HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. 3 , 3
dent de différentes maniérés; les uns les ont crépus, les autres bien tri- Sectionles, d autres hérissés & tout droits fur la tête, d’autres en cinq ou six tref- II.ses nouées ensemble. Le Roi avoit au côté gauche de la tête une longue fs s c ssss r 'tresse qui pendoit jusques fur la hanche, le reste étoit noué d’un ou de vcri ss jdeux nœuds. Ses Courtisans avoient deux tresses aux deux côtés. Les fem \.vigateun.Hias étoient fort laides, mal-faites, avec de longues mammelles qui leurpendoient jusques fur le ventre. Hommes & femmes font nuds, à la ré-serve de quelques feuilles, qui fervent à couvrir les parties naturelles. Onn’apperçut chez eux aucune trace de Religion, d’Oeconomie, d’Industrie,ni d’Arts. Ils vivent comme des brutes, & recueillent ce que la terre pro-duit d’elle-même. lis ne fement ne ne moissonnent, ne vendent ni n’a-chettent, ils laissent le foin de tout à la Nature. Ils font extrêmement gour-mans , & mangent le poisson avec une voracité surprenante. Les Llollan-dois en ayant pris beaucoup, en firent présent au Roi, qui en mangea furle champ tout crud, tête, entrailles, queue, fans rien jetter. Ils n’ont pasplus de modestie que de religion & d’industrie : ils fe mêlent publiquementfans honte avec leurs femmes, même tout proche du Roi, quelque respectqu’ils ayent d’ailleurs pour lui. II y a une bonne Baye au côté méridional del’Iíle dans un Golphe, à quatorze degrés, cinquante-six-minutes ; on nom-ma cette Ille & une autre les Isles de tíoorn (a).
Le 21 de Juin, on découvrit cinq ou six petites Isles, couvertes d’ar- Isles Ver-bres. On vit d’abord venir deux Canots, faits comme ceux des Isles où tes ou del’on avoit été, mais plus grands, puifqu’ils pouvoient tenir cinq ou six hom- St -J ean -mes. Ils sembloient parler la même langue, & étoient plus noirs; ils a-voient des arcs & des fléchés. Ils montroient vers l’Ouè'st, & l’on compritpar leurs signes qu’il y avoit d’autres Isles, que leur Roi y résidoit, &qu’ony pourroit trouver les choses dont on avoit besoin. On apperçut les joursíuivans d’autres Iíles, & sur-tout trois fort baises, toutes couvertes d’ar-bres, qu’on appella les Ifles Vestes. On en vit auffi une fort haute, quiavoit sept ou huit collines ; on lui donna le nom de St. Jean , à causequ’on l’avoit découverte le jour de la St. Jean. Elle peut avoir neuf oudix lieues de tour, & il y a quantité de grands arbres. On y voit des plan-tations fur le penchant des collines, avec des enfilades de Cocotiers, quiles environnent. Les habitans font faits comme ceux des autres Isles voisi-nes , ils parlent la même langue, & leurs Canots ont la figure de ceux deì’Iíle de la Cave, dont nous dirons un mot dans la Section suivante (b).
Comme on découvrit d’autres Terres au Sud-Ouëst, qui étoient forthau- côte de lates, oli présuma que c’étoit le Cap de la Nouvelle Guinée, fur lequel on N. Gai-porta. Quand on fut proche de la côte, on ne trouva point de fond. à.
Deux* ou trois Canots remplis de Sauvages attaquèrent la Chaloupe, en jet-tent des pierres avec des frondes, mais on les fit bientôt retirer. Les ha-bitans de cette côte font fort noirs. ils étoit tout nuds, & parloient un au-tre langage que ceux qu’on avoit vus auparavant. Pendant la nuit ils fi-rent garde tout le long de la côte, parodiant craindre le Vaisseau. Le ma-tin
(«) Là-inême, p. 167-187. (Q Voy. de Dampier, T. V. p. ioÇ.
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