POUR LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. X. , 261chiens, & que Sa Majesté Catholique s’éloignoit des maximes fondamenta- Sectionles de la Monarchie Espagnole, & enfreignoit directement les Traités, aux- ^ IV.quels elle étoit redevable de fa Couronne (a). _ Vienne £?
11 y avoit à la fin de ce Mémoire une espece d’insinuation, qui bien-qu’é- ^’Hanò-noncée en termes obscurs & ambigus, étoit néanmoins assez intelligible , vre.savoir que la Compagnie ne pouvant acquiescer à ces nouveaux Traités, el- „ !Vemxle s’en tient entierement aux anciens, & que ceux - ci lui fervent de réglédans tous les cas. Mais quoique l’on comprît que cela annonçoit des dé- [ a q wumarches vigoureuses dans les Indes, les deux Cours qui faisoient de cenou -pagnìe riesveau Commerce une cause commune, n’en furent pas fort allarmées, & ce-indes O.la n’empêcha pas les Directeurs de la Compagnie d’Ostende d’équiper plus rìent , a ^*de Vaisseaux pour les Indes, ni de faire un nouvel appel aux intéressés dans aux " “ uson fonds, auquel on répondit 'généralement, & par-là ils se virent maîtresdes trois quarts des sommes qu’on avoit souscrites, ce qui alloit en tout àenviron quatre-cens-cinquante-mille Livres sterling de notre monnoye (Z>).
Cela mortifia extrêmement la Compagnie Hollandoise des Indes Orientales ;elle savoir fort bien que si on lui laissoit la liberté d’agir, il lui étoit facilede se défaire de ses ennemis aux Indes, fans attendre qu’on ^supprimât laCompagnie en Europe; mais elle sentoit en même tems les fuites que cettevoye pourroit avoir, & que la derniere, bien-que plus lente, étoit la plussure. Elle ne manqua pas de représenter aux Etats-Généraux que, tandisqu’ils déîibéroient, la Compagnie Autrichienne continuoit son Commerce,augmentoit le nombre de ses Vaisseaux, acquérait de plus en plus du cré-dit , & s’étendoit dans les Indes. Elle insistoit donc qu’il n’y avoit pointde tems à perdre, qu’il falloit demander une réponse catégorique aux Coursde Vienne & de Madrid , faute dequoi on tiendrait toujours Leurs Hau-tes-Puissances dans 1 inaction, ce qui étoit tout ce que les Protecteurs de laCompagnie d Ostende pouvoient defirer, parceque le dernier appel qu elleavoit fait la mettoit en état de construire quelque bonne Forteresse auxIndes, où son Pavillon commençoit à être connu & respecté ; desorte ques’il ne restoit pas d’autre voye que celle de la force pour s arrêter, il ne fal-loit pas tarder longtems pour que l’on ne se trouvât pas privé même decette ressource (r) (*).
Le
(n~) Roujfet , T. II. p. 199. . (c) Roujset, T. II. p. 2IZ.
(b) Mémoires du Tems, p. 189.
(*) II n’y a gueres lieu de douter que si les choses en étoient venues à l’extrémité, lesHollandois ne se fussent bientôt délivrés de leurs Rivaux , en coulant leurs Vaisseaux àfond ou en les prenant, la feule crainte qu’on n’usât de représailles en Europe les en a-yant "empêchés; mais après la conclusion du Traité d’Hanovre cette crainte fut en gran-de partie dissipée, ainsi on ne doit pas être surpris que l’Empereur consentît à la suspen-sion du Commerce d’Oslende, lorsqu’il voyoit clairement qu’il ne pouvoit plus se conti-nuer; car si les hostilités avoient commencé en Europe, elles auroient commencé & finien peu de tems dans les Indes fi).
(O fyxftt, Rcc. d’Actes &c. T. V. x. rr»,