POUR LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. X. 263
qu’ils étoient maîtres de faire ce qu’il leur plairoit, & qu’ils avoient bien Sgctiohdessein de se servir de ce pouvoir pour plusieurs choses absolument contrai- IV.res aux intérêts des autres Princes & Etats, & en particulier en ce qui re - vienne %gardoit la Compagnie d’Ostende ; car elle se trouvoit si fermement établie, j’Hano-qu’en peu d’années elle auroit été en état de se maintenir contre toutes les vre.attaques de ses ennemis, n’y ayant jamais eu aucun Etablissement de cet ordre, ' ^qui jouît de pareils avantages, ou qui fût soutenu par l’autorité de deuxauíììpuissans Monarques (a).
Lien-que les Plollandois ne pussent s'empêcher de reconnoître en termes ne segénéraux la íàgesse & la prudence de l'Alliance d’Hanovre, ils n’y accède- P rí f ent _rent pas d’abord ; au contraire ils résolurent de tenter encore une fois laVoie des représentations à la Cour de Madrid. Ils chargèrent M. Van dcr TraitéMeer leur Ambassadeur à cette Cour, de présenter un Mémoire , pour rf’Hano*démontrer l’injustice qu on leur avoit faite par le dernier Traité avec l’Em- vre *pereur. Ce Mémoire fut présenté le 4 de Novembre 1725, & contenoitUne excellente déduction de leurs droits , fondés fur divers Traités, &un exposé nerveux bien-que succinct des atteintes qu'on y avoit donnéespar le Traité dont ils se plaignoient (/;). Les Ministres d’Angleterre &de France appuyèrent ce Mémoire, quoiqu’il n’eût été présenté que par ce-lui de Hollande ; & l’on apprit, quelque soin que le Ministre Espagnol prît dele cacher, que quelques-uns des plus habiles Membres du Conseil de Sa Ma-jesté Catholique n’avoient pas fait difficulté de déclarer qu’on ne pouvoitnier les faits avancés dans ce Mémoire ; enforte que depuis ce tems-là il yeut en Espagne un Parti, qui témoignoit autant de mécontentement desconcessions faites par le Traité de Commerce de Vienne, que les Minis-tres des Puissances Maritimes. Insensiblement ces sentimens prévalurenttellement, qu’on afficha à la porte du Ministre du Roi Catholique à Ro-me un Papier, qui contenoit ces mots. La Nation Espagnole promet ici u-ne récompense de cent pisloles à quiconque fera assert habile pour indiquer unseul Article dans les trois Traités conclus en dernier à Vienne, par lequel elleobtienne. quelque avantage.
Aussitôt qu’on eut connoissance dans les Pays-Bas Autrichiens du Traité LaCmta.d’Hanovre, les intéressés de la Compagnie d’Ostende témoignèrent beau- /r»wocoup d’inquiétude, fur quoi les Directeurs tinrent une Assemblée générale,
& y firent une répartition de six pour cent fur tout leur Capital, bien-qu’ilV en eût un quart qui n’étoit pas encore fourni. C’étoit-là certainement liante.
Un trait de prudence & qui étoit à-propos, cependant il ne produisit d’au-tre effet que d’empêcher leurs fonds de tomber aussi promptement qu’ilsCroient fait fans cela (r). Les Directeurs expédièrent aussi plus de Vais-seaux aux Indes, & sollicitèrent plus vivement que jamais leurs Protecteursà la Cour de Vienne; ceux-ci les appuyèrent de tout leur pouvoir, & pen-dant quelque tems la Cour Impériale parut ferme dans la résolution de
main-
(«) Remarks on the Treaty of Hanover, (r) Mercure Hist. & Polit, T* LXXlX*
£• 3 S. p. 694.
(6) Roussel , T. II. p. 214,