Section
VI.
Extìnâìontotale de laCompagnie«TOslc-nde
&e.
11 profitefies circon-stancespour per-mettre lavente desEffets.
La charged'un autreVaisseauslí’Ósten-de envo-yée //'Espa-gne àHam-bourg.
276 HISTOIRE DE LA COMPAGNIE D’OSTENDEcet avertissement, le Magistrat ne protégerait plus ses propres Bourgeois ,mais des Etrangers fans aveu, qui cherchoient á profiter de cette protectionpour éluder les loix de leur Pays (a).
Le Sénat fit une prompte & ample réponse à.ce Mémoire, & insistaencore sur les grands privilèges de l’Elbe,sur ce qu’il ne lui convenoit pointde se constituer Juge des différends entre les principales Puissances de l’Eu-rope, & fur le risque qu’il courrait de désobliger le Roi de Prusse, & depasser pour avoir déshonoré l'Empire, s’il acquiesçoit à ce qu on lui de-mandoit (b). Le 19 du mois le Magistrat écrivit encore une Lettre à l’Em-pereur, plus pressante que l’autre, le suppliant de prendre quelques mesu-res pour prévenir la ruine dé leur Commerce, & d'engager les PuissancesMaritimes de rien entreprendre au préjudice de la liberté de la Navigationde l’Elbe, qui jusques-là n’avoit pas été contestée (c). Nonobstant les Mé-moires présentés, les conjonctures ne permirent pas aux Puissances Mariti-mes de porter les choses à la derniere extrémité ; d’ailleurs quelques per-sonnes d’un certain rang se trouvèrent intéressés dans le succès de l’entre-prise, ainsi on fit naître deá incidens, l’affaire traîna en longueur, la car-gaison fut vendue, & les Puissances Maritimes aimèrent mieux laisser tom-ber l’affaire que d’en venir aux voyes de fait, ignorant jusqu’où l’Empe-reur pourrait se trouver obligé áe maintenir la liberté de la Navigation del’Elbe, ou si enfin le Roi de Prusse ne se croirait pas obligé de se mêler del'affaire, pour soutenir l’honneur de son Pavillon; & dans les circonstancesil ne convenoit pas d’avoir des démêlés avec lui. La Compagnie d'Osten-de sembla donc triompher dans cette occasion : les Directeurs en furentcharmés, & se flattèrent d’avoir trouvé un moyen de continuer leur Com-merce nonobstant tous les Traités; mais ils virent bientôt qu’ils se trom-poient, & que Sa Majesté Impériale étoit déterminée à faire sa paix avecles Puissances Maritimes à leurs dépens (d).
Ayant eu avis à Ostende qu’un autre de leurs Vaisseaux, nommé la Si-rené , revenoit, ils envoyerent une Corvette à fa rencontre, pour lui don-ner ordre d’entrer à Cadix ; à son arrivée il trouva un Vaisseau François ,nommé la Marie- Ar mande , fur lequel il chargea tous ses effets, & qui les• transporta à Hambourg, comme appartenant à un Négociant Espagnol (e).Les Puissances Maritimes furent bientôt au fait de la vérité, & pour ne pastomber dans les mêmes inconvéniens que la premìere fois, elles s’adreffe-rent directement à la Cour Impériale, représentant que ces artifices étoientune violation manifeste des Traités faits avec Sa Majesté Impériale. L’Em-pereur ayant mûrement pesé l’affaire , envoya a son Ministre à Hambourgun Rescript daté de Lintz le premier d’Octobre 1732 , par lequel il notifioitau Séhat, qu’il avoit été informé que la ci-devant Compagnie d’Ostende,
non-
O) Mercure Hist. & Polit. T. XCí.p. 553- Kouffet . Rec, d’Actes &c. T.V11I.p. ZI9-32I
{b) Mercure Hist. & Polit. I. c. p. 692,<593*
(c) Rotffet, J. c. p. 330.
(V/) Mercure Hist. & Polit. T. XCU-p. 33<5-
0) Rouffet, ubi íup p. 339.