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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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262 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE D’OSTENDE

Sectioh les deux Cours intéressées l’avoient prévu,- & effectivement il n’est gueresIV. d’événement dans l’Histoire qui ait causé un étonnement plus général, queTraités de œtte f u bi te & surprenante union entre deux Puissances, qui pendant filong-l’Hano- tems avoient fait paraître une aversion irréconciliable; cela n’auroit pasvre. néanmoins fait beaucoup de peine a leurs Alliés, s’ils n’avoient été con-.vaincus par le Traité de Commerce en particulier, que leurs intérêts a-voient été sacrifiés à cette nouvelle amitié , & c’est ce qu’ils ne pou-voient souffrir patiemment ni n’avoient aucune raison de faire', ou dagarder le silence (*). j

CeTraité La conclusion de ce Traité sembla établir la Compagnie d’Ostende sur desmécontente fondemens si solides, qu’amis & ennemis jugèrent quelle nepouvoit être ébran-de plus en ]ée, bien moins ruinée ou anéantie que par une guerre générale; ce qui étoitplus la difficile à digérer pour les Puissances Maritimes, qui n’étoient gueres por-faì’uis às à détruire leur propre ouvrage, & à renverser le boulevard qu’elles a-sancesMa • voient élevé pour leur propre sûreté aux dépens de tant de sang & de tré-ritimes. fors. D’autre part elles n’étoient pas plus disposées à voir le Commerce deleurs Sujets enlevé par un Prince, qui n’avoit été revêtu du pouvoir de lesruiner, que par les peines qu’elles avoient prises pour fa conservation.Mais revenons à l'Histoire, & aux moyens que les Puissances Maritimesemployerent conjointement avec la France: celle-ci s’unit de bon cœur avecelles pour renverser un édifice, qui menaçoit de faire perdre à ses voisinsles avantages qui les avoient mis en état, aux dépens des biens de leursSujets & de leurs Forces Navales, de tenir la balance du pouvoir, & d’em-pêcher des Princes ambitieux de réduire l’Europe dans la triste situationqui rend f Asie méprisable, bien-qu’elle soit par elle-même la partie du Glo-be la plus rirfie, la plus peuplée, & la plus belle. La Compagnie Hollan-doife des Indes Orientales fut si allarmée de ce Traité, & si effrayée del’idée devoir cette nouvelle Compagnie fur un pied plus avantageux quellene l’étoit elle-mêmé, quelle ne put s’empêcher de représenter encore ses ap-préhensions à Leurs Hautes-Puissances, ce qu’elle fit par un Mémpire danslequel elle prouvoit clairement que Sa Majesté Impériale se départoit des Trai-tés par fEtablissement d’une nouvelle Compagnie dans les Pays - Bas Autri-chiens,

(*) On a cru généralement que la Cour de Vienne n’avoit pas agi sincèrement dans sesnégociations avec celle de Madrid, & que par conséquent tous les grands projets fondésfur les Traités de Vienne seroient allés en fumée, quand même on ne s’y feroit pas op-posé; mais c’est ce qui n’esi: en aucune façon vraisemblable, bien loin d’être clair; carl’Jîspágne tint bon, tant qu’il lui fut possible, & commença même les hostilités; & il estassez apparent que l’Empereur en auroit fait autant si l’Efpagne eftt pu lui fournir del’argent; mais la Flotte Angloife ayant bloqué les Galbons, cela fut impossible. Maisfole que la Cour de Vienne ait été íincere dans ses engagemens avec l’Efpagne ou non, ilest certain que si l’harmonie entre ces deux Cours eût subsisté jufqu’à ce que les Espagnolseussent recouvré Gibraltar, & que l’Empereur eût solidement établi la Compagnie d'Osten-de, les Puissances Maritimes fe seroient trouvées dans une situation très-fâcheuse, ce quel’on prévint par les mesures dont il est parlé dans le texte, & en obligeant Leursfiés Impériale & Catholique d’accepter des conditions raisonnables (ij,

(>) Remaiks upoa the Tieaty of Hanorcr, p, 35,