53 o HISTOIRE DU JAPON. Liv. XVI. Chap. II.
Descrìp- couverts de poil ; quoiqu’il y ait plus d’apparence qu’ils s’habillent dètìm dit peaux avec le poil en dehors, ce qui joint à leurs longues barbes leur don-r a ìç fk ne une étrange figure. Un Japonois qui avoic été deux fois chez eux, en■ * e fit une Relation plus avantageuse au Capitaine Saris , & lui dit qu’ils é-toient honnêtes & civils; que ceux du Midi entendoient le commerce, maisceux de l’intérieur du Pays point du tout; qu’ils étoient à peu près de lafigure des Japonois, qui leur portoient des habits, du riz & autres den-rées , qu’ils payoient en argent & en poudre d’or ; que l’Empereur du Ja-pon tenoit un Gouverneur & une Garnison dans la Capitale, nommée Mat-zimaii qu’ils payoient leur tribut en fourrures, en plumes & en argent;que les JeJsoh venoient souvent pour trafiquer dans le Nord du Japon,avec des barques cousues avec de la ficelle fans qu’il y ait de fer. Voi-là ce que dit Saris. A quoi nous ajouterons, que l’on convient qu’ils fonttrès-experts à tirer de l’arc, qui paroît être leur principale arme, & qu’ilsfont auffi fort habiles à la pêche & à la chaste, dont ils vivent presqueuniquement.
Le Pays. Le Pays est, dit-on, montagneux, couvert de grandes forêts, presquetout inculte , & peu habité (a); la terre ne produit que quelques fruitsëc quelques racines sauvages, & en certains endroits une sorte d’orge,dont ils font une efpeee de pain grossier. On dit qu’ils adorent le Ciel,mais fans pratiquer aucune cérémonie religieuse ; on assure encore que lc-sfemmes font communes entre eux, comme parmi les anciens Scythes &les Bretons, & qu’ils boivent beaucoup de vin & de liqueurs fortes, fansnous apprendre d’où ils les ont. Ils font si robustes & si endurcis, qu’ilsn ont d’autre remede pour guérir des blessures, que de fe baigner dansl’eau salée.
€eite Par- H semble effectivement que du tems de Kœmpfer , ces quartiers du jfedf&îìedu Jed- n’étoient gueres connus, puisque ni lui ni son 1 raducteur Anglois n’ontsb peucmi. rien à des mœurs & des coutumes des habitans. En 1620 le P. De An-gclis , Jésuite, Sicilien de naissance, entreprit de pénétrer dans ces Par-ties Septentrionales, pour y prêcher l’Evangile, & il nous a instruit plusexactement de la maniéré de vivre des Jessois ; & quoique ses Lettres à laSociété ne contiennent rien de fort important, nous croyons que l’on ver-ra avec plaisir l’extrait de ce qu’il y a de plus curieux, tel que l’a donnéson confrère le P. Charkmìx , dans son Histoire du Japon.
Partìcu' Les Jessois font grands, plus robustes & plus blancs que les Japonois ;Untis que jj s laiflent croître leur barbe, qui leur descend quelquefois jusqu’à la cein-/(fí^De ture, mais ils fe rasent le devant de la tête, Tous,hommes & femmes, feAngelis. percent les oreilles : ceux qui font à leur aise y passent des anneaux d’ar-gent, les pauvres fe fervent de fils de foie. Ils font une efpeee de vintrès-fort, & il est très - commun ; ils en boivent beaucoup , fans - doute àcause que le climat est froid ,& c’est peut-être auffi la raison qui fait qu’ils
s’eny-
GO Kœmpfer , l. t. Ch. 4. De Angelis ,ip, & suiv. Rec. di Foya*es au Nord, T. IILÇharlmix , Hííì. du Japon , T. V. p. 18 p- 44 & suiv.