27 o HISTOIRE DE LA COMPAGNIE D’OSTENDE
Section ou deux Forts dans le voisinage, & on y envoya un Inspecteur de Marine,', Y 1 - . On accorda de nouveaux privilèges aux habicans, & l’on offrit toutes for-^Mtaledeïa tes d’immunités aux Etrangers qui voudroient s’y établir; en un mot on fitCompagnie tout ce qui pouvoit contribuer en quelque façon à y attirer le Commerce ;í/’Ostende & pour gages de plus grandes faveurs, PEmpereur Charles VI. y alla vers]a fin de 1’année 1728 , vit mettre à seau le Vaisseau de guerre à Trieste,
‘ & fit une Entrée publique à Fiume, où l’on érigea un Arc de triomphe a-
vec une pompeuse inscription ; on y célébrois fa grande puissance sur mercomme sur terre, on le nommoit le Protecteur du Commerce & des Arts dela paix. Tout cela ne servit de rien, les défauts de ces Places étoient vi-sibles & irrémédiables, desorte que toute l’éloquence de la Cour de Vien-ne fut inutile, & ceux des Ostendois qui s’embarquerent dans cette affaire,perdirent leur argent & leur réputation («).
1 /échue. Les Manufactures qu’on établit dans l’Autriche & dans les autres Pays
Héréditaires, se soutenoient avec peine, & il n’v a eu que la protectionspéciale que Leurs Majestés Impériales ont accordée à la Fabrique de Por-celaine â Vienne, qui ait empêché quelle n’ait été abandonnée, à-pré sentelle rapporte quelque profit. Ces mauvais succès éloignèrent de la CourImpériale les Entrepreneurs du Commerce des Indes Orientales, & dimi-nuèrent fort l’attention que les principaux Ministres avoient donnée de-puis quelques années au Commerce : ils commenceront à le regarder com-me une plante étrangère, qui ne vouloit point prendre en quelque terroirqu’ils la plantassent. Mais quelques-uns des jeunes Ministres prirent plaisir'à examiner ces projets, & à rechercher les véritables causes de leur mau-vaise réussite, & ils reconnurent bientôt que cela venoit de l’admiffion desEtrangers, pour lesquels les peuples de ces Pays ont beaucoup d’averíìon,du poids des taxes, à de la mauvaiíè administration des finances, par laquel-le toutes les parties du service du Public étoient en arriéré, dans le mêmetems que le Sujet étoit épuisé, & hors d’état de rien entreprendre au-delàde ce qui étoit nécessaire pour fa subsistance ordinaire (b). A mesure queces Ministres font parvenus à déplus grands Emplois, ils ont profité deslumières que leurs recherches leur avoient fournies, ont mis les choses furun meilleur pied, ont rendu les chemins plus commodes, & ont fait réus-sir diverses Manufactures. Tout cela a été l’effet des Mémoires présentéspar ceux qui auroient voulu réparer la perte que les Sujets de Sa MajestéImpériale avoient faite par la suppression de la Compagnie d’Ostende ,comme si cela eût été possible; & si en ce tems-là la Cour eût été dansdes dilpositions aussi favorables pour les Peuples de Hongrie quelle l’estaujourd’hui, on auroit pu faire quelque chose de plus considérable de cecôté-là, pendant que Sa Majesté Impériale étoit en possession de Belgra-de , cette ville étant fort avantageusement située pour trafiquer avec plu-sieurs Nations Chrétiennes soumises à l’Empire Ottoman (c). Tandis quel'on prenoit à Vienne les mesures dont on a parlé , les Directeurs de
la
, («,) Diction», de Comm. T. II. Col. 295. (r) Marfigli, Opus Danubiale, T. Ví.
(P) Sur des Informations particulières.