258 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE D’OSTENDESsctios quel la Couronne d’Efpagne s’est engagée à ne pas troubler la NavigationIII. d es Hollandais dans leurs Indes, en considération du même engagementemíì- à Lut part, de ne point troubler le Commerce des Espagnols dans leurslions & c. limites. Ce fut en conséquence de ces engagemens réciproques, que les... habitans des Pays-Bas furent exclus du Commerce des Indes Orientales rce fut avec' ces restrictions que les Pays-Bas Espagnols furent cédés à l’E-lecteurde Bavière, & par la France, de son consentement, à la Maison-d’Autriche, fous la condition expresse, quelle les posséderait de la mê-me maniéré, & avec les mêmes restrictions, que la Couronne d’Espagneles avoit possédés, les Etats-Généraux s’engagerent que la Maiíòn d’Autri-che remplirait ces conditions. Que si la Compagnie d’Ostende pouvoit Ré-tablir légitimement, cela Jeroit auífi préjudiciable à !'Espagne qu’aux Etats-Généraux, contre le but & l’intention de tous les Traités faits pour main-tenir & assurer la tranquillité de l’Europe ; parceque si on pouvoit les ex-pliquer de cette maniéré , ils seraient préjudiciables & ruineux pour tou-tes les Parties à la réserve de l’Empereur, & se détruiraient eux-mêmes.Telles furent les représentations que le Marquis de Pozzo Eneno fit à laCour de Londres, tant Sa Majesté Catholique étoit clairement convain-cue alors, que fÉtablissement de la Compagnie d’Ostende étoit incom-patible avec fes intérêts particuliers auflï bien qu'avec le Système géné-ral de l’Europe (*).
Réflexions Le contenu de ce Mémoire, fi clair & si fort, prouve évidemment quefur k Mé- les fentimens naturels & dégagés de prévention des Ministres d’Efpagne ,moire & touchant le droit de Sa Majesté Impériale d’établir une Compagnie des In-fur les fen‘ ^ orientales dans les Pays-Bas Autrichiens, étoient les mêmes que ceuxMnïftre? des Ministres de France, d’Angleterre & de Hollande, ce qui est & ferad". Espa- toujours un point de grande importance, parceque le Traité de Munster,Lvo- où le Roi Catholique & les Etats-Généraux étoient Parties contractantes,est expliqué des deux côtés de la même maniéré, enforte que s’il y a quel-que
(*) Pour entendre la matière plus clairement & sentir toute la force de ce qu’on diídans le texte, il faut observer que les Etats-Généraux soutenoient, que pendant que lesHabitans des Pays-Bas Autrichiens étoient sujets de l’Espagne i!s avoíent été absolumentexclus du Commerce des Indes Orientales & Occidentales; que ce Commerce avoit étéréglé par le Traité de Munster entre la Couronne d’Espagne & la République , & quel’on avoit pris des mesures pour qu’il demeurât toujours fur le même pied où il étoit réglé,pour l’avantage réciproque des deux Nations, comme i! y avoit auflï resté; que cet arran-gement avoit été pleinement confirmé par le Traité d’Utrecht, que Sa Majesté Catholi-que & la République avoíent arrêté que cette Navigation & ce Commerce resteroient fur lepied où elles étoient, fans qu’aucune des Parties eût la liberté d’y faire le moindrechangement, & que parle Traité de la Barrière il avoit été stipulé, que Sa MajestéImpériale posséderoit les Pays-Bas Espagnols ou Autrichiens fur le même pied & aux mê-mes conditions, que les Rois d’Espagne & les autres Princes de la Maison d’Autriche lesavoíent possédés, & non autrement. Le Ministre de Sa Majesté Catholique représente lesmêmes choses, insiste fur les mêmes Traités, & en tire la même conclusion en faveur del’Efpaane, que les Etats-Généraux en avoíent tirée auparavant en faveur de leur cause,comme on l’objecta dans la fuite avec raison, quand la Cour de Madrid changea de Sy-stème ( i)>
(i) T. II. p. Si-75» 77 ’ 7 »ì