I-IÍST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVIÍ. Chap. XII. 3is
cres parées pour mouiller, avec une de leurs rames à la main, imaginantSacmwhs alloient conduire L Vaiíleau a íec. Les autres s'étant approchés u.entreprirent de se servir de leurs frondes. Alors on leur envoya des bar- Découvs ^
dées avec de la mitraille, qui en exportèrent douze ou treize, & mirent le ZsNa.Peste en fuite.
Après avoir vu un grand nombre d’Isles, en continuant leur route nos líffíIII*Avantuners porterent fur un Cap uni, qu’ils voyoient ; ils trouvèrent’seaude diverses couleurs, il y en avoit de verte, de blanche & de jaune- &comme elle étoit plus douce que celle de la Mer, on présuma quelle ve-noit dune Riviere, qui s’y déchargeoit. On voyoit auffi flotter des ar-bres, des branches & des feuilles, sur lesquelles il y avoit quelquefois desoiseaux & des écrevisses. * ■*
Le 8 on mouilla à une Isle haute, qui gît à trois degrés, quarante-qua-tre minutes. Les Insulaires leur firent voir une petite montre de sine-mbre. C’étoient des Papous, dont les ornemens, joints à leur difformité natutelle, les rendoient fort hideux: il sembloit que la Nature avoit été auflravare pour eux que leur imagination étoit bizarre; leurs traits, leur fi «-ureleur taille avoient quelque chose de singulier. Ils avoient les cheveux courtsàc frisés, des anneaux passés dans le nez & dans les oreilles de petitesplumes fur la tête & fur les bras, des dents de cochon autour du cou &fur la poitrine. Ils avoient quelque chose de mort dans la phisionomie &tout étoit rebutant en eux. Les femmes étoient presque affreuses l’un'*étoit louche, l’autre avoit de grosses jambes mal-fàines, l’autre les bras en-flés, ce qui fit juger que l’air étoit mal-sain, d’autant plus que les maisonsetoient élevées fur des pieux à huit ou neuf pieds de terre Les femmesavoient aussi de longues mammelles, faites presque comme dé gros bovauxqui leur tomboient jusques fur le nombril ; des ventres ’
tonneaux; la plupart portoienc des enfans fur leurs do s ,q U f v d ^ s
me des bosses. Elles avoient des phisionomies de singes, de vilains traits "les parties naturelles médiocrement couvertes, & le derrière nud comme lereste du corps ; des cheveux courts, deforte quelles ne différoient des hom.mes pour ce que l’on voyoit que par les mammelles (a).
Dans une bonne Baye où l'on mouilla, il y avoit deux villages dont leshabitans envoyerent des noix de cocos avec quelques cochons, mais ils lesvoulurent vendre fi cher qu’on ne put troquer avec eux.
Le 15 on côtoya deux Iíles basses à demi-lieue de la côte; voyant qu’il Ay avoit abondance de noix de cocos, la Chaloupe & le Canot bien armés Mcw >allerent à terre. Les Insulaires, que l’on avoit irrités par des bravades é ' / ‘ lnson< 2 ?toient fur leurs gardes, & lorsqu’on voulut débarquer ils tirereut une mnl'/ Arimoî ‘titude de fléchés, & blessèrent seize hommes, deforte qu’on fut oblivé défe retirer, nonobstant les armes à feíi. Le 1 6 on navigea entre les demrIíles, & l’on mouilla: ce même jour-la Chaloupe & le Canot nagèrent en-core vers la plus petite Ifle, pour tâcher d’avoir des noix. On y mit le fetîà deux ou trois huttes, & l’on emporta des noix de cocos. Cela rendit
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(a) Voy. la fuite de la même Relation»Rr 2