les décrireen détail, nous croyons devoir dire d’abord ce qui aété fait auparavant dans cette branche d’industrie.

Diverses manières de filtrer l’eau. Le repos de l’eaudans des vases de terre ou de grès peut être considérécomme le moyen le plus ancien et le plus simple dedébarrasser l’eau do tout ce qu’elle renferme en suspension de plus lourd et de plus grossier, mais il lie