Section
III.
Descrip ■tinn de laNouvelleHollande£?c.
Ijle dePâques.
332 HIST. DES TERRES AUSTRALES. Liv. XVII. Chap. XII,
„ avoit point de rochers. A douze lieues environ à l’Ouëst nous ap-,, perçûmes une grande étendue de terre, que nous prîmes pour des IR„ les, à cause des séparations qu’il y avoit. D’ailleurs il nous sembla
„ qu’elle s’étendoit quinze ou seize lieues en long, & de grandes trou»
„ pes d’oiseaux venoient de ce côté-là. J’avois bonne envie avec plu-„ sieurs autres de l’équipage d’aller voir cette Terre , mais le Capitaine„ ne le voulut pas permettre. Cette petite Iíle se trouve à cinq-cens
„ lieues à l’Eíí de Copayapo , & à six - cens des Gallapagos, qui font
„ fous la Ligne.” Le Commandeur Roggeveen chercha cette Terre en1722 : étant arrivé à la hauteur de vingt-huit degrés de Latitude Méridio-nale & de deux-cens-cinquante un degrés de Longitude, il se flatta detrouver la Terre da Davis , ce qui le confirma d'abord dans cette opinion,ce fut une grande quantité d’oiseaux, & la variation duvent, ce qui luiparut des signes certains qu’il n’étoit pas éloigné de terre. Quelques-unsmêmes de la Compagnie prétendirent savoir vue, tant la prévention é-toit forte. Mais après savoir cherchée inutilement, ils ne purent la trou-ver. Cela fit juger qu’on avoit passé ce Pays, ou qu’il n’existe point. Maisil n’est pas surprenant que Roggeveen sait manqué, puisqu’il paroît par laRelation de JVafer , qu’il la chercha dix degrés trop à l’Ouëst ( a). Ce qu’ily a de certain, c’est qu’on n’a rien appris de cette Terre depuis 1686?
A douze degrés plus à l’Ouè'st que la hauteur où il avoit cherché la Terrede Davis, f Amiral Roggeveen (*) découvrit le jour de Pâques 1722 une Ifle,qu’il appella ì'JJle de Pâques. Elle gît à vingt-huit degrés & demi de La-titude Méridionale, & à deux-cens trente-neuf degrés de Longitude, C’estainsi quelle se trouve marquée sur la Carte générale du Monde Austral
de
(a) Expédition de trois Vaisseaux, T. I. Ch. XI.
(*) Le pere de M. Roggeveen, homme d’efprit & de génie, qui avoit fait une grandefortune aux Indes, avoit formé le projet de découvrir le vaste Continent & le grand nom-bre d '1 Iles, dont {'existence du côté du Sud est démontrée. 11 présenta en 1699 un Mé-moire à la Compagnie des Indes Occidentales, dans bquel il expliquoit son projet. CeMémoire fut bien reçu, & la Compagnie assura l’Auteur qu’auffitôt que l’état de ses affai-res le permettroit, elle lui fourniroit tout ce qui dépendroit d’elle. Mais les brouilleriesqui survinrent entre l’Espagne & les Provinces-Unies empêchèrent l’effet de ces bonnesintentions, & M. Roggeveen mourut avant que l’on eût rien fait. Il étoit de la Provincede Zélande, &s’étoit appliqué dès fa jeunesse aux Mathématiques, au moins á cette partiequia trait à la Géographie, à la Navigation, & à la connoissance parfaite de notre Glo-be. II avoit beaucoup de zele pour le bien de fa Patrie, dont il donna plusieurs preuves,mais à son avis rien n’approchoit du Projet dont il s’agit, & en mourant il recommandaà son fils de ne le pas perdre de vue. Après la mort de son pere le jeune Roggeveen felivra entierement aux Etudes, & alla ensuite aux Indes Orientales en qualité de Conseil-ler de la Cour de Justice à Batavia. A son retour il résolut d’accomplir la promesse qu’iîavoit faite à son pere, & présenta en 1721 à la Compagnie des Indes Occidentales un Mé-moire, qui ne fut pas moins bien reçu que I’avoit été celui de son pere, mais qui eut soneffet plus promptement. On lui donna peu après une Escadre de trois Vaisseaux : \’/H-gle , monté de trente-llx pieces de canon & de cent onze hommes, commandé par leCapitaine Job Koster ; le Tienhoven de vingt-huit pieces, avec cent hommes, CapitaineJaqun & la Galere d’ Afrique de quatorze pieces, avec soixante hommes 1 , Ca-
pitaine Henri llofcntluL