POUR LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. X. 2?3sien ; après qu’il eut fait les affaires qu’il avoit-là, il alla à Hambourg , où il SectionM ouilla le 12 Septembre 1731 (a). Les Directeurs de la Compagnie d’O- VI.stende ayant appris l’heureuíe arrivée de l 'Apollon furent transportés de f^aUdeUtjoie, & pour ranimer le courage de leurs intéressés ils publièrent impru- Compaq,Ldemment, que bien-qu’ils sussent privés de la liberté de fournir leurs ma- á’Oíìendegazins dans les Pays-Bas, ils fourniroient dans peu tout le Nord & l’Empi-re de Marchandises des Indes, dont ils établiraient l’Entrepôt ou le Mage- ~~zin à Hambourg, & on annonça dans les Gazettes le tems précis de la vernede la cargaison de l’Apollon à Hambourg (b). Ils soudoient l’efpérancede finir cette affaire aussi heureusement qu’ils í’avoient commencée, fur lesgrands privilèges accordés par l’Empire à l’Elbe, & fur le crédit de la li-bre Ville de Hambourg, ne doutant point que les Magistrats ne leur don-nassent toutl’appui qui dépendrait d’eux, à cause du profit que leurs lia-bitans retireraient des ventes, & du grand nombre de Marchands qu’el-les y attireraient; l’événement fit voir qu’ils ne s’étoient pas trompés tout-à-fait, & tout bien considéré, c’étoît l’expédient le plus finement imaginéqu’il étoit possible dans fétat désespéré où étoient leurs affaires ,& qui prou-ve que ces Directeurs étoient d’habiles gens, qui auraient soutenu ce Com-merce , st la chose avoit été possible (c). "
Mais les Puissances Maritimes, prévoyant les suites de cette entreprise, le% Mmis-st l’on ne s’y opposoit promptement d’une maniéré efficace, convinrent wsd'agir de concert & de s’adresser au Sénat de Hambourg , desorte que le luiffimcesChevalier Cyrille Wyck & M Maurìtius, Ministres de la Grande-Bretagne& de Hollande, présenteront un Mémoire tiès-fort, dans lequel ils repré- jretfentsentoient qu’un Interlope, qui avoit fait un Commerce clandestin & il- mx Ma-licite contre la foi des Traités, avoit cherché un asyle dans leur Port, gístrais/je& prétendoit y trouver impunément de la protection. Que ce Vaisseaunommé l 'Jpollon, étoit revenu avec une cargaison, des Indes, où il nelui étoit pas permis d’aller ; en conséquence ils demandoient que le Vais-seau & les effets fussent séquestrés, pour qu’on ne pût en faire la ven-te fous main, avant que le Roi de la Grande-Bretagne & les Etats-Gé-néraux se fussent éclaircis avec les Puissances qui contre toute attentevoudraient s’intéresser dans cette affaire ; ces Ministres ajouraient, qu’ilsne doutoient point que les Magistrats ne leur donnassent une réponse fa-vorable , qui pût leur fournir l’occasion de louer leur attention pour leursSouverains , d’autant plus qu’il leur importoit plus de conserver les bonnesgrâces de ces deux Puissances, que d’exposer leur Ville & le Commerce deíes Habitans à des dangers, pour faire plaisir à des Etrangers fans aveu (d).
Ce Mémoire étoit daté du 10 Décembre 1731. Les Magistrats qui com-prirent toute I’importance de cette affaire, la communiquèrent aux Elusde la Bourgeoisie, conformément aux Constitutions de la Ville ,& firentle i2 du mois réponse aux deux Ministres, contenant en substance (t):
(a) Mercure Hist. 1 . c. p 342.
Q) Voyez le Mémoire de MM Wyck &
(0 T. VIII. p. 304.
(d) lbid. p. 304-306.
(<?) Ibid. p. $07.
M m
Maurìtius où ces faits font affirmés.
Tome VIII.