26r HISTOIRE DE LA COMPAGNIE D’OSTENDESection Le but de ces représentations réitérées étoit d’engager les Etats à pren-* 7 ; dre sérieusement en considération, de quelle maniéré le Commerce des In-Vienne & ^ es Orientales se maintiendrait, au cas que leurs Négociations fussent enco*cí’Hano- re infructueuses,. comme elles l’avoient été jusques-là; & aussi de les por*vre, ter à presser si vivement les deux Cours, qu’elles fussent obligées de s’ex-*—"— pliquer, si elles avoient dessein d’en venir aux dernieres extrémités, ou siGénéraux e!les ócoient disposées à proposer des conditions fous lesquelles cette nou-fícucìicnt à velle Compagnie pourroit être supprimée : la Compagnie Iiollandoise sou-ëviter haittoit de savoir à quoi s’en tenir, afin de prendre ses mesures, & dedes extrè ■ voir quel secours la République attendroit d’elle dans une occasion où l’E-vum, tat p 0urr oit être obligé de risquer sa propre sûreté pour la défense desprivilèges qu’il avoit accordés à la Compagnie. Les Etats-Généraux furentsi convaincus qu’il étoit à-propos & même nécessaire de faire quelquedémarche vigoureuse de cette nature, qu’ils résolurent de réitérer leurs in-stances auprès des Cours de Vienne & de Madrid, pour obtenir quelquesatisfaction (a). Les Cours de Londres & de Paris les secondèrent forte-' ment, & en même teins, considérant le peu de succès des mesures lentes& pacifiques qu’on avoit prises, elles résolurent de les soutenir par quelquedémarche d’un autre genre, qui pût convaincre l’Empereur & le Roi d’Es-pagne qu’elles ne se laissoient pas intimider par des airs de hauteur , nipersuader de renoncer à leurs droits. Ces Cours profitèrent des dispositionsoù étoit le Roi de Prusse, qui voyoit avec chagrin la puissance exorbitante,< 5 e à ce qu’il lui paroissoit contraire à la constitution de l’Empire, que l’Em-pereur avoit en Allemagne, dont il croyoit que les luîtes pourroient êtrefatales à ses prérogatives & à celles d’autres Princes; elles conclurent doncavec lui à Hanovre un Traité d’Alliance défensive daté du 3 de SeptembreÍ725, qui devoit subsister quinze ans, & auquel on inviterait les Etats-Généraux d’accéder (b). II n’est pas fait la moindre mention dans ce Traitéde la Compagnie d’Oítende, mais le second article porte, que les Parties .Contractantes s’entre-promettent leur garantie réciproque pour protéger &maintenir généralement tous les Etats, Pays & Villes, tant dedans que de-hors l’Europe, aussi bien que les Droits, Immunités & Avantages , & enparticulier ceux qui regardent le Commerce, dont les Alliés jouissent oudoivent jouir: il étoit aisé de sentir que sous cette phrase particulier ,laCompagnie d’Oslende se trouvoit comprise, puisqu’il étoit impossible qu’el-îe subsistât, & que les Alliés conservassent leurs droits & privilèges parrapport au Commerce. .Aussitôt que cette Alliance eût été conclue, on lacommuniqua non seulement aux Etats-Généraux, mais on les invita d’unefaçon pressante d’y accéder, comme le moyen le plus efficace, & vérita-blement Punique d’obtenir l’abolition de la nouvelle Compagnie, à quoi ilsétoient de toutes les Puissances les plus intéressés. Car tant que l’Empereur&_le Roi d’Espagne demeuraient si étroitement unis, íàns que les autresPrinces de l’Europe le fussent par une Contre-Alliance, il étoit évident- __ qu’ils
(r;) Historical Register, Vol. XI. p. 23. O) Corps Diplomat. T. VIII. P. II.
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