POUR LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. X. 271la Compagnie d’Ostende travailioient, à l’insu de Sa Majesté Impériale , Sectionà soutenir leur Commerce par différentes voies, qui bien-quelles parus- ^
sent quelquefois promettre quelque succès, se trouvèrent à la fin inutiles t ‘* t aiedeïa& inefficaces. Cmpagnit
Après que la premiere consternation, causée par la suspension de leur /OstendeCommerce, fut passée, ceux qui étoient dans le secret des affaires de la & c ‘Compagnie d’Ostende, firent réflexion qu’avant qu’ils eussent un Octroi, i t£S Qj recles Vaisseaux avoient été aux Indes & en étoient revenus avec de simples iourSí j e j' tPasseports: ils conclurent de-là qu il ne seroit peut-être pas impossible d’y Compagnieenvover encore quelques Vaisseaux, & de les faire revenir fur le même /Ostendepieden se procurant des Passeports de quelque Prince. Ils sonnèrent là-dessus leur projet, & comme l’argent peut tout, ils trouvèrent un proprié-taire & un protecteur pour quelques-uns de leurs Vaisseaux (a) (*). Le nuer l.urpremier fut M. Adam Primer , riche Marchand de Lintz en Autriche, qui Commerce.dans le besoin devoir passer pour être le propriétaire des Vaisseaux & deleur charge ; & le protecteur fut le feu Roi de Pologne, duquel le Mar-chand Autrichien avoir obtenu un Passeport pour le Vaisseau ■ la Sainte1 hérese & pour d’autres dont on ignore les noms. La Compagnie avoirdans les Indes un très-habile homme à la tête de ses affaires, également\ har-
(a) Rouffèt , Recueil d’Actes &c. T. VIII. p. 303.
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(*) L’babileté de ceux qui avoient la direction de la Compagnie d’Ostende parolt entout ce qu’ils firent, mais fur-tout dans les diverses voies qu’ils tentèrent pour s’aíïurerune retraite, dans le teins même qu’ils tâchoieut de faire croire tant aux Indes qu’en Eu-rope, qu’ils sauroient bien se soutenir, quoique la situation des affaires de ['Empereurl’eût obligé de consentir à la suspension de Ic-ur Commerce; que ce n’étoit que pour avoirle tems d’examiner les droits fur lesquels leur Octroi étoit fondé, & que comme ces droitsétoient incontestables , l’affaire se termineroic enfin en leur faveur. Ce fut par ces arti-fices, secondés de !'arrivée de quelques Vaisseaux, qu’íis soutinrent ieurs fonds plus d’unan après la signature des préliminaires , qui dévoient suivant la plupart des gens intelligens les faire tomber à rien (i). Mais au mois d’Octobre 1728, ils congédièrent lesOuvriers qui travailioient fur leurs chantiers, & plusieurs autres subalternes qui étoientà leur service, ce qui fit baisser considérablement-les Actions dans l’Eté de 1729; ils lesfirent cependant remonter à la faveur de divers bruits jusqu’à soixante-quatorze, maisavant la fin de 1 ’,innée elles ne furent gueres à plus de cinquante. Après tous ces mal-heurs les Directeurs rendirent leurs comptes dans une Assemblée générale le 30 Mars1730, & reconnurent que le fonds de la Compagnie alloit bien à sept millions & demi,outre quatre millions que l’on comptoir que produiroit la vente de leurs marchandises ,fixée au premier de Juin ; en conséquence ils annoncèrent une répartition de quarantepour cent (2) , dont on payeroit dix en argent, & le reste en.billets, qu’on devoit ac-quitter au bout d’un tems raisonnable après la vente faite : nombre d’intéressés furenttrompés par cette ruse, & se flattèrent que leurs Directeurs qui avoient déja tant fait,seroient en état de faire encore davantage, & qu’ils trouveroient moyen de continuerleur Commerce par quelque voie fecrette, en dépit de toutes les négociations, & de>a vigilance des Puissances Maritimes , qui ne dissimuloient plus qu’elles saisiroient &c °nfisqueroient tous les Vaisseaux qui seroient partis d’Ëurope depuis la signature desPréliminaires (3).
( 1 ) Mercure Hifi. & Polit. T. LXXXV, p. (s) Voy. Historical Register, & aimes Oum-47s. 47 s. ges périodiques de ccs années - là,
(r) ibid, T. LXXX VHI. P-47Í , 47 «,