POUR LES INDES ORIENTALES. Liv. XVII. Chap. X. 2?5
dans une ville libre & marchande ; desorte qu’après la Déclaration générale Sectionfaite à la Douane, il n’a pris aucune connoissance des effets du Vaisseau en Vi.question, & conséquemment il ne le satiroit faire à-présent, au bout d ^foTJkdeTatrois mois ; parcequ’il ne peut savoir à qui le reste des effets appartien- CompagnieKent, comment leur propriété a été changée, hypothéquée & aliénée. Pour ^'Ostendene pas dire, que les Loix fondamentales & les Constitutions de la Ville, que £?*'•le Sénat a juré de maintenir, ne lui permettent pas de visiter & examiner -les maisons, magazins, caves & greniers des Bourgeois & Iiabítans, lorsqu’ilïsy a pas de crime capital ; ce qui seroit d’ailleurs diamétralement contrai-re à la liberté & à la sûreté du petit Commerce qui reste encore à la ville, &seroit même inutile & infructueux. A ces causes l’honorable Sénat prieinstamment M. l’Envoyé Extraordinaire Wyck & M. le Ministre résidentMaurìtius de représenter favorablement à Sa Majesté Britannique & à Mes-sieurs les Etats-Généraux, qu’il est moralement impossible au Sénat & à laVille d’acquiescer à leurs demandes dans le cas présent; que de l'autre côtéle Sénat est prêt & porté de tout son cœur, autant que ses petites forces lepermettent, d’aider de plus en plus à encourager & à faire fleurir le NégoceBritannique & Hollandois dans fa ville.
Le même jour que le Sénat de Hambourg fit remettre cette réponse aux Le SénatMinistres des Puissances Maritimes, il écrivit une Lettre à l’Empereur, con- êcr ‘‘ au fçue en termes forts & respectueux : il lui représente l’embarras où il se trou - à rEm P emve , & l’appréhension où il est d’encourir la disgrâce de deux grandes Puis- reur 'sances, & fimpossibilité où il se trouve de l'éviter, sans manquer à la fidélitéqu’il doit à l’Empire, sans faire breche aux libertés de la ville, & fanssacrifier les droits & les privilèges dont dépend non seulement son Com-merce , mais fa subsistance ; en conséquence il implore la protection de l’Em-pereur dans une anaire de si grande importance, comme la feule ressourcequi lui reste (a). Mais avant que le Sénat pût avoir réponse à cette Let-tre , les Ministres des Puissances Maritimes présenterent le 14 du mois unsecond Mémoire plus pressant que le premier, par lequel ils demandoientque les Magistrats tâchassent de conserver la cargaison de ï Apollon dans sonentier, autant qu’il leur seroit possible, &qu’ils fissent défendre ou du moinssuspendre la vente publique des effets annoncée dans les Gazettes pour leMécredi suivant, dans la maison de Goverts ; d’autant plus qu’ils étoientbien informés, qu’il n’y avoit qu’une très-petite partie des effets qui dé-voient se vendre qui lui appartînt, & que le reste appartenois à des Etran-gers , & particulièrement à quelques Hollandois, dont Goverts n’étoit quele Commissionnaire. Çjue l’intention du Roi & de Leurs Hautes - Puissan-ces n’étoit pas de 'faire le moindre tort ou préjudice à la Ville de Ham-bourg ou à ses Habitans, à moins qu’ils ne voulussent s’attirer les mauvaisesgrâces de ces Puissances, mais d’empêcher leurs Sujets d’enfreindre lesLoix de leur Pays, en faisant un Commerce illicite sous une protection é-trangere. Qu’ainsi le Magistrat comprendroit aisément que cette circon-stance rendoit l’affaire très-sérieuse, & qu’en tolérant la vente publique après
cet
(«) Rouset, 1. c. p. Z15.
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