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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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II.

Découver-tes Je di-vers Na-vigateurs .

Z14 HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII.tin ils parurent également farouches, toutes les caresses furent inutiles pour lesengager à venir à bord, ou à troquer des denrées. Bien-qu’on leur parlât d’unton amiable, ils s’assemblerent & attaquèrent le Vaisseau avec leurs frondes,dont ils fe fer voient avec beaucoup d’adresse. On fit alors jouer le groscanon avec la mousquetterie, & l’on en tua dix ou douze. Les autres fejetterentà la mer, nageant & plongeant comme des poissons. Cependantles Hollandois dans leur Chaloupe en firent périr quelques-uns; on fit auffides prisonniers, qu on mit en liberté pour des cochons & des fruits.

Ces Sauvages avoient les deux oreilles & les deux narines percées, & quel-ques-uns avoient auffi un trou au diaphragme du nez. Dans tous ces trousil y avoìt des anneaux. Ils avoient passablement de barbe, fans moustache,& des bracelets de nacre de perles au - dessus des coudes & aux poignets.Presque tous vontnuds, n’y en ayant que quelques - uns qui couvrent leursparties naturelles dune feuille d’arbre tenue par une ceinture d'écorce. Ilsfont puissans & bien proportionnés dans leur taille, ayant les dents noires-& les cheveux de la même couleur, courts & crépus, mais ils n’approchentpas tant dé la laine que ceux des Nègres. Ils portent des bonnets d’écor-ces d’arbre peintes, en mettant deux ou trois l’une fur fautre, qu’ils joi-gnent par une efpece de corde dont ils les lacent, & ils fe les mettent autourde la tête presque comme une coëffure de femme. II y en a qui ont unepetite corbeille de jonc pendue autour d’eux, où il y a de la chaux poursaupoudrer le pignang qu’ils mangent. Les civilités qu’ils font & les res-pects qu’ils rendent, consistent à ôter leur bonnet, & à fe mettre les mainsfur la tète ; ils s’y mettent auffi des feuilles d’arbre pour marquer de l’a-mitié. En venant à bord ils chantoient tous d’une maniéré, où il y a-voit assez d’accord. Leurs armes font des frondes, des assagayes d’unbois dur, il n’y a point de fer, des massues, & des sabres de bois, auxpoignées defquels il y a des ornemens. Ils font agiles à la course, & mor-dent rudement, leur coutume étant de mordre comme des chiens. On pritce Peuple pour des Papous (a).

Deux jours après , on vit venir à bord plusieurs Canots, dont lesNoirs rompirent leurs assagayes fur leur tête en signe de paix. Leurs Ca-nots étoient mieux construits que ceux des autres, & ceux qui les con-duifoient paroissoient plus civilisés , bien-qu’ils fussent nuds jusqu’à la cein-ture. Ils n’apportoient rien , quoiqu’ils demandassent tout ce qu’ils vo-yoient, & qu’ii y eût quantité de cocos dans leurs Isles. Us font fort en-têtés de leur barbe & en font une grande parade, la poudrant de chauxauffi bien que leurs cheveux.

Le premier de Juillet le Navire fe trouva entre une Isle de deux lieues delong & la Nouvelle Guinée ; íl fut bientôt entouré d’une vingtaine de Ca-nots des mêmes gens qu’on avoit vu les jours précédens, & qui avoientrompu leurs assagayes fur leurs têtes. II parut alors que cette cérémonien’avoit eu pour but que de tromper, pareequ’ils avoient cru pouvoir fe ren-dre maîtres du Vaisseau. Ils commencerenc par aller s’asseoir fur deux an-

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(«) Mi íup, p. 191-1 yg.