HISTOIRE DU JAPON. Lrtr. XVI. Chap. II. 529
guent < 3 e la partie septentrionale, qu’ils appellent Oku Jeso ou le haut Desctîp -qu’ils regardent comme un Continent, Mais comment ces deux Pays tim dufont séparés l’un de sature, & jufqu’où le premier, c’est-à-dire l’Ifle, s’é- datend vers le Nord, c’est ce qu’il n’est pas aisé de conjecturer, soit par °* ^leurs Cartes qui font fort obscures & imparfaites à cet égard, soit par leursRelations, leur commerce avec ce Pays ne -'étendant gueres au - delà descôtes méridionales. Quoique M. D'/lnville ait hazardé d’en faire deuxIsles, le gros des Géographes fait de la partie méridionale une Isle, & del’autre un Continent dont les bornes font inconnues.
Les Côtes Méridionales de Jeàso font précisément à l’oppoíite des Sep- Détroits.tentrionales de l’Isle de Niphon , & ces deux côtes forment le double Dé* bagagetroit dont nous avons parlé, de Sangaar & de Jeàso , qui font séparés par di s cik 'l’Isle de Maisuma. II faut un jour pour passer d’une côte à l’autre; maisen de certains endroits, comme entre les Caps de Tanjasakki & à’Euroen ,il n’y a gueres plus de cinq ou six milles d’Allemagne ; on ne peut pas ce-pendant passer en tout tems, à cause des courans qui font fort rapides,portant quelquefois à l’Est, & quelquefois à l’Ouëst. Ce font aussi princi-palement les Japonois qui font le petit commerce qu’il y a entre les deuxPays , les habitans de Jeàso n’étant pas assez habiles mariniers pour sehazarder à traverser le Détroit, à moins que le tems ne soit fort beau.
Tout ce que les Japonois en tirent, se réduit à quelques fourrures, & àune forte de poisson qu’ils appellent Karasaki, que l’on pêche en grandeabondance fur les côtes , & qu’ils regardent comme un mets exquis, lemangeant comme nous saisons la morue.
Suivant la description que les Japonois font des habitans, ce font des 'Hahium.gens forts & robustes, mais sauvages, qui portent les cheveux longs & delongues barbes, qui les déguisent, fur-tout étant, selon quelques-uns,tout
cou-
tentrioml ; leurs Cartes ne marquent point aussi de séparation, mais semblent joindre con- \fusément les deux Pays. Ce qui pourroit faire croire qu’ils n’entendent par le mot deGafìmrt qu’une Péninsule, n ayant point de terme dans leur Langue pour distinguer unePéninsule d’une Iste proprement dite. Ce qui semble confirmer cette conjecture, c’est qu’ily a un Bras de mer qui court au Nord entre le Pays de Jedso & la Tartarie, mais on n’apas encore découvert jusqu’ou il S étend ; les Cartes Japonoises en mettent de même unautre de l’autre côté, qu’ils ont vraisemblablement découvert, sans y avoir pénétré assezavant, en forte, qu’autantqu’il paroît jusqu’à présent, le Jedso pourroit bien être une grau-de Péninsule, comme la Corée, que l’on a cru aussi qui étoit une Isle.
Les Côtes du côté de l’Est & de l’Ouëst ont été en différens tems découvertes & vi-sitées par les Portugais , les Hollandois & le Capitaine Saris , mais ni les uns ni les au-tres n’ont assez'avancé vers le Nord, pour pouvoir dire avec certitude, si le Pays est sé.paré ou non du Continent par les Bayes & les Golphes dont il est entre coupé. Le P.
Jérôme De singe lis, qui y passa du Japon, rappelle à-la-vérité une Isle dans fa secondeRelation , mais vraisemblablement sur la seule autorité des Japonois ; car il ne dit pointqu’il ait fait aucune découverte qui l’ait convaincu que c’est: une Isle , ce qu’il n’auroitpas manqué de faire fans cela, fur-tout après en avoir parlé dans la pr'emiere Relationcomme d’un Continent. Après tout il faut attendre de plus amples informations, avantque de pouvoir bien savoir si c’est une Isie, ou si ce sont pluíìems lfles, ou fi c’est unePéninsule qui se joint au grand Continent, qui est au-delà.
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