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22 (1764) L' histoire des découvertes, des conquêtes, et des établissemens des Hollandois, des Danois et des François dans les Indes orientales ...
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HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII. 325quelquefois auffi à peine en attrappent-ils assez pour en goûter. Mais soit Sectionqifils en ayent peu ou beaucoup, tout le monde en a fa part, tant les en- m.fans que les vieillards, qui ne peuvent pas aller à la petite guerre commeles autres. Après qu’ils ont mangé ils se couchent j.ssqu’au reflux, alors tout Nouvellele monde se met en marche: qu il soit jour ou nuit, qu’il pleuve ou qu il Hollandefasse beau tems, c’est la même chose, il faut marcher ou jeûner. La terrene produit rien qui puisse fournir à leur subsistance. Ils n’ont ni herbes, ni ~~légumes, ni aucune forte de grain, qu'on ait vu. U n y a point auffi d’oi-seaux ou de bêtes qu’ils puissent prendre, parcequ’iîs n’ont aucune forted’instrumens (a).

11 s ne paraissent point faits au travail , car les Anglois en 'ayant ha-billés quelques-uns dans l’efpérance d’en tirer du service, pour transporterde seau, tous les signes qu’ils leur firent furent inutiles • quand on leur eutmis à chacun un petit barril fur le corps, ils demeurèrent fans mouvementcomme autant de statues, grimaçant comme des singes, & se regardant lesuns les autres, déserté que les Anglois furent obligés de porter leur eau eux-mêmes. Les Sauvages se dépouillèrent de leurs habits, comme s'imaginantqu’ils n’étoient faits que pour travailler ( b).

On n’a remarqué aucune trace de Religion parmi eux. Ils ont quelques Armes.armes pour défendre leurs réservoirs, ou pour combattre leurs ennemis, stquelqu’un se' présente pour attaquer leur misérable pêche. Les uns ont desépées de bois, & d’autres des efpeces de lances. Leur épée est un morceaude bois en forme de coutelas. Leur lance, un bâton long & droit, pointupar un bout, & qu’on met ensuite au feu pour le faire durcir. Dampiern’a point vu de fer ni d’autre métal. II paraît qu’ils savent combattrequand ils sont animés. Lorsque Dampier aborda la seconde fois à la Nou-velle Hollande, il eut à soutenir un combat contre quelques-uns des Sauva-ges, dont 1 un lui darda une lance, qui ne le manqua gueres (d),

II semble y avoir quelque efpece de gouvernement & de subordination Leurparmi eux, car les Anglois remarqueront entre les Naturels avec lesquels ils che f'avoient été aux prises, un Sauvage qui par fa conduite & son extérieur sem-bloit être leur Chef ou leur Prince. C’étoit un jeune homme d’une taillemédiocre, fort vif & plein de courage, o loiqu’il ne fût pas auffi bien tour-né que quelques-uns des autres. II avoit lui seul un cercle de peinture blan-che , qui ressembloit à de la chaux, autour des yeux, & une raye de la mê-me couleur depuis le haut du front jufqu’au bout du nez. Sa poitrine étoitauffi peinte de blanc, avec une partie de ses bras; si c’étoit pour l’orne-nrent, ou pour se rendre pins terrible, à l’exemple de quelques Indiens quifont fort guerriers, c’est ce que l’on ignore. Quoi qu’il en soit, ce blanc neservoit qu’à relever fa difformité naturelle, & Dampier assure qu’entre lagrande variété de Sauvages qu il a vus en ía vie , il n en a jamais trouvéde si affreux & de si laids que ceux-ci. L’endroit dont il s’agit n’est pas

à

(a) Damïler, T. II. p. 169 171. (0 Ibid. T. IV. p. 132,

(b) Ibid. p. 174» 175-