HIST. DES TERRES AUSRTALES. Liv, XVII. Chap. XII. 303Outre les voyages faits au Détroit de Magellan, on dit que les premiers Sectionqui ont pénétré juíqu’à la Nouvelle Guinée & la Nouvelle Hollande ,ont été un François, nommé Binot Paulmier de Gonneville, & /Jlvare de ^couver-Saavedra, Espagnol. Tous les meilleurs Historiens conviennent que c’est tes dessu dernier qu’on est redevable de la découverte de la Nouvelle Guinée en Terres1528,, bien-que les François s’essorcent de faire honneur de cette découver- Australeste à leur compatriote ; mais la Relation tirée dit-on, des papiers de Gonne- ^ c ’ville, est si fabuleuse, les récits ont l’air si romanesque, & font si défectueux Déceuver-pour les dates, la Latitude & la Longitude des lieux dont il fait la deierip- te de lation, que nous ne pouvons nous empêcher de regarder le tout comme une Nouvellefiction (a). En en supposant la vérité , ellé ne peut être gueies d aucuneutilité pour faire de nouvelles découvertes, le véritable objet des Journaux n 'de cet ordre. Saavedra donna à ce Pays le nom de Nouvelle Guinée , parcequ’ilcrut qu’il étoit diamétralement opposé à la Guinée d’Afrique, & à causede la ressemblance qu’il y a entre les habitans de ces deux Pays pour le teint,les traits & la chevelure. D’autres rappellent Terre de Papa , 'disant que Papasignifie noir dans la Langue du Pays (/-). Comme à d’autres égards le Jour-nal de Saavedra est fort imparfait, nous le passerons, pour nous arrêter kceux des Navigateurs fuivans, qui font plus circonstanciés & plus exactsdans leurs Relations.
Un des premiers est Don Pedre Fernand de Ouïr os , Portugais de Nation, Fixage dequi étoit venu à Lima fur l’Efcadre d ’/llvare de Mindana ; & il y a de sap- Quirosparence qu avant ce tems-là il avoit déja fait un voyage dans la Mer Paci-fique (c). En 1606 il partit de Lima, en qualité de Pilote, fur la Flotte de jj que enLouis Paz de Torres ; il découvrit les Isles de son nom à vingt degrés de 1606.Latitude & deux-cens-quarante de Longitude. De-Ià continuant fa route,toujours entre le vingtième & le dixieme parallèle, il découvrit plusieursautres Isies inconnues. Guillaume Sclwuten & Hoggeveen ont depuis tenula même route que Outres, & íkRelation est confirmée parles Navigateursles plus expérimentés & les plus fideles, bien-qu on lait regardée pendantlongtems à la Cour de Madrid comme un Roman. Le Roi d'Espagne Phi-lippe III, curieux de pqrfeclionner les découvertes faites -dans les Mers Pa-cifiques par Galle go & de Mindana , résolut d'envoyer au Pérou Ouiros, quiavoit si r ci dans ces deux Expéditions, avec ordre au Viceroi deìui fournir
deux
(«) Iiist. des Navigations aux Terres Au- (r) Hist. Gén. des -Voyages, T. XVI. p.
Unies, T. I. p. 102. 21. Ed. in 4(0.
(/-) Hist. Mod. T. VI. p. 100.
^-moins qu’il n’y ait dans ce dernier un Continent jusqu’à- présent inconnu. Quelle seroitU conséquence d'une pareille inégalité, c’eíl ce que savent bien ceux qui sont un peu ver-sés dans les Problèmes Géographiques. 11 suffit pour notre but, que les preuves physi-ques , aussi bien que celles que fournit l’expérience , nous assurent qu’il doit nécessaire-ment y avoir au Sud de I"Equateur une grande étendue de Terres, L c’est ce que eouss i'peUons le Continent Austral (i).
(t) Yoy, les Oyy.agçj de de Colkâ. de Marrtpoi< T t I, lub fia,.