POUR LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chai-. X. 247seau, sous prétexte qu’il faisoit un Commerce illicite dans ces ports ou il Sectionîl’avoit pas droit d’aller (a) (*). „ ?•
Le Ministère des Pays-Bas Autrichiens porta ses plaintes à Vienne de ^tábíirmesaisie de Vaisseaux qui portoient le Pavillon de Sa Majesté Impériale, &compw>ieon accorda sans peine des Lettres de représailles à ceux qui commsnçoient des Indesdéja à prendre le titre de Compagnie. Le Capitaine Winter , qui avoit «Ostende;commandé le Vaisseau arrêté fur la Côte de Guinée, concevant qu’il étoit °PP°fi timsuffisamment autorisé par ces Lettres, se rendit aux Dunes, & y ayant r en- uc ‘contré son propre Vaisseau, il le reprit & l’amena à Ostende avec une ri- ReprífaìUche cargaison de dents d’éléphant & de poudre d’or, qui appartenoit k foles fur laCompagnie Hollandoise des Indes Occidentales (b). Elle s’en plaignit aux E-tats-Généraux, dont les Ministres à Bruxelles & à Vienne agirent vive- occiden.ment, appuyés de ceux de la Grande-Bretagne. On ne laissa pas de vou- taies daloir soutenir les Lettres de représailles, & on fit souvenir ces Ministres du Hollande,peu d’égard que l’on avoit eu il n’y avoir pas longtems à des plaintes de lamême nature de la part de Sa Majesté Impériale,- deforte qu’il étoit aiséde voir, que nonobstant beaucoup de belles paroles, &de grandes assuran-ces d’amitié & d’estime, on ne devoit gueres se flatter d’obtenir satisfac-tion ni restitution (c). C’étoit certainement une entreprise bien hardie &fort extraordinaire, vu les forces navales des Puissances Maritimes, & legrand intérêt qu’elles y avoient,, & qu’il étoit aisé de voir qu’elles étoientdéterminées à faire cause commune. Cela n’empêcha pas les Ministres deVienne de tenir bon, & d’insister que les Sujets de l’Empereur ayant lespremiers souffert, ils fussent auflì les premiers à qui l’on donnât satisfac-tion. La négociation traîna de cette façon un peu en longueur, & commec’est beaucoup gagner en pareille circonstance que de gagner du tems. d’ha-biles Ministres trouvent toujours des expédiens pour cela; & toute la con-duite de ceux de Vienne dans le cours de cette affaire, justifia qu’ils pos-sédoient cet art en perfection ; c’étoit ce qu’il y avoit de plus avantageuxdans les conjonctures, pareequ’ils tenoient ainsi les Puissances Maritimesdans l’incertitude, & relevoient le courage des Sujets de Sa Majesté Im-périale , qui voyoient clairement combien la Cour étoit portée à les sou-tenir & à les protéger (d).
Cela donna tant de crédit à la nouvelle Compagnie, qu’en 1720 elle dpprêhm-équipa cinq grands Vaisseaux pour les Indes, & six autres l’année suivante , destrois pour la Chine, un pour Mocha, un cinquième pour Surate & la Côte jÁf^ nsde Malabar, & le dernier pour Bengale : les Hollandois en furent si irrités, ^
qu’ils
(a) Mém du Tems, p. 391. (c) Mém. du Tems, p. 411.
(/-) La Vérité du Fait &du Droit &c.$ XI. {d) Rouf t, Recueil d’Actes, T. II. p. 4.
(*) Nous sommes redevables de ces Traits & de leur explication au Traité du célébréM Du Mont , Baron de Carelscroon, qui le composa par ordre de l’Empereur, pour ex-poser la vérité du Fait & du Droit, & l’intérêt de tout ce qui concernoit la Compagnie^cs Indes , établie aux Pays-Bas Autrichiens par Octroi de Sa Majesté Impériale. O11écrivit auslî de Pautre Parti divers fa vans Traités, que nous avons aulli consultés, pourex Poser cette importante affaire avec toute l’impartialité & la clarté poíEble.