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IV.
Traités, deVienne ô?í/’Hauo-vre.
Conduitedes Coursde Viennect? de Ma-drid tnvers lesEtats- Générauxdans cescirconjìances.
264 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE D’OSTENDEmaintenir un Etablissement, qui en si peu de tems avoit si bien réussi, &dont on comprenait parfaitement tous les avantages. Cependant on n’eutpas plutôt appris la nouvelle que les Anglois avaient envoyé une forteEscadre à la Mer du Sud pour bloquer les Galîions, que tous les Politi-ques commencerent à croire qu’on en étoit à l’époque où la nouvelle Al-liance , qui avoit causé tant d’étonnement dans I’Europe, alloit peu à peuse dissoudre, sans qu’on en fût le moins du monde surpris; aussi ceux quifurent prudens, & qui en trouvèrent l’occasion, se désirent des Actionsqu’ils avoient dans la nouvelle Compagnie des. Indes, pour placer leur argenten d’autres fonds, où,s’il produisait moins, il fût plus sûr. Ces précautions,quelque secrettes qu’on le tint, furent très - préjudiciables à la Compagnied’Ostende, fur - tout parcequ’elle perdit d’habiles têtes dans un tems oùelle avoit le plus de besoin de leurs avis.
Mais quoi qu’il fe passât dans les Cabinets des Princes, la face des affairescontinuoit d’avoir un air menaçant, & les deux puissans Alliés, bien-qu’ilsvissent qu’ils n’avoient pas beau jeu, ne paroissoient pas disposés à renoncerà leurs projets. Au contraire la Cour d'Espagne fit bonne mine, amusa leMinistre de Hollande par les plus belles paroles, & le traita avec des mar-ques de distinction & de civilité extraordinaires, tandis quelle affecta defaire peu de cas des remontrances des Ministres de France & d’Angleter-re ; elle envoya même un Ambassadeur en Hollande pour persuader auxEtats-Généraux non seulement de ne pas accéder au Traité d’Hanovre ,mais d’accéder fous de certaines conditions à celui de Vienne ; & bien-qu’iln’y eût à cela pas la moindre vraisemblance, elle ne négligea rien pourfaire croire au Public qu’elle n’e'toit pas fans espérance de réussir (a).L’Empereur de son côté ne marquoit pas moins d’opiniâtreté, & certaine-ment avec'plus de raison, parceque tous les Articles de l’Alliance de Viennelui étoient favorables, & que l’Etablissement de la Compagnie d’Ostendefur le pied qu’il vouloir, étoit un point d’une si grande conséquence pourl’honneur & pour l’intérèt, qu’on ne doit pas s’étonner qu’il poussât fa pointecomme il fit, & qu’il travaillât par des Négociations à engager la plupartdes Puissances du Nord à appuyer fes projets, en quoi il eut d’abord un suc-cès extraordinaire, mais peu à peu la face .des affaires changea par lesmesures que nous allons exposer (£).(*).
LeS
(a) Historial Register, Vol. XI. p. 35. {b) Rougit , Rec. d’Actes &c. T. III. p*
151. 158, 314, 337.
(*) n parut par un grand nombre de circonstances que ia Cour d’Espagne étoit portésà accomplir;ponctuellement les Traités de Vienne, si elle l’avoit pu, & qu’elle fit mêaistout ce qui dépendoit d’elle pour remplir fes engagemens, ce qui parut extraordinaire àceux qui n’avoient pas fait sérieusement réflexion fur les vues de cette Cour, & très-na-turel à ceux qui les avoient pénétrées. 11 est certain que la Nation Espagnole n’avoitp 3 *sujet d’être contente du nouveau Système, qui lui étoit injurieux & préjudiciable à tou*égards; mais il étoit très - flatteur pour la Famille Royale, puisque si Don Carlos,jourd’hui Roi d’Espagne, avoit épousé Marie Ihereje^ l’ainée des Archiduchesses, y'présent Itnpératrice-Reúie, cette Alliance suroît donné Jiejí á une nouvelle Puissance très-